Gusman le brave drame en cinq actes et en vers
Nuuü imblions en douze volumes grand iii-18, avec lout le luxe ([UC demandent les livres aimés du public, les œuvres complètes d’un homme dont le nom seul est fait pour exciter au plus haut degré la sympathie el l’intérêt du lecteur.
M. Charles de Bernard c.st en effet, par le nombre et la popularité de scs ouvrages, par la réserve et l’excellence de son goût littéraire, un romancier du premier ordre, uu romancier français. Il appartient évidemment, et par des afTmités incontestables, au maître du roman moderne, M.de Balzac lui-même, et, si quelqu’un avait pu nous consoler de l'interruption de la Comédie humaine, à coup sdr cet homme-là cdl été M. Charles de Bernard. — La mort en a décidé autrement , elle a enlevé le disciple avant de peser sur le maître, et elle nous a laissé un double regret.
. Ces regrets d’iiii poêle élciiil avant l'heure, ces deuils d’un esprit charinanl qui disparaît avant d’avoir porte ses premières fleurs et ses premiers fruits, ne peuvent guère se consoler que par les honneurs qui sont rendus à l’œuvre de l'homme expiré.
Voilà pourquoi nous avons voulu recueillir et mettre en ordre avec un soin pieux les Œuvres complètes de M. Charles de Bernard, afin que désormais les amis des lettres et des livres honnêtes trouvent réunies tant d'œuvres charmantes, tant d’œuvres éparses, ces contes, ces nouvelles, ces romans ingénieux, qui, après avoir jeté leur éclat, disparaîtraient dans une nuit profonde, si quelque main amie et dévouée ne les rendait soudain à la douce clarté du jour.
Les amateurs de livres qui auront tenté, depuis tantôt dix années, de réunir sur les rayons de leur bibliothèque les œuvres diverses de M. Charles de Bernard comprendront parfaitement le service que nous allons leur rendre, par la difficulté même de celle réunion presque impossible. Où trouver, par exemple, le Nceud gordien, ce charmant recueil où parut pour la première fois la Femme de quarante ans, admirable élude que le maître lui-même eût signée, et qui fut pour nous la révélation du talent de M. Charles de Bernard? Où trouver le Paravent, la Peau d% lion, la Chasse aux amants, les Ailes d'Icare ?
Il y faudrait bien des peines et d'heureux hasards : ces livres, lus si longtemps et partout, qui ont élé, au prin'.cmps, le repos de la maison rustique, le charme du foyer domestique en hiver, le sourire de la jeunesse et la consolatiqn des vieillards..., à force d’être lus, feuilletés, empruntés, oubliés sur le banc de garou, ils disparaissent, et il n’en reste plus de traces que dans le souvenir. 11 faut donc les réimprimer, et que celte réimpression soit correcte et faite, comme on dit, de main d’ouvrier. Telle sera celte édition des Œuvres complètes de M. Charles de Bernard.
Au reste, avec ccl hommc-Ià nous sommes fort à l’aise, il n’a pas besoin des louanges du prospectus, sa louange est dans tous
les esprits qu’il a charmés, daus toutes les âmes qu’il a émues ou consolées. Sa louange, elle est dans ces beaux livres où la morale la plus honnête se reneontre avec la connaissance la plus profonde du cœur humain.
Rappelez-vous Gerfaut et cette admirable étude de la vie intérieure ; il nous semble que voilà un livre réel, dans la meilleure acception de ce mot réalité. Rappelez-vous le Gentilhomme campagnard et le franc rire du lecteur, introduit pour la première fois dans un club de cabaret et daus une république de village ; quelle plus aimable comédie et quel esprit plus enjoué?
Cet homme sait rire et il fait réver ; il plaisante avec grâce, il s’abandonne à des colères bien senties , il touche à la comédie, il touche au drame: le Beau-père est un drame et Y Homme sérieux est une comédie. Que si vous préférez aux grandes œuvres les tableaux d’intérieur et de chevalet, vous en trouverez à plaisir dans ce joli livre intitulé VÈcueil, et dans un volume de Houvcïlcs que l’on pourrait appeler les œuvres fugitives de M. Charles de Bernard; mais les voilà fixées, à cette heure, dans notre édition, et elles n’en sortiront plus.
Ajoutez, pour le complément de cette édition, le théâtre àe M. Charles de Bernard, et les premières pages ravissantes du Veau d’or, destinées dans sa pensée à devenir les premières assises d'un grand livre ; hélas ! il n’a pas pu donner à son idée les développements rêvés, et pourtant le Feau d’or, complet ainsi, restera parmi ses chefs-d’œuvre.
Véritablement nous n'avons rien oublié dans toutes les pa> ges sorties de la plume et du cœur de cet écrivain qui touchait à ce que la renommée a de plus aimable et de plus charmant, tant nous étions désireux d’éleVer un monument véritable à sa mémoire ; enfin on trouvera dans ses œuvres, même les poésies de sa jeunesse : plus deuil quejoici Hélas ! l’infortuné, quand il écrivait ces beaux vers, qui furent les premières inspirations de son printemps, il ne se doutait pas (}ue la mort arri-
vcrait si vile, et qu'il serait frappé au plus beau luouiciil de sa gloire, à l'heure où la popularité coinmcncc, à l'heure où le nom de l’écrivain se grave peu à peu dans lous les esprits distingués et dans tous les cœurs intelligents.
Afin que rien ne manquât à notre livre, nous avons demandé à M. Armand de ronimarlin une notice sur la vie et les œuvres de M. Charles de Bernard.
CO.llTIONS DE LA SOUSCRIPTION
Les Œuvres compi.ète.s de Charles de CeriNARd l’ornicront douze volumes grand in-18. Un volume parait lous les quinze jours. Cliaqiic volume se vend séparément.
Prix du volomey 9 franc*