ACTE I
Est à vouSj mieux encor ! car un jour do tendresse La plus fidèle cède; et moi je vous promets,
Seigneurs, que Tarifa ne cédera jamais !
DON LUIS
Pour nous parler avec celte brusque franchise
Quels sont tes titres?
JOSÉ
, ” ' Moi , s’il faut que je le dise ,
Je n’en ai point; je suis un soldat; c’est bien peu Pour vous; beaucoup pour moi , je m’amuse à ce jeu Qu’on appelle la guerre ; à tous lant que vous êtes Je vous enseignerai l’art d’aplatir les têtes Sous la masse de fer , et d’arriver à temps Toujours, s’il faut saigner quelques maliométans.
DO.\ LUIS
C’est un héros encore inconnu...
Nôiis no sommes
Vous et moi, Fidalgos, que d’apprentis grands hommes. Parlez-moi de Gusman! instruits à ses leçons Nous ne sommes rien, nous, et nous disparaissons Devant lui , comme on voit s’éteindre sur la grève Les feux follets des nuits quand le soleil se lève!...
Moi, je süis l’écuyer du soleil.
DO.N CARLOS
Et vraiment,
Sur le More il a pris Tarifa?
' JOSÉ
Lestement.
Comme je vous le dis; je crois m’y voir encore
D’ici; rien n’est plus dur que la tête d’un More. . J’en ai bien fracassé trente au moins pour ma part , Sur l’échelle , à travers les créneaux du rempart! Mon épée était bonne... un acier de Murcie !
Eh bien ! ces fronts si durs m'en ont fait une scie! Celle-là... regardez son beau pommeau luisant...
Est neuve... de mon maître un glorieux présent!
Et don Sanche en voyant les clés qu’il va remettre Ne le nommerait pas gouverneur , ce cher maître ! Si pareille injustice arrivait à Gusman ,
A la barbe du roi je me fais musulman !
AliaUr paMlt.
DON LUIS
Ainsi l’assaut fut rude à Tarifa?
JOSE, montrant Aliatir.
Sans doute !
Fidalgos... regardez celui qui nous écoute... '
Un More?
DON LUIS
JOSÉ
Ambassadeur dans le palais admis ; Il fut le plus vaillant de tous nos ennemis ! Dis, noble Aliatar, n’est-ce pas que la flèche, A Tarifa, sifflait chaudement sur la brèche?