DONA SOL, DON PÈDRE
Sol s'éloigne.
DON PÈDRE, la retcoant.
Restez , c’est la faveur que de vqps je réclame :
Je vis en respirant le souffle de votre âme ;
Le rêve de bonheur, qui vient de m’éblouir.
Hélas 1 il va vous suivre, il va s’évanouir!
Et je vais retomber dans mon néant ! Ma vie Commence à ce voyage où je vous ai suivie.
Où l’air du soir était à mes lèvres si doux ,
Quand je lo respirais entre ma mère et vous.
Né soldat , j’ai voulu m’élancer sur la trace «
Des héros espagnols de mon illustre race;
J’ai rêvé celte gloire obtenue en passant
GUSMAN LR B H AVE.
Sur des lambeaux humains, et dos fleuves do sang; Ce stérile mensonge égarait ma jeunesse;
Prés de vous, je le vois, il faut que je renaisse;
J’ai deviné la vie aux rayons de ce jour :
La vie est dans, le cœur, la gloire c’est l’amour!
DONA SOI
Moi, j’ai pleuré deux ans bien loin de ma famille, ♦ Toujours prêtant l’oreille aux barreaux de ma grille, Pour entendre mugir la guerre avec ses bruits Qui glacent de terreur dans le calme des nuHs !
Et vous êtes venu ; ma prison s’est ouverte ;
Et j’ai revu les fleurs dont la plaine est couverte.
J’ai revu le soleil levé pour nous bénir.
Et promQttre cà ma mère un meilleur avenir!
Près de vous j’ai cru voir cet ange (jue Dieu môme Fait descendre du ciel pour garder ceux qu’il aime; Et mon premier soutire, en ce moment si doux. Réservé pour le ciel, s'est arrêté sur vous!
Dans nos jours de périls, si Dieu nous accompagne. Comme tout parait beau dans notre belle Espagne ; Quand le soleil partou^mêle sur les chemins A l’or des orangers l’ivoire des jasmins;
Quand l’arabesque en fleurs des tissus de l’Asie, D’un tapis embaumé couvre l’Andalousie ,
Et que de douces voix chantent à nous ravir Sous les acacias de mon Guadalquivir!
Hélas! morte en naissant, je me sentis renaître.
En écoutant la voix qui me faisait connaître *■ Une nouvelle vie, un monde si joyeux.
Un ciel, ‘fête du cœur et délices des yeux.
Je vous dois cet Éden d’où je fus exilée ;