‹ Gusman le brave drame en cinq actes et en versChapitre 25 sur 94 · SCÈNE XL · texte numérisé non relu

SCÈNE XL

GUSMAN, -ui.

Roi don Sanche !... oh quel indigne outrage !... A quoi servent l’honneur, la fierté, le courage,

Si le roi d’un seul mot peut flétrir notre front ,

S’il faut la tète basse endurer un affront;

Si, par la main d’un roi, la joue étant frappée,

Nous devons au fourreau retenir notre épée !

Oui, le devoir ainsi le veut!... il est le roi.

Il est le souverain; je suis le vassal, moi !

Oh ! lorsque s’étendra sur ta royale tète ,

Après le jour serein , la nuit de la tempête ,

Maître, tu chercheras ton vassal méprisé.

Et ce glaive do cid que ta main a brisé !

Et vous tous, faux amis, qu’un seul homme épouvante. Rassurez-vous, je pars, mes biens sont mis en vente.

ÜÜSMAN Llï BRAVIÎ.

Par édit! ô tnon roi , lorsque (u m’accordas L’honneur d’en treUînir, à mes frais, tes soldats,

Je ne fis point d’édil, mais pour payer tes guerres'.

En secret je vendis mas châteaux et mes terres.

Et donnai mes trésors pour'épargner les liens.

Je suis redevenu riche, je m’appartiens!

La patrie est partout ; l'Espagne est si féconde Qu’elle doit être un jour grande comme le monde ! Pèlerin de l’exil, je n’ai 'plus besoin d’or;

Je pars, comme le Cid, le Cid Eampéador,

Sans vouloir retenir au bout de mes sandales Un seul grain de poussière emporté de ces dalles !

Ce sol brûle mes pieds, cet air est étouffant 1 A moi , mes compagnons d’armes et mon^nfant ! Partons, cet univers n’a qu’une seule porte :

Midi , septentrion , est ou couchant , qu’importe 1 Pourvu que Dieu nous guide et révèle à nos pas Un sol où la vertu ne nous dégrade pasl

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