‹ Gusman le brave drame en cinq actes et en versChapitre 32 sur 94 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Voir la mer ; c’est si beau la mer! tu l’aimes tant!

Tu ne l’aimes donc plus’?... dis<.. réponds!... inconstant.

DON PÈDRE. U TU s'asseoir leotemeut.

Non... je suis mieux ici...

J O S Ë f k part, '

- Quelle voix abattue !

DONA MARIA, k part.

Mon Dieu ! quel est son mal ! ce mal Sans nom qui tue !

DON PËDHE, à part.

Son image est toujours dans mes rêves!... toujours!

DONA MARIA, à. elle-même.

Pour nous femmes , les pleurs sont dans tous nos amouis ! Le bonheur maternel’... quelle ironie amère!...

Combien faut-il mourir de fois pour être mère!...

Son beau jour de naissance à peine avait-il lui Et déjà mon amour me faisait vivre en lui!

J’ai conduit tous ses pas, à cçt âge timide.

Où le pied do l’enfant suit la main (jui le guide ,

Et que de fois ,. la nuit , ma tendresse en éveil Écouta son haleine , et garda son sommeil !

Puis avec quels transports je suivais la première L’épanouissement de sa jeunesse fière !

De quel cœur maternel je le voj'ais grandir!

Et pour moi quel bonheur de l’entendre applaudir. Quand vainqueur des païens forcés dans leur repaire,

Il rentrait à cheval , aussi grand que son père!

O bonheur disparu ! Mère, voilà ton sort!

Tout cela n’est plus rien ! tout cela c’est la mort!

DON PÈDRE

•Ma mère...

G U SM A N LIi 13 U AV K.

DUNA MARIA , à Icmé.

Il vient de faire une rude campagne,

Si jeune!... J’aurais dû le garder en Espagne !

Oui , mon enfant ^ jamais tu n’aurais dù partir '

Poâr cette Afrique!... Et moi, folle d’y consentir!

JOSÉ

Non , non , pardonnez-moi , si je vous contrarie ;

Votre fils... il aimait la guerre avec furie;

Il souffrait de son mal, t[uand on ne faisait rien ;

Mais un jour de bataille, il se portait fort bien ! *

DONA MARIA

Bon courage , mon fils.

JOSÉ

Sans doute, bon courage !

Mon maître, on ne meurt pas ; ce n’est pas de votre âge. Quand on est jeune , on vit, c’est aisé... Vous vivrez; Votre bon père arrive , et vous le recevrez Gaîmcnt; votre santé doit toujours être prête Pour donner à Gusman un vrai retour de fête.

Mon mal est sans espoir ! on n’en revient jamais.

DONA MARIA

Que dis-tu !... c’est affreux !...

Se jetant à genoux «lerant un prie-DieUé

Mon Dieu ! je vous promets Si vous sauvez mon fils, ô Dieu que je révère!...

Oui. je fais vœu d’aller, pieds nus, sur le Calvaire Où votre fils est mort , et d’arroser de pleurs Le chemin que suivit la mère des douleurs ! .

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