DON PÈDRE, L’INFANT
■ DON PÈDRE
Oh ! monseigneur, daignez ni’écouter un moment ,
Et dans notre entretien me parler franchement.
l’.infant.
Mais toujours. . .
DON PÈDRE
Je le sais. . . Ma hardiesse est grande, Altesse, excusez-moi, . . ce que je vous' demande Vient du cœur. . . Quel motif, ou bien quel intérêt Au port de Tarifa vous conduit en'secret?
l’inpant.
Don Pèdre, vous avez ma confiance intinie.
Et vous savez aussi combien je vous estime;
Vous êtes mon aipi le plus jeune , et je crois Que bientôt nos liens deviendront plus étroits ;
Votre cœur m’intérroge,'et voici ma réponse ;
Infant de la Castille, et fils du sage Alphonse <
Je viens à Tarifa pour tenir dans mes mains La clé, qui de l’Espagne ouvre tous les chemins ; Santiago se meurt, dit-on, et je veux être Tout prêt, comme voisin, pour remplacer ce maître.
DON PÈDRE
Est-ce l’ordre du roi?.
L INFANT) sans avoir Tair d’eniendro.
Dans l’armée on m’attend,
C'est tout (lire en un mot. . , Ah ! vous êtes content?
DON PÈDRE
Est-co l’ordro du roi?
l’infant.
Le roi sur votre père A fait tomber à flots l’insulte et la colère ;
L’infant comme son fils vous regarde; est-ce assez ,
Don Pèdre? Entre nous deux, maintenant, choisissez!
DON PÈDRE
Mais mon devoir est là ,.noble infant ! il me crie D’ôtre fidèle aux lois de la chevalerie !
Oh ! ne me donnez pas co nouveau désespoir
De choisir entre vous, mon prince et le devoir^
, l’infant.
Ma cause est juste et j’ai des partisans !
DON PÈDRE
' Des traîtres I
L’Espagne est pour Don Sanche , elle n’a |)as deux maîtres 1 -* l’infant.
Le pouvoir de don Sanche est bien près do sa fin ;
’ Le mien à l’borizon déjà se lève. — Enfin C’est le moment d’agir, sans raisonner; j’espère Que vous serez fidèle à votre second père ,
Celui de dona Sol...
DON PÈDRE
Oh ! redoutable nomi No le prononcez pas !•
l’infant.
Soyez donc à moi.