ACTE III
Je l’achevais moi... puis, devant nous, tous les rangs Se sont mêlés , un tas de blessés , de mourants M’ont séparé de lui , l’ivresse de la fête Me montant au cerveau, m’a fait perdre la tête.
Je ne l’ai plus revu. ,
RA.FAEL.
Dieu ! comment annoncer
 sa mère...
FABIO
Elle attend...
JOSÉ
Et je vais lui percer
Le cœur avec un mot... Je n’ose entrer chez elle... Pourtant elle ne peut douter de tout mon zèle Quand je garde son fils... son fils que j’aime tant!..
Oh! je n’aurais pas dû le quitter un instant!..
Il est bien confié le trésor qu’on me donne !..
Et j’ai pu’ revenir seul!.. Que Dieu me pardonne!
FABIO
Mais tout n’estpas perdu...
RAFAEL
C’est vrai , je viens de voir
Gusman, il est tjrès-calme.
JOSÉ
, Oui , c’est là son devoir, - Oui , son visage est calme , et non son cœur; U laisse Ce masque sur son front pour cacher sa faiblesse ;
Il s’enferme à l’écart loin de tous; il a peur Môme do se trahir, sous ce masque trompeur.
Car, si par la douleur, en ce moment frappée ,
Sa main sur le rempart laisse tomber l’épée-,
Tout s’écroule avec elle, et dans son dernier lit Un peuple de chrétiens tombe et s’ensevelit.
' ' . FABrO.
C’est vrai! Gusman debout, tout ce peuple est tranquille, 11 semble que sa main couvre toute une ville.
RAFAEL. ,
Oh ! si don Pèdre est mort...
FABIO
S’il n’était que blessé?
josé.
Mais oui ! c’est un espoir que Dieu nous a laissé !
Les blessures du fer ont toutes un remède...
RAFAEL
Sur le chainp du combat viens...
JOSE, l'arrôtant.
Non , restez en aide
A dona Maria , moi je retrouverai
Son fds , et dans ses bras je le ramènerai !
Moi vivant, se peut-il que mon élève meure!..
Les plus braves soldats me suivront ; dans une heure :
Si je ne reviens pas de la plaine avec eux ,
C’est que don Pèdre et moi nous serons morts tous deux.
U Mil.