ACTE III
Quand, après le bercoaüj lu fis tes premiers pas' D’enfant, on annonçait que tu né vivrais pas;
.Tous les yeux semblaient dire, ob ! pauvre fleur ï[ui tombe En naissant! le berceau va lui servir de tombe!
Et moi je répondais tout bas : Je l’aimo tant!
Je mettrai tant do soins sur elle, <\ tout instant,
Que sur ce teint flétri j’allumerai la flamme, - Que dans ce cœur mourant j’infuserai mon âmel Et tu ressuscitas! la prophétie eut tort!
Oh ! l’amour d’une mère épouvante la mort!
Puis, tes nobles instincts ont trahi ma tendresse;
" Los batailles, voilà ce qui les intéresse!
Lorsqu’on te racontait ce que les fiers aïeux Ont accompli de grand , je lisais dans tes yeux Le terrible avenir que le sort me* destine ;
Un frisson agitait cette main enfantine.
Elle cherchait déjà l’épée, en menaçant L’horizon de Grenade où règne le croissant!
Et je disais alors : Cette fleur préservée De la mort, en naissant, je raurai$,donc sauvée Pour la voir expirer plus tard, quand vfent le jour Où l’âge d’une mère augmente son amour!
DON PËDREj tri's-dma.
Ces souvenirs sont doux... mais pour ce long voyage J’ai besoin de ma force cl de fout mon courage :
Ne m’affaiblissez p«as... je veux , en vous quittant.
Ne pas vous voir si triste... et je pars plus content.
DO.NA MAniA.
Au moins, à ton départ , donne-moi l’espérance De le revoir bientôt... n’cst-co pas?
DON PÈDRE
Mon absence
Peut-étrff sera longue... on ne sait, j’aime mieux Ne rien fixer... Toujours des larmes dans vos yeux! Cela m’accable ! ^
DONA MARIA
. Eh bien ! non, je suis consolée...
C’est le premier moment, vois-tu, qui m’a troublée.. 11 le faut. Moi vouloir te retenir ! oh non !
Je t’aime, j’aime aussi la gloire de ton nom.
J’ai bien compris ton cœur, je fais ce qu’il désire;
Je veux que mon adieu soit doré d’un sourire.
Cela te rendra fort, cher fils... Ah! tu le vois, ,
La raison dans le cœur conserve encor sa voix ,
Tôt ou tard le retour est une chose sûre ,
Car tu vas à Séville et cela me rassure ;
La joie est à la cour, on y passe gatiement La vie, et l’Alcazar est un séjour charmant!
Oh ! je les vois d’ici ^os belles Andalouses!
Comme de dona Sol elles seront jalouses !
Voilà le seul danger que mon fils va courir,
Mais celui-là , je l’aime , il no fait pas mourir I
DON PÈDRE , il p»rt.
Mon Dieu !
DONA MARIA
Prends cette croix f une relique chère, Et qui porte bonheur... je la tiens de ma mère... Tu la regarderas souvent avec ferveur...
Cette croix a touché le tombeau du Sauveur...