GRUAU, M"* PATOULET, PATOULET, PAULINE, TIENNETTE
patoui.et , d’un côté. Maintenant que nous sommes seuls...
tiennette, di l'autre. On ne peut nous entendre.
patoulet. Je vais vous parler cartes sur table. Monsieur Gruau, vous dansez sur un volcan, voùs êtes sur le point d’unir • votre fille à un panier percé.
tiennette. Mam'zellc Pauline, votre futur est un pas grand’chose qui vous trompe comme dans an bois.
gruau et Pauline. Comment?
patoulet. Consentiriez-vous à devenir le beau-père d'un homme qui fait des lettres de change de 500 fr. et qui les laisse protester ?
gruau. A aucune époque, monsieur Patoulct, à aucune.
patoulet. Eh bien 1 Gusnian Ri foie t est dans le cas précité.
gruau. Vous me faites tomber delà colonne de Juillet.
patoulet. J’en ai les preuves in manibut.
tiennette. Voudriez-vous épouser un gueux qui, au moment où il vous jurait de ' n’aimer que vous, lâchait de détourner de ses devoirs une autre femme, et une femme mariée encore? *
PAULINE. Quelle horreur! jamais!
tiennette. Eh bien ! Gusman Rifolet, votre prétendu, est le gueux en question.
PAULINE. C’est impossible!
tiennette. J'cn ai les preuves entre les mains. .. des lettres signées de lui.
Pauline. C'est affreux !. .. moi qui l'aimais tant... oh! maintenant, plutôt quede devenir sa femme, j’aimerais mieux mourir! Yicns, Tiennette. .. j’ai besoin de pleurer. .. entrons.
tiennette. En voilà une partie déplaisir.
( Elle » entrent chez le traiteur.)
GRUAU, qui a longtemps médité ta lite dans set mains. 11. Patoulet, M"* Patoulet, je viens de me renfermer dans le sanctuaire de mes idées et j'ai élaboré un projet dont je vous parlerai plus tard, au dessert, s’il ious sie I de partager le repas frugal que j’ai
| commandé au Lapin couronné. Qn'il vous suffise de savoir qu'ainsique votre neveu, ma I fille est, à partir de l'heure présente, libre ! comme le nnage qui se promène au ciel, , j libre comme l’oiseau qui franchit l’espace, i libre comme l'employé qui oublie d'alier à son bureau.
patoulet. Je ne cherche pas à pénétrer vos secrets, monsieur Gruau ; mais vous êtes un homme charmant.
gruau. Et j’étais à deux doigtsd’unir ma fille à un homme protesté... pauvre enfant, à qui il faudra dire : ton fiancé est une canaille I patoulet. A bientôt , cher monsieur Gruau... Évangélinc, allons rejoindre Alcibiade... au moins en voilà un qui ne commet pas de lettres de change.
m 1 ”® patoulet, saluant Gruau. Oh! non, ce cher Alcibiade... pour ça non... (Bas ri son mari.) Monsieur Patoulet, je suis contente de vous; je vous embrasserai en passant sous le tunnel du chemin de fer. (Elle sort avec ton mari.)