SCENE XI
Les mêmes, PAULINE, PATOULET, avec deux plaques de duguerriolype.
Pauline. Papa, le couvert est mis.
gruau. A-t-on mis la table sous le grand tilleul? *
Pauline. Oui, papa.
vigoureux, à ta femme. Obi le grand tilleul... un vrai balai. . . Nous serons en plein soleil.
patoulet. Gruau, mon ami, voilà le daguorre de votre maison, et de plus une vue de votre rocher... Je n’ai plus qu’à daguerréotjper voire colombier.
GRUAU, prenant une plaque. Oh! c’est parfait... parfait... Oui, voilà bien mon rocher.
patoulet. Mais non, celui-là, c'est la maison.
gruau. Abl oui, c’est la réverbération du soleil qui m’induisait.... Oh! c' est parfait I Maintenant, on peut sonner pour le dîner l R [Fouet. Eh bien 1 monsieur Patoulet, entendez-vous ce que dit monsieur Gruau...
Sonnez... mais sonnez donc.
gruau. Elle a raison... 11 faut que tout le monde s’occupe. ( Patoulet va tonner.)
M” c patoulet. Nous voici tous réunis, à l'exception d'Alcibiade... Pouvez-vous me dire où il est fourré depuis ce matin ?
vigoureux. C’est mil où est-il donc le futur? Est-ce qu’il pèche toujours des goujons?. .
alcibiade, ûwr précaution. Psi 3 pst! la bon ne 1
RIFOLET, qui causait avec Pauline. Quoi donc ? qu'y a-t-il encore ?
. alcibiade. Mon pantalon, malheureuse!...
On va diner sans moi.
rifolet. Y ch esse, monsieur, y chessc.
alcibiade. Abl c’est trop fort !
gruau. Nous retrouverons sans doute le fiancé sous le tilleul... partons... ah ! Galathéc, vous prendrez le vin dans le pigeonnier où je l'ai mis à rafraîchir.
rifolet. Tout de suite, monsieur, (A part.) Frappons le dernier coup. (Il entre dant te pigeonnier.)
gruau. Allons, messieurs, la main aux daines et, je vous en prie, ne marchons pas sur les plates-bandes.
RIFOLET, pouttt tu» grand cri dant le pigeonnier. Ah 1 TOUS. Qu’est-ce que cela ?
RIFOLET, tortant vivement. Au secours , au secours I... sauvez-moi !
gruau, le toutenant. Qu’avez-vous, Galathée?... Qu’y a-t-il T
rifolet. Ce qu’il y a?... jl y a un polisson qui est caché là, et qui s’est précipité sur moi. .. et si vous saviez dans quel costume.
vigoureux. Attendez ! je vais voir ça, moi.
[Il entre dant le pigeonnier.)
gruau. Pauvre petite, comme elle est tremblante I
rifolet. C’est que cet homme étiont un fier effronté... et je tenons à mon honneur, moi, m’sieu 1
Crüau. Comment donc L.. mais si on ne tenait pas à ces petites choses-là 1 ou serait bien indifférent! (Ktgoairm* amène Alcibiade eu jupon.)
alcibiade , te débattant. Voulez-vous bien me lâcher?... quand je vous dis que c’est moi, Alcibiade Patoulet.
TOUS. Alcibiade!
gruau. Mon futur bru... en jupon!
m. et m“* patoulet. Mon uevcu 1 rifolet. Votre neveu... Abl je le reconnais à c’tte heure... bé ben! c'est un fier gueux, votre neveu.. . v’ià la seconde fois que ça lui arrive... il est déjà venu dans ma cuisine, où il m’a embrassée de très-vive force, en me tenant des propos & faire dresser les cheveux d’un cheval, sauf voir’ respect .
Pauline. Oht c'est indigne 1 gruau. Monsieur Alcibiade... les récita que j'entends et le débraillé que je vois. ..
alcibiade. Monsieur Gruau, je vais vous expliquer...
rifolet. L’absence de votre pantalon...
c'est moi qui vais conter ça.
alcibiade, tirant Rifolet par ton jupon.
Veax-lu bien te taire... affreuse Normande !
gruau. Gazez! Galatbée... gazez!
rifolet. Figurez-vous que je tournais ma sauce, quand j'entends qu’on tourne autour de moi... tout à coup je me sens entortillée comme par no serpent boa. . . c'était monsieur. alcibiade. Te tairas-tu, vipère !
rifolet. Je m’en sauve, y me poursuit avec fureur. ... en me demandant des baisers.
alcibiade, tirant plut fort. Veux-tu te taire ?...
Gruau , à Alcibiade avec dignité. Mon gendre.. . vous ne pouvez plus l'étre.
rifolet. Y me faisait tourner les sens, quoi... moi, je tournais toujours ma sauce. .. alors je me retourne, et v'Ian I
alcibiade. Mais tais-loi donc! (Il tire ti violemment le jupon de Rifolet, qu'il lui rette dant la main. Rifolet rate en pantalon , arec un cortage et un bonnet de femme.) gruau. Gatalhée en culotte I alcibiade. Un homme !
vigoureux. Tiens I tiens! tiens!
gruau. Mais je crois le reconnaître.
rifolet, btant ton bonnet. Puisqne le masque est levé... je ne chercherai pas à dissimuler plus longtemps, oui, monsieur, je suis Rifolet.
TOUS. Rifolet 1
rifolet. L'amour m’a fourré dans ce corsage.
PATOOLET. Rifolet! mon débiteur.
RIFOLET. Oui, monsieur, votre, débitca qui vous poursuit depuis deux jours, ei qu est heureux de vous trouver pour s’aeqn tuenvers vous.... voici vos cinq cents fraoopatoulet, prenant lt billet. Jan homme ! la place m’est heureuse à vous rencontrer.
gruau. Mais je ne me paye pas de ou monnaie-là, moi, monsieur.
alcibiade. Ni moi ; car vous voyez, che beau-père, que tout cet échafaudage d'accu salions s'écroule... du moment que mad< inoiselle Galatbée est un boinme.
gruau. Oui ; mais si c’eût été une feramt alcibiade. Mais puisque ça n’est pas.
M mt patoulet. lia raison... non, l'accu n’est pas coupable.
RIFOLET, 6a* à madame Patoulet. Si r w vous en mêlez, j 'exhibe votre daguerTéotrp GRUAU. Tout cela est très-obscur. (A B folet.) Quant à vons, monsieur, je ne devii pas dans quelle intention...
tiennette, A part. Ah! le gredin!
M me patoulet, d part. Le cbenapin !
rifolet. Et maintenant, adieo, roonsirt adieu, Pauline, soyez heureuse pour tonjom (Il laitte tomber un pittolet.)
Pauline. Oh ! mon Dieu! arrêtez-le!
gruau, ramattant le pittolet. Ç vois- je 1 une arme destructive !
PATOULET. On pistolet.
RIFOLET, à Gruau. Prenez garde, mn sieur, il est chargé jusqu'à la gueule, rend. le-moL
GRUAU, donnant le pittolet à Vigourt « Non pas.. . vous couvez quelque sinistre p jet. Vous ne sortirez pas d'ici !
Pauline. Mon père, s’il meurt, j' mourrai !
M"* PATOULET, à part. Ah ! le roué!
rifolet. Ne me retenez pasl gruau. Quel drame 1 (A Rifolet. ) Resti au nom de la morale. .. (Rifolet fait un j pour t’éloigni , au nom de mes chevi blancs... [mime jeu.) Eb bien ! au nom Pauline ! au nom de votre femme !
rifolet, rewnanf. JJieul qu'avez-n dit?... O
Pauline. Ab! mon cher papa I M. et M mc PATOULET e( ALCIBIADE. CO ment?
gruau. Ab 1 j’en suis désolé, mon d Patoulet; mais je ne peux pas suicider pauvres enfants.
U mt patoulet, <1 Alcibiade. Mon neu vous êtes une huître.
alcibiade. Mon Dieu! ma (ante, faut m’avaler pour ça.
vigoureux, u Tiennette. Dis donc, faut qu'il l'aime joliment puisqu'il voulait tuer pour elle avec ça. (Il (xnminr le pii let.) Tiens!... c'est un étui de pipel...
CHOEUR
Am de M. Oray.
Allons, amis, noua mettre à table,
Plus d'ennuis, de chagrin 1 Et que chacun ae montre aimable,
En ddpit du destin.