DUR BRU- VE POUR TE. LES ARCHAN- PUVERNE
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le notes, est. vraiprices de d’abord, heminée jusqu’au : hauteur ss autour plus con-
s ?’ (caps de trois ss murallon âge.
de fumée direction a prairie, que nos ntrer que eurs criasuivez-le, urne à la nande ce hommes ; suivez le,
faites courir les animaux, fouettez-les, faites les suivre le feu.
On s'émpresse de lui obéir.
—Vite; dépéchez-vous, voyez, le feu arrive.
Les hommes- redoublent les coups -de fouet, et les wagons sont” éntrainés rapidement parles bœufs à demi-suffoqués par la fumée et la chaleur de la terre encore brûlante. Ilétait temps, le dernier wagon avait à peine atteint l'éspace brûlé, qu’une fumée épaisse commence à obscurcir le soleil, et un feu, s'élevant à une grande hauteur approche avec la rapidité de l'éclair ; les hommes se cachent la figure pour ne pas étouffer ; les femmes’et lés enfants, effarés, poussent des cris lamentables’ et se mettent sous les lits: entassés dans les wagons.
--Ne craignez rien, disait Gustave, ce feu ne nous atteindra pas.
‘En effet, les wagons, emportés aussi rapidement avaient laissé’ un assez grand espace entre eux et l’herbe que ce feu dévorait, grâce à celui que Gustave avait fait allumer par lés hommes de la carävane, enlevant ainsi à l’horriblé incendie qui les. menaçait, l’aliment: dont il avait besoin pour poursuivre soh œuvre de destruction, et qui s'éteignit aussitôt réndu à la Hsière brûlée d'avance.
Le danger passé, tous, hommes, femmes et enfants vinrent serrer les mains de Gustave en l'appelant leur sauveur.
—Vous devez tout à Dieu, disait Gustave, remerciez-le dé nous avoir préservés tous de la mort la plus horrible qui vient de nous menacer.
—Oui, dit l’apôtre, remercions-le immédiatement, et tout le monde, se jetant à genoux sur la terre encore brulante, fit monter vers Dieu une prière des plus ferventes. ,
La caravane se remit en marche, et plusieurs jours se passèrent sans dé nouveaux incidents: On commençait à croire que les Sauvages ne renouvelleraient plus leurs attaques ;: les chants et lès conversations! habituels récommencérent, mais Güstavé n’y voyant qu’une trève, n’en continua pas moins de faire bonne garde.
On arrivait à ‘Devils Gate ‘”’ (barrière du diable) c’est une ouverture large de vingt pieds environ et haute de plus de deux cents, qui sépare une montagne toute de roche vive ; elle est tellement droite et égale, que notre première impression est qu'elle a été sciée par la main de l’homme ; au bas de cette ouverture coule un torrent dont l’eau se :brise sur les rochers qui en forment les parois. Le chemin ionge cette montagne escarpée, tourne brusquement au bout et s'engage dans une passe, large d’une vingtaine de pieds, bordée d’un côté par cette montagne et de l’autre par un immense rocher long de trois ou quatre cents pieds.
—Une belle place pour une surprise, dit Gustave, mais qu’entends-ie, ajouta-t-il ; il prête l'oreille, et croit entendre un certain bruit dont l’écho frappe les flancs de la montagne et qui paraît être causé par des pas de chevaux au galop. Il fait arrêter ses hommes et leur dit :
—Ce bruit est causé pa des pas précipités de chevaux qui accourent en arrière de nous. Ah ! je le vois, nous sommes poursuivis pi ces sauvages qui veulent profiter du temps que la caravane sera engagée dans cette passe tortueuse et difficile pour l’attaquer.
—Que faire ? lui demande-t-on avec anxiété.
—Six d’entre vous vont se rendre au bout de cette passe, répondit Gustave, et vous ferez placer les wagons de manière à en boucher l’ouverture, surtout faites en sorte qu’il n’y ait pas de confusion, et que les autres me suivent, et aussitôt il retourne à bride abattue à la caravane, :
—Qu'y-a-t-il? lui demande le capitaine.
—Nous sommes poursuivis, répondit Gustave, vite, pressez les animaux, faites les courir... dépéchez vous, avant peu nous serons atteints.
Les hommes qui guidaient les bœufs ne se le font pas répéter, deux fois, ils appliquent le fouet avec ardeur, et les animaux se lancent en courant.
—Du cable, vite, donnez-moi vos cables, crie Gustave.
On s’empresse de les lui jeter tout en courant, il en prend plusieurs et dit à ses hommes de les. attacher soli-
diable) at haute e toute je notre la main , torrent nent les , tourne se, large ar. cette long de
ve, mais et croit flancs de pas de leur dit :
chevaux ois, nous t profiter tte passé
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ant, il en acher soli-
dement l’un au bout de l’autre et de les doubler pour les rendre plus solides. Les wagons s'engagent dans la passe. le dérnier a tourné l’angle et les hommes de l'arrière gardé viennent rejoindre ceux de Gustave. Alors ce dernier fait attacher le cable à de grosses pierres, chaque côté de la passe à la hauteur de là poitrine d’un cheval, formant ainsi une barrière à travers le chemin. puis il commande à ses hommes et ceux de l’arrière-garde de se cacher derrière les rochers sur le flanc de la montagne en leur disant : Tenez vos carabines pointées sur le chemin ; au premier signal, vous ferez feu assez haut pour ne tuer personne des nôtres, et vous vous jetterez ensuite sur ceux des assaillants qui seront tombés et les ferez prisonniers, il alla ensuite se placer vis-à-vis le cable avec son père”et ses amis : Baïissons le cable, leur dit-il, afin que ces Sauvages ne le voient point, nous le redresserons à temps voulu. Attention, les voilà, ajouta:t-il. Tout ceci s'était fait en moins de temps qu’il n’en faut pour l'écrire, et Gustave avait à peine fini de parler, qu'une troupe innombrable de Sauvages tourne l’angle de la montagne en poussant des hurléments terribles, et sans ralentir leur course de forcenés ; les premiers aperçoivent les wagons à l’autre bout de la passe, et ne se doutant pas que de chaque côté d’eux, il y a des ennemis à craindre, ils piquent leurs chevaux afin de saisir leur proie plus vite et avant qu’elle ne leur échappe ; dans leur joie féroce, ils ne perdent pas de vue ces wagons qui, cette fois, pensent-ils, ne pourront leur échapper : Ils piquent plus fort, leurs chevaux semblent redoubler de vitesse ; les premiers ne sont plus qu'à quelques pieds du cable, qu’ils n’ont pas. encore remarqué. Soulevez le cable, crie Gustave. Le cable se redresse, et les chevaux se heurtant dessus, tombent et lancent leurs cavaliers avec force sur les, pierres qui jonchent le chemin ; ceux-ci font culbuter les autrés qui tombent à leur tour, à mesure qu'ils arrivent ; en moins d’une minute au-delà de cent cavaliers et autant de chevaux sont tombés pêle-mêle snr le chemin, tous poussent des cris de douleur. : Feu, cria Gustave, foncez sur les hommés qui sont
re eempenperemse
260 GUSTAVE à terre et faites les. prisonniers, Cet ordre est promptement exécuté, les Sauvages, stupéfaits et étourdis par la v violence du coup qui les avait fait tomber ne firent aucune F résistance et se laissérent lier ‘par lés gens de la caravane qui venaient d’accourir, . Ceux des Sauvages qui avaient pû arrêter leurs chevaux à temps, effrayés par les coups d de feu tirés par les hommes de , Gustave, firént volte face fc et se sauvèrent. avec la plus grande célérité, Quelques minutes plus tard, au-delà de cent prisonniers et autant de chevaux étaient amenés au camp, que le le capitaine avait formé avec l’aide de ceux qui gardaient les wagons. Gustave était en tête, à côté de son père et de ta ses amis. En entrant dans le camp, tous les chapeaux se pe à levèrent et un hourra formidable, dont l’écho fit trembler to la montagne et les rochers aux alentours, fat poussé en honneur de notre héros. vc —Vive Gustave ‘ ive notre sauveur { disait-on de toutes parts. | ‘ere le
Les prisonniers. furent placés au milieu de l'enceinte, Gustave et ses compagnons, retournèrent à l'angle de la montagne pour prévenir toute surprise de la part des Sauvages qui s'étaient enfuis ; mais voyant que ces derniers étaient déjà loin et se sauvaient encore avec tonte la vitesse possible, 1ls s’en revinrent au camp, et dirent au capitaine, qu’il n’y avait rien à craindre de ce côté.
à Alors l’apôtre fait rassembler tout le monde et leur it;
—Chers frères et sœurs, encore cette fois, nous devons notre victoire à Gustave.
—Qui, oui, répondit tout le monde, ét un nouvel ‘* hourra ” fit raisonner les airs. |
—Maintenant, reprit le capitaine. Qu’allons nous faire des prisonniers ? |
—À mort, mettons les à mort, si nous leur laissons la
- vie, ils nous attaqueront encore, et finiront par nous massacrer.
—Mais, reprit le capitaine, qui était d’un caractère débonnaire, je. voulais proposer que Gustave fût le juge dans . cette affaire, car je sais d’avance, que ce qu’il fera sera bien fait.
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par la aucune iravane avaient COUPS Îte face
onniers .que le ient les re et de peaux se rembler ussé en
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art des derniers a vitesse au capi-
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—Oui ! oui ! répondit-on de toutes parts, que Gustave vienne, C’est à lui de les juger, ce sont ses impr pate Faites-le venir,
Le capitäirié, ayant fait venir Gustave, lui dit:
— C'est à vous, jéune hommié, que revient le drôit d’interrogèr et dé jugér cés prisonniers, car encore cette fois, la caravane vous doit son salut.
—Mais, monsieur, dit Gustave en hésitant.
—C’ést vous, c'est vous qui allez les juger, s'écria tout le monde.
—Mais je ne les condamnerai pas à la mort, dit Gustave, l’effusion de léür sang sérait une barbarie de notre part ; d’ailleurs, Dièu ‘permettra que nous repoussions toutes leurs attaqués,
—Faites ce que vous voudrez, s’écrièrent-ils, ce que vous ferez sera bien fait.
—Merci, Messieurs, dit Gustave ; et, faisant approcher les prisonniérs, il ajouta :
—Que ceux d’entré vous qui parlent l’ anglais viennent plus près.” Trois d’entré éux s’approchérent.
Qui êtes-vous ? déniande Gustave en prenant ün ton gravé.
—Nous sommes trois chefs de la tribu dés Blackfeet (Pieds-noïrs).
— Pourquoi, reprend Gustave, couriez-vous après nous avec des flèches ét dés fusils én poussant dés cris féroces. N’était-ce pas pour nous tuér et nous piller ?
— Notre ‘frère se trompé ; nos intentions étaient pacifiques, nous hous rendions À nos wigwamis (téntes).
—Pourquoi mentez-vous ? reprit Gustave d’un ton sévère ; né savez-vous pas que lé mensonge ne servira qu'à agravét votre position. J'étais décidé de vous accorder la vie‘et la liberté, mais’si vous ne dites pas la vérité, VOUS et vos compagnons alléz mourir immédiate: ment. Je sais que vos wigwams, ôu plutôt votre village n’est pas dans la direction que vous suiviez ; je sais attssi que vous l’avèz Jaissé pour venir nous tuér et nous piller ensuite.
Les ‘chefs se tenaient la vue basse et semblaient déli-
bérer entre eux ; ‘un murmure sourd: parcourt la masse des autres prisonniers, qui se mettent à trembler de tous leurs membres. Le plus grand silence règne parmi les gens de la caravane qui se pressent pour mieux entendre,
Voyant que les chefs ne répondaient pas, Gustave fait approcher son, avant-garde, et cette dernière se place en avant des prisonniers.
—Epaulez vos. carabines, ajouta-t-il, et tenez-vous prêts à faire feu ; puis se tournant du côté des prisonniers, il leur dit :—Voyons, répondez de suite ou ç'en est fait de vous.
Les chefs, voyant les carabines pointées, répondirent :
—Les, visages pâles ont tué trois dernos frères l’autre jour, € et nous voulions venger leur mort; nous l'avions juré devant le Grand:Esprit.
—Ah ! reprit Gustave, vous croyez donc au Grand Esprit ?
—Oui ! oui ! sans le Grand-Esprit, rien n’existerait.
——Très bien, reprit Gustave ; mais ce Grand-Esprit veus a-t-il enseigné de faire cômme le chacal et le tigre dans la forêt ? Vous at-il dit de vous jeter sur les femmes et les enfants pour les tuer ? Vous a-t-il ordonné de piller et massacrer ? Je conviens .que nous avons tué trois des vôtres, mais n'est-ce point votre faute? Ne vous êtesvous pas rués sur- nous comme: des loups enragés pour nous dévorer? et si vous.eussiez réussi à donner la mort en perçant de vos flèches ceux qui montaient sur le rocher, n’auriez-vous pas pris plaisir. d’attaquer la caravane, de tuer nos femmes et nos enfants et de voler nos animaux €t nos provisions ?: N'était-ce pas là votre dessein ? Pourtant, qu’avions-nous fait pour que vous agissiez ainsi? Savez-vous pourquoi vous n'avez pas réussi ? Ce Grand-Esprit, en qui vous croyez, nous a avertis de vos desseins cruels et perfides.. Il nous a dit que vous étiez des méchants et nous a donné les moyens de nous défendre contre vos attaques. , Nous eussiez-vous laissé passer sans nous molester, vos. frères vivraient encore, car nous ne voulons pas faire le mal comme vous. Le Grand Esprit le défend à tous, à vous comme.à nous. Pourquoi
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nd-Esprit t le tigre »s femmes de piller trois des yous êtesagés pour »r la mort nt sur le r. la caravoler nos votre desus agissiez réussi ?. Ce tis de vos vous étiez ous défenissé passer , Car nous Le Grand Pourquoi
ne l’écoutez-vous pas? Eh bien! | que feriez:vous pour avoir votre liberté ?
—Ho !: ho! nous jurons dé ne jamais reparaître sur votre chemin.
—Le jurez-vous devant tout:ce monde ? reprit Gustave.
—Oui ! oui ! s’écrièrent-ils en levant les mains.
—Le jurez-vous devant le Grand-Esprit.
— Oui, oui, nous le! jurons devant: le ‘Grand- Esprit, répondirent:ils en levant les deux mains, et tous les prisonniers imitèrent les trois chefs.
—Bien, reprit Gustave, mais.je ne puis vous accorder votre liberté moi-même, le chef est là devant vous, et peut-être sera-t-il disposé à vous faire grâce, quand je lui
aurai fait connaître le serment que vous venez de faire. Mais prenez garde de ne jamais vous retrouver sur son chemin, car notre chef est terrible dans sa vengeance, et cètte fois, il ne vous lâächera pas; et voulant leur faire peur il ajouta, si jamais vous brisiez votre serment, il vous fera rôtir à pétit feu, des broches de fer rougies perceront.vos chairs, il couvrira vos corps de charbons ardents et vous arrachera la langue: pour vous punir de vos mensongès et de votre perfidie; il pendra vos corps noirs et calcinés le long de la route pour servir d'exemple à ceux de vos frères qui voudraient faire comme vous. (Pendant qu’il parlait ainsi, on voyait frémir les prisonniers). Qui nous empêcherait de vous torturer ainsi, si nous le voulions ? mais nous aimons le Grand-Esprit et essayons de l'écouter. Puis tirant son crucifix d'argent, qui ne l'avait pas quitté depuis son départ de Montréal, il leur fit signe d'approcher et leur dit :
—Avant de vous remettreentre les mains de notre chef, vous allez tous renouveler le serment que vous venez de faire, en mettant votre main droite sur ce crucifix, vous l’embrasserez ensuite avec respect, mais prenez garde que le mensonge soit sur vos lèvres, de jurer une chose ‘et de penser à une autre. Ce crucifix représente le Fils de Dieu, du Grand-Esprit, si vous l’embrassez avec de mauvaises intentions dans vos cœurs, il le saura et vous punira sur le champ. Approchez un à un et chacun à votre tour.
Les sauvages, en voyant ce crucifix, eurent frayeur et n’osaient approcher. Les objets:de:noôtre culte ont toujours été regardlés par lès sauvages comme! mystérieux et sacrés,
Approchez, répéta (rustave,-ce ‘crucifix ne vous fera pas de mal si vous dites da vérité, |
Alors les sauvages s’approchent en témoignant beaucoup de craïînte!et de respect, ILés chefs. d’abord, puis les autres prisonniers vinrent tour à tour! poser la main droite sur le crucifix, le baiser et jurér de né jamais reparaître sur le chemin de la caravane. Les'hommes, femmes et enfants, témoins de cétte cérémonie si solennelle, vu lé liéuet la circonstance, étaient émus et gardaient le plus profond silence.
Après qu'ils eurent juréplustave les fit avancer devant le capitaine et lui dit : grand chef, ces braves viennent de jurer que ni eux ni-aucun de leurs/tribus, ne reparaitront jamäis sur votre chemin, je leur ai fait connaître la vengeance terrible que vous exercerez dans le cas contraire. Je vous les livre, faites en ce qu il vous plaira.
Les sauvages; tremblants, n’osaient lever la vue sur ce chef si terrible, et atténdaient avec anxiété la réponse et le jugement qu'il allait donner.
Qu'on:les: délie tous à part de ces trois chefs, dit le capitaine d’une voix farouche, ces derniers je les garderai comme ôtages jusqu'au fort Bridger ; et si jamais un seul homme deleurs tribus ôse reparaître sur mon chemin, je leur ferai aussitôt arracher la langue, :
Alors l'avant-garde commença à délier les autres prisonniers, qui, aussitôt libres, venaïent témoigner leur reconnaissance à Gustave en lui embrassant les mains,et quelques minutes plus tard ilse retiraient joyeux. Tant qu'aux trois chefs, ils furent libérés deux jours après sur l'instance de notre héros. En partant ces chefs lui dirent : si notre jeune frère repasse dans ce pays et qu'il ait besoin de nous, qu’il vienne nous trouver et il verra que le sauvage sait reconnaître ce qu'on lui fait.
Comme cet évènement avait causé un grand retard à la caravane, il fut résolu de partir de suite, quoique le
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Ren cas d'attaque,
soleil fut déjà bas, et de marcher une’ bonne partie de la nuit Un peu avant minuit, l'avant-garde, "quil venait de faire-un grand détour, aperçut une lueur en avant,
—Que peut signifier cette lueür P demanda George.
— Un feu tout simpiement; répondit Gustave en souriant Mais quil’4 allumé, c’est une autre question.
—Ure tribu sauvage ‘probablement, ‘dit ‘Arthur, qui serait assemblée, autour . de..ee. few pour. célébrer une victoire remportée sur ung tribu. voisine,
—Dans une heure tout au plus nous y serons rendus, reprit George, je crois que no::: ferions mieux d'arrêter ici et atténdre la caravane.
—Sois certain, cher ami, que l’on ne s’y réndra pas sans être :nvités, dit Güstave én souriant ; ce serait impoli de notre part ; d’ailleurs je ne sais si j'accepterais l'invitation même si elle m'était offerte.
— Que pensez-vous faire ? dirent plusieurs voix.
—Je n€ sais, répondit Gustave, mais voici mon père et le capitaine qui arrivent, ils vont nous donner leurs ordres.
—Qu'allonsinous' faire ? dëémanda le capitaine en arrivant.
—C'est précisément ce que nous voulions savoir de
—Et vous, Gustave, quel est votre avis ? reprit le capitaine.
—C'est à vous de commander et à nous d'obéir,répondit Gustave.
—Non, non, reprit le capitaine, donnez-nous votre avis, vous nous avez toujours bièn guidé, et je suis prêt à
| faire tout ce que vous recommanderez,
Il a toujouis bien réussi, dirént plusieurs.
—Oui, reprit le capitaine, son plan d’action à toujours été le meilleur.
—Puisqué vous aimez à connaître mon opihion, dit
| Gustave, je crois que vous feriez bien de continuer la L route jusqu'à ce grand coteau en avant de nous: TLä,
vous ferez ârrêter la caravane et formerez le camp comme
Pendant que ces préparatifs Se feront,
j'avancerai, avec l'avant-garde, le plus près possible de ce feu : s’il y :. danger, nous reviendrons promptément vous le faire connaître, si, au contraire; il n’y a rien à appréhender, trois coup de fusil vous avertiront que la caravane peut avancer. Surtout, recommandez que les hommes fassent 1e moins de bruit possible.
Très bien, dit le capitaine qi retourna à la caravane pour faire exécuter ce qui venait d'être convetu.
L'avant garde continua, dé rarcher jusqu’au coteau indiqué, et s’arrêta pour attendre ies wagons.
Lorsqné tout fut prêt, Gustave rassembla ses hommes et leur dit :
—Messieurs, la mission que nous avons à remplir est difficile et dangéreuse, nous devrons avancer avec beaucoup de précaution en Lbservant le plu:"grand silence et tenir toujours la vue partout où il y a danger à appréhender, afin de ne pas nous laisser surprendre, S'il faut revenir sur nOs pas, gardez vo.re sang froid et tenez les rangs serrés pour paraître plus forts et plus nombreux.
Mon fils, dit M. Dumont, je vais t’accompagner dans cette expédition dangéreuse, je crains qu’il ne t’arrive malheur.
—Permettez-moi de ne pas céder à votre demande, mon père, dit Gustave avec émotion. Votre devoir, d’ailleurs, est de rester avec la caravane et de placer des gardes aux alentours pour la protéger. De plus, si péril il y a, c’est assez de moi à l’affronter, et il ne faut pas nous exposer à la mort tous les deux À la fois. Pensez à ma mère et ma sœur qui doivent en ce moment soupirer après votre retour ; vons leu. devez d'éviter tous les dangers autant que possible, pour pouvoir retourner à elles au plus tôt. Tant qu’à moi, cher père, je ne crains pas de mourir, quoique je sache que ma mort leur causerait beaucoup de peine, 1nais je ne serais pas une perte comme celle d’un époux.et d’un. père,
—Ah! cher entant, ne parle pas ainsi, s'écria M. Dumont, ému jusqu'aux larmes, je ne saurais que faire si je te perdais.
ossible de nptement ‘à rien à nt que la ez que les
| caravane fu.
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remplir est avec beaur- | silence et 2r à appré- .. S'il faut t cenez les mbreux.
ompagner s qu'il ne
demande, tre devoir, placer des lus, si péril ne faut pas Pensez à nt soupirer bus les daner à elles au rains pas de ir causerait une perte
s'écria M.
que faire si
—Ne craignez pas, cher père, dit Gustave essayant de sourire pour cacher l’émotion qu’il éprouvait lui-même, je ne mourrai pas cette nuit, et de sitôt, j'espère.
La plupart de ceux qui lesentouraient étaient émus et portaient les mains à leurs paupières humides.
—ÆEn avant, mes amis, dit Gustave d’une voix ferme, et que ma petite troupe seule me suive ; au galop jusqu'à cette hauteur, point de clamenrs, et n'oubliez pas mes instructions. Tout le personnel de la caravane les suit des yeux ; hommes, femmes et enfants admirent le courage et le'sang froid que Gustave déployait toujours en face dés dangers, ainsi que l’obéissance aveugle de ses horimes. Quel courage et quel dévouement ! se disait-on de toutes parts ; 5 c’est vraiment admirable !
— Pourvu qu'il ne leur airive pas malheur, dit le capitaine, je crains beaucoup pour ‘eux.
—Non, non, lui fut-il répondu, Dieu ne saurait laisser périr un tel jeune homme et ceux qui. 1e suivent avec autant de confiance,
Toujours la vue fixée sur l'avant-garde, ils la voient gravir le dernier coteau qui la sépare du feu, s’arrûter pendant quelques instants sur le sommet ; ils distinguent Gustave, divisant ses hommes en trois corps et laissant une distance d’une vingtaine de pieds de l’un à l’autre, on.s’attend qu’elle va retourner sur ses pas, on le désire même; mais non, l'avant-garde commence à descendre de l’autre côté et disparait. Alors tn sentiment de crainte s'emprre de tous les cœurs ; ils sont perdus, se disait-on ; pourquoi ns sont-ils pas revenus ? nous n’aurions pas dû les laisser partir. : Personne ne bouge, on s'attend à chaque instant que Gustave et ses hommes vont reparaître ou que ‘rois coups de fusil vont les avertir que tout est bien. Les minutes paraissent aussi longues que ‘des heures... un quart d’heure se passe, et aucun d’eux ne reparait... Une heure se passe. et rien encore. M. Dumont se reproche d’avoir laissé partir son fils et de grosses larmes coulent le long de sa figure, les autres commencent à se décourager et veulent se rendre à ce feu à tout prix.
Patience, leur ,dit le capitaine, si, un malheur éta arrivé, nous en aurions eu connaissance, quélqméseun d’entre eux auraient pâlise sauver et venir mous avent#
Cette: remarque : fit renaître un peu plus de confia, et on attendit avec! moins d’anxiété :et en: comptant le minutes quis-écoulent.: |
Gustavé et. ses compagnons avaient gardé le galoy susqw'au coteau. Là, il avait séparé ses hommes, Cotéme nous l'avons dit plus haut, et prenant Ile petit pas, ils avancèrent avec la plus grarde précaution, le plus grand silence règnait parmi, eux, le moindre bruit ;attirait : leur attention, chaque rocher était examiné et:le plus petit ravin fouillé dans toute sa longueur; une Drise légère, passant de temps à autre, cansait un certain froissement dans les hautes herbes, alors. on s’arrêtait pour s'assurer si ce froissement n'était pas:causé par des ennemis, tous peuvent compter les battements de leur cœur, un quart d'heure se passa, et rien n’indiquait qu'il y eut des ennemis à craindre. ÆEnfin le feu apparut, mais il leur fallait faire un grand détour avant de s’yrendre. De gros rochers bordaient la route qui, en conséquence devint très étroite, et ils furent obligés de se-téunir de nouveau pour pouvoir passer.—Attention, mes amis, dit Gustave, tenez toujours les yeux.sur ces rochers qui pourraient cacher des ennemis, Ils ralentissent.le pas et redoublent de vigilance et de précaution, chaque fissure attire leur attention, et on avance ainsi lentement jusqu’à un ‘bas fonds dans lequel
il leur faut descendre ; ils passent le détour et aperçoiïvent des wagons et des provisions à moitié dévorés par un féu qui achevait de les consumer.--Gustave fait arrêter :ses hommes et leur dit:à voix basse: Voilà qui est curieux, qui a-pû mettre le feu à des wagons:et à des provisions? ce qui m'étonne le plus; c’est l’absenñce, dé 'marts :ow de blessés aux alentours, : Ce ne sont certainemént pasles sauvages qui ont. fait cela, car ilsauraient tué et massacré avañit de mettre.le feu, et ils auraient: conservé les provi- 1988. Àyançons entue, il faut Lien s'assurer ce qui en est avant de retourrer on d'avertir Ja caravane, mais faites bonne garde, le: sauvages sont 1.2: "st peut
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rts -ow de t pas les maAssACTÉ les provice quien ne, mais st peut
GUSTAVE 269 être un piège pour nous surprendre. Ah! que vois-je ! ajouta-t-il, attention, regardez derrière ce rocher, et tirant
mn pistolet il ajuste.un homme blotti derrière une grosse verre em lui commandant de se relever. Tous les regards se portent dans la direction indiquée, et voient à quelques pas, un homme qui se relève et vient à eux.
—Ce n’est pas un sauvage, dit Gustave, il faut savoir cependant ce qu’il fait ici, et s'adressant à lui il lui demande d’une voix brève ; que faites vous ici? et répondez sans bruit car.
—Ne tirez pas monsieur, répondit cet homme, je ne suis pas un ennemi; il y a près d’une heure que je me suis caché derrière ce rocher, pour ne pas être pris par les Mormons qui ont attaqué notre caravane, et qui, après avoir mis le feu à nos wagons, sont partis en amenant tous nos hommes prisonniers.
—Ce sont des Mormons qui ont mis le feu à ces wagons, dites-vous ? reprit Gustave, ne mentez-vous pas ?
—Non, monsieur, je ne mens pas, je le jure devant Dieu ; il n’y a ici d'autre personne que moi, ainsi ne craignez pas d’embûche.
Gustave tira son crucifix et le lui présenta en disant ;
—Jurez-vous sur ce crucifix que vous dites la vérité ?
—Æh ! un crucifix ! s'écria cet homme en français et en s’empressant de l’embrasser, oui, je jure sur cette croix, O mon Dieu, que je dis la vérité.
— Vous-êtes un canadien, dit Gustave dans la même langue.
—Oui, monsieur, s'empressa de répondre cet homme joyeux.
— Alors, je vous crois, dit Gustave, car un canadien ne saurait mentir sur la éroix ; puis se tournant du côté de ses hommes il ajouta en auglais et en souriant ; tirez trois coups de carabine, la Caravane doit être impatiente d’avoir de nos nouvelles.
A peine eurent-ils tiré, que des cris joyeux et des ‘“hourra ’” se firent entendre du côt: de la caravane et furent répétés plusieurs fois.
—On est content de ce signai, dit Gustave.
me CAT MU ie: vw; AS
—Oui, répondit George, je vous assure que l’on craignait beaucoup pour nous, et l’on s'attendait à autre chose qu’un simple incendie de wagons et d'effets.
— C'est déjà beaucoup trop, reprit Gustave, c’est un crime de faire brûler des wagons et des provisions, lorsque tant de personnes pauvres en manquent êt sont obligés de s’en priver. Et dire que ces actes sont commis par ces soi-disant saints du dernier jour. Mais, dépéchon, nous de nous rendre à ce feu et essayons de sauver quelque chose si c’est possible.
Tous se rendent rapidement sur le lieu du sinistre et parviennent à arracher des flammes plusieurs poches de fleur, quelques boîtes de biscuits et des couvertures de laine.
M. Dumont vient au galop suivi du capitaine, les wagons, emportés rapidement par les bœufs qui courent en descendant la côte, les suivent de près, faisant un bruit semblable au roulement du tonnerre.
— Dépêchons nous de piller, dit Gus'ave en souriant, voici les pompiers qui arrivent.
—I! n'avait pas fini de parler que son père arrive et l’embrasse en pleurant ; cher enfant, dit-il, je te croyais perdu, tu ne sais pas combien j'ai souffert.
—Vous n’aviez pas besoin de craindre, dit Gustave, ému, je n'ai couru aucun danger, puis il ajouta en souriant ; je vous assure qué je ne me suis pas aussi bien chauffé depuis notre départ.
Qui a allumé ce feu ? demande le capijaine.
—Les saints du dernier jour, se hâte de répondre Gustave, comme vous voyez, ils n’y vont pas à petits frais ; mais voici un homme qui pourra vous donner tous les détails ; venez-ici, s’il vous plaît, ajouta-t-il, en s’adressant au Canadien.
—Ce dernier répond à son appel et dit au capitaine : Il y a quelques heures, notre caravane était en frais
e préparer un camp ici ; à peine étions nous arti vés, que nous vimes deux ou trois cents hommes à cheval venant droit à nous. Notre capitaine, ne prévoyant aucun danger, vu qu'ils n'étaient pas des Sauvages,
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les laissa approcher et même entrer dans le camp. Ils entrent, et l’un d’eux, paraissant être leur chef, demande qui nous sommes : le capitaine répond que cette caravane appartient au gouvernement des Etats-Unis, et que nos wagons sont remplis de marchandises et des provisions pour l’armée américaine, qui bientôt doit arriver et stationner au Fort Bridger. Alors ce chef nous commande de nous rendre et de ne pas se rebeller. Que faire, nous n'avions pas le temps de saisir nos armes, nous étions entourés par trois cents hommes, les pistolets au poing et nous menaçant de tirer à la moindre résistance de notre part. Il fallut céder contre la force, car je ne sais si nous étions cinquante de notre côté. Après nous avoir enlevé nos armes, ils placèrent des gardes autour de nous, s’emparèrent dé nos chevaux et entassant les marchandises et les provisions, ils y mirent le feu. Cette besogne finie, ils nous commandent de partir avec eux, et tous prennent la direction d’où ils étaient venus. Moi, ne tenant pas à les suivre, j'ai saisi um moment favorable pour m'échapper et me suis caché derrière ce rocher où je fus trouvé par ce jeune homme, un Canadien comme moi, et à qui, je dois tant de reconnaissance ; tout autre peut-être m'aurait donné la mort dans une circonstance semblable, avant de me donner le temps de m'expliquer.
—Eh bien ! mon père, dit Gustave. que pensez-vous des saints qui se permettent des actes semblables, menacer de tuer et ensuite faire brûler des wagons et des prowisions.
—AÀ la guerre comme à la guerre, dit le capitaine d'un ton sec.
—Mais je ne pensais pas que les saints fissent la guerre, reprit Gustave sur le même ton, d’ailleurs.
—Laissez-le, dit M. Dumont en s'adressant au capitaine, voici la caravane qui arrive, allons nous camper ici P
—Qui répondit le capitaine en se mordant les lèvres, et tous deux s’éloignèrent pour s'occuper du campement.
Vous m’'aviez pourtant promis de ne pas vous oCCuper de ce que pourrait dire mon fils, dit M. Dumont.
—Oui, répondit le capitaine revenu à lui-même, il est jeune encore et connaîtra mieux plus tard ; d’ailleurs, nous lui devons tant de reconnaissance, que je n’aurais pas dû répliquer à ce qu’il vous disait; j'espère ne pas l’avoir mortifié et qu’il oubliera ce désagrément.
— Vous pouvez être certain de cela, reprit M. Dumont.
Les premiers wagons de notre caravane arrivaient en ce moment, et le capitaine leur indiqua l’endroit choisi pour le campement. Aussitôt que tout fut en place, tout le monde s’empressa de ramasser les chaines et autres ferreménts, seuls restes des wagons incendiés ; la fleur, les biscuits ét les couvertures que l’avant-garde avait pu sauver, furent divisés et chacun songea à prendre un peu de repos, si nécessaire à tous, après une journée si pleine d'émotions et de fatigues.
Nos lecteurs aimeraient peut être à savoir pourquoi les Mormons brüûlaient ainsi les convois de marchandises et de provisions appartenant au gouvernement américain. Nous avons déjà dit que les mormons s'étaient établis dans ‘‘l’Utah,’”” un des territoires des Etats-Unis et situé à l’est de la Californie, vers l’an 1847. Depuis cette année jusqu’en 1857, époque où nous nous trouvons en : sute pour la ville du Lac Salé, Brigham Young, leur prophète en avait été le gouverneur ; mais le gouvernement américain, s'étant aperçu de l'accroissement rapide de ces sectaires ainsi que de quelques actes arbitraires accomplis par eux, résolût de déplacer le prophète comme gouverneur et lé remplacer par un Américain qui ne fut pas de leur secte, ce dernier ayant reçu ordre de faire respecter les lois du pays, et de supprimer la rébellion que ces Mormons méditaient depuis quelque temps. Le nouveau gouverneur devant partir immédiatement après sa nomination avec deux ou trois régiments pour l'aider au besoin, lès autorités américaines avaient envoyé des convois chargés de marchandises et de provisions en avant pour mieùx assurer son passage à travérs ces immenses prairies. Les mormons, et avec eux Brigham Young; qui ne voulait pas céder sa place, s’opposaient à l'entrée de ce nouveau gouverneur et profitèrent dela
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grande distance entre les convois et l’armée, qui venait seulement de-quitter le fort Leavenworth, pour détruire les premiers, ‘et ôter ainsi à cette dernière, la séule ressource sur laquelle elle pouvait compter pour parvenir à son but; Les mormons pensaient, en agissant ainsi, que le gouvernéur et sa suite n’oséraïent avancer et que lé gouvernement américain voyant leur opposition, reviendrait sur sa décision ét laisserait Brigham Young à sa place. : C’est l'un de ces convois que notre caravane venait dé: rejoindre,