SCÈNE II
PIERRE, E>>A, CHRISTINE
PIERRE, voyant Enna qui entre vivement.
Enna !
CHRISTINE, entrant de même.
Grands dieu.x !
PIERRE
Quoi! VOUS aussi, Christine !
CHRISTINE
Voyez ces hommes noirs dont l'ombre clandestine Glisse sous les flambeaux... Tout à l'heure...
Elle s'arrête suffoquée.
PIERRE
Parlez...
ENNA, reprenant.
Tout à l'heure, là-bas, ils étaient assemblés, Mornes, dans la ruine, au milieu du grand cloître. Dont le deuil effrayant semblait encor s'accroître. Ils jugeaient...
CHRISTINE
Sans qu'on pût rien entendre...
Rien voir Que l'éclair de. leurs yeux sous le capuchon noir. Le silence a grandi, la nuit s'est étendue Plus sombre, et devant eux une ombre est descendue...
PIERRE
Le coupable ?
ENNA
Une torche éclaira sa pâleur.
« Malheureux, dit le juge, accepte ton malheur. « On t'exile. Ya, porte au loin ta félonie, « Que la main du bourreau devrait avoir punie. « Tous le demandaient, tous avaient crié : Mort ! — Non, c< Dit une voix. Ce mot t'a valu ton pardon. « Tu vivras, mais déchu, car, par la Sainte-Vehme, « Tribunal redouté de l'Empereur lui-même, « Moi, maître Porte-glaive et juge Westphalien,