ACTE I, SCÈNE V
riERFli:, sarrèlant.
Ah!
CIIIUSTINE.
Vous partiez?
riKHRE.
Oui, mais un mot me relient.
Ou vous voit, tout s'oublie; on fuyait, on revient.
Gaiement. iTioiilranl la rue par laquelle ont disparu Fiist et Drizcn,
Le vieux Fûst...
cmuSTINt:, avec reproche.
Ah! monsieur, ma mère était sa fille.
Et ce ton...!
PIERRE, riant.
Êtes-vous vraiment de sa famille?
CHRISTIKE.
Par exemple !
PIERRE
Après tout : la perle au gouffre luit, Et Pétoile toujours a brillé dans la nuit !
CHRISTINE
Il est bon...
PIERRE
Cependant il vous fait sa servante.
Il n'est pas de labeur que pour vous il n'invente, Et...
CHRISTINE
Je fais loutgaîment... hormis celte leçon...
Elle montre le livre qu'elle tient.
PIERRE
Lecture !
Écriture !
PIERRE
Et calcul?
CHRISTINE
Oui. Le garçon Qui chiffrait autrefois sur nos livres de compte A pris congé...
PIERRE
J'entends, et Fùst vous a, sans honte, Donné sa tâche.
CHRISTIiNE, les yeux sur le livre.
Lire! ah! c'est bien malaisé.
Que de signes, voyez ! l'un dans l'autre est croisé. On y cherche le sens, et l'on en perd la piste. Pourquoi tant de chaos?
PIERRE
Hélas I c'est qu'un copiste — Je Tétais — presse et heurte à les estropier, Les lignes et les mots sur l'aride papier. Sa glèbe à lui, qu'il creuse en vrai serf de la plume : Le pain de sa journée est au boul du volume.
CHRISTLNE.
Que je lirais bien mieux en quelque beau missel. Où court sur le vélin comme un reilet du ciel, Où l'or dit à l'azur les célestes louanges. Où montent dans les fleurs des vierges et des anges ! N'est-ce pas qu'on s'y croit d'avance en paradis?
Oui, mais ce sont joyaux qui vous sont interdits... Soyez princesse...
CHRISTINE
Hélas! ainsi toujours?...