‹ GUY MANNERING OU L'ASTROLOGUEChapitre 26 sur 215 · CHAPITRE Vn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vn

combats désespérés , dans lesquels il y avait souvent beaucoup de sang versé.

Le patriotique Fletcher de Saltoun a tracé une peinture de ees bandits , il y a environ cent ans , et mes lecteurs la parcourront avee étonnement.

t II y a aujourd'hui en Ecosse , dit-il (outre un grand nombre de pauvres familles entretenues seulement avec le produit des troncs des églises , et d'autres auxquelles une mauvaise nourriture donne la mort) , deux cent mille vagabonds qui mendient de porte en porte. Loin d'être un avantage, c'est un bien lourd fardeau pour un pays aussi pauvre. Quoique leur nombre soit peut-être doublé par les grandes calamités qui ont désolé l'Ecosse, toujours est-il que dans tous les temps il y a eu à peu près cent mille de ces mendiants qui ont vécu sans se soumettre à aucune loi du pays , ni même à aucune loi divine ou naturelle Aucun magistrat n'a jamais pu découvrir ou être informé où mourait un seul sur cent de ces vagabonds ou s'ils étaient baptisés. Il se commet beaucoup de meurtres parmi eux; et ils ne sont pas seulement un pesant fardeau pour les pauvres cultivateurs , qui sont sûrs d'être insultés s'ils ne donnent du pain ou quelque provision à peut-être quarante de ces coquins dans un seul jour , mais ils volent encore les gens qui demeurent dans des maisons isolées de tout voisinage. Aux années d'abondance ils se rassemblent sur les montagnes par milliers , et y font des repas et des débauches qui durent plusieurs jours ; dans les noces de campagne , aux enterrements, dans les marchés et sur tous les lieux publics , on les voit , hommes et femmes, toujours buvant , jurant , blasphémant, ou se battant entre eux. »

Malgré le tableau déplorable que présente cet extrait , et quoi que fit Fletcher lui-même , cet ami ardent et éloquent de la liberté crut ne pouvoir mieux arrêter ces désordres qu'en réduisant ces bandes à une sorte d'esclavage domestique; la suite des temps, l'accroissement des moyens d'existence et le pouvoir des lois ont resserré ce mal affreux dans des limites très étroites. Les tribus d'Egyptiens , de Jockies ou de Cairds , car ces bandits étaient connus sous ces différents noms , devinrent moins nombreuses , et plusieurs s'anéantirent. Cependant il en restait assez pour effrayer et tourmenter les campagnes. Quelques métiers manuels et grossiers Paient entièrement abandonnés à ces vagabonds ; c'étaient eux qui faisaient des assiettes de bois, des cuillers de corne, et tout ce qui concerne l'art de la chaudronnerie; ils y ajoutèrent un petit com-

apparents d'existence. Chaque tribu avait ordinairement UB point

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naient de commettre aucun vol. Ils avaient des talents. $fcHB6in49ttri« m lm mfawt VU\W et agr^atylen ftns certaine* ewonatanees.

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poowç 4e§ Indien* wwaget; et comme eu* qq les jugeait plutôt

pp leur* çontw&e», Jeura habitudes et leurs opinion*, que «'Us $rçfcnt <$£ membres 4 une partie de la société civilisée, H en existe encore aujourd'hui quelques hordes , surtout 4au& le* lieux gft i|s peuvent foeUement l'&happer dam 4fis solitudes on sur une I ntre terre- I*e? fratta 4e leur caractère ne sont pas beaucoup adouci*, ï^ur nombre, cependant, est bien 4ftniuués et au lieu 4e efint mille Égyptien* qu* comptait Fletchçr, il serait peut-être im* possible d'eu trouver plu? 4e cinq cents, 4an* toute l'Ecosse* $ne tribu de ces vagabonds, à laquelle Meg Merrilie* appartenait,

était fàtotot depuis long-temps , du moina autant que ses habitudes le jui permettaient , dp^ un vallon du domaine 4'EUaagwoan. Us y avaient élevé quelques chaumières qu'ils appelaient % leur ville 4e reftigç f i <tQô, lorsqu'ils u'^taient point abseuts pour leurs e^eurjion§, il$ vivaient sans être inquiétés, comme les corneilles per-

fj^ea *iff les yieçî frènea qui Içs eAtowaient* Va «ceupaietft

tajeajt. Qp disait çp'ifo waîepfc apçjeppepiept *c|pj,é flette prçUiÇ?

(iw 4» laird a'EU^gow^ ppur les servie qtfjjs |yi swieat rep T dps dans 1? giwrre, »u plus fréqwpment ^ r^age^ et ^

pillant If* toron de» fowiw vpisins av«e lesQqel* U #ai| ^ çitfr re|{e. Plps tard }tm «©ripe? ét^ifpt devepp* d'ppp pâture plps pacifique ; |ei§ fepppes Estait dft mitflipft pflpr fflUady, trwpr taient de* chaussettes pour le Iaird ; et op \ « 1 W* pr&çptait (pp* )es **», Jp jpiff 4e M#l f ep fr«pde OÊréPWpfe \ lW YWilleç sibylles usaient le }it nuptial du lgird lpr*qu'il se pariait, f t Je feçrqeap de soft MriMçr paissapt ; \ç§ bppppes raççppiipQflaiÇRj h| pprcçlaUrç ç^ée d$ milady« ?epf aiept le la jrd dans *ç$ partie* À# pb we t #4t vaifQt $e$ chiens et çQppaiept les weffles de ses p«t& feasstft $ le* eûfejits cpeUJaiept de« PQHtëft» dflM le» fepj$ f fcs baies mr fc roowsç, pppr porter ÏWr Wfrltf *u çh$te*u : op r&ppipewit $g actes volontaires de sejriee et de dépendapçe ep le? prot^çeapt dai» quelques pçcasiQW r CR 1<» tplérapt dap$ d'autre? f et ep leur cfctrfojiapt lçs resta* de la table, même de la tuôrç et de l'eap-flft- T^i lorsque les eircopstapees cppiinapdaient ap l«ird de s? ngoqr frff ©Spéreu*. Cet échange ipptpçl d$ bpps office*, qui était çoptîwitf depui* ap mow deux siècles f r«Pd«it les tenapciers de P^Wleugb comme des babitopto privilégié? sur Jfi domaipe 4'Ek lîfflçowap. Les ooquips étaient tout-Mait bQP? ?mis »yeç le laird, ffA 80 serait regardé çoipRie maltraité lpi-jpèîpe $i *QP prédit Mtt pu les protéger contre les lois çt Je$ magistrats du comt^ Mai^ cette VPÎpn aipiç^le allait bieptôt ètrç rompue.

]A oommppauté de Peru^leugb » qui p'ay^it de prptectiop que pour ses propres fripons, ne s'al?rm?it puljçqaent de la sévérité ^ )Ç juge de pai* déployait contre les autres yagabonds. Ils ue doutaient pas qu'il n'eût résolu de ne souffrir d'autres rpendiants oy v ?ffa|)Qûds daps le pays que ceux qui habitaient sur ses terres ? £ t qui exerçaient leur commerce avec s^ permission formelle, soit exprès^, soit tacite. M. Bertram, de son côté, ne se hâtait pas d'exeroer sa pouyelje autprfté aux dépens des anciens colons de Dçrncleugb ; mais il y fut contraint par les circonstances,

A Tune des sessipns de trimestre , notre nouveau juge se yit pudiquement reprocher parun gentilhomme du parti politique opposé. ¥ft tandis qu'il affectait un grand zèle pour la police publique et *#Qblait ambitionner la réputation de magistrat actif, il nourrissait ^ifel 4» plut «rapd* cçqçips du pays , et sppfrait qu'ils babf-

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tassent à un mille du château d'Eilangowan. Il n'y avait rien à répondre à cela, car le fait était trop évident et tpop bien connu. Le laird digéra cet affront le mieux qu'il put, et en retournant chez lui , il chercha dans son esprit quel serait le meilleur moyen de se débarrasser de ces vagabonds , qui avaient imprimé une tache à sa réputation de magistrat. Il venait de se décider à saisir la première occasion de chercher querelle aux parias de Derncleugh , lorsque le hasard lui en offrit une.

Depuis la nomination de notre ami à la place de juge de paix , il avait voulu que la porte de son avenue, qui, n'ayant autrefois qu'un gond , restait en tout temps ouverte d'une manière hospitalière , il avait voulu , dis-je , que cette porte fût de nouveau garnie de gonds et bien peinte. Il avait aussi fait boucher avec des pieux entrelacés artistement de genêt épineux certains trous dans les haies de son enclos , à travers lesquels s'introduisaient les petits garçons égyptiens pour aller chercher des nids d'oiseaux dans les plantations , les vieillards du village pour abréger leur chemin d'un lieu à un autre , et les garçons et les filles pour les rendezvous du soir, et tout cela sans faire offense ou sans demander permission à personne. Mais ces jours de calme étaient sur je point de finir, et une inscription menaçante, placée sur l"un des côtés de la porte , annonçait qu'on poursuivrait selon la loi (le peintre avait écrit qu'on persécuterait,- l'un vaut bien l'autre), quiconque oserait passer par dessus cette clôture. De l'autre côté de la porte, on avait, pour l'uniformité, eu la précaution d'annoncer qu'il y avait des fusils à ressort et des pièges si terribles, que, disait en lettres rouges un emphatique nota bene , c si un homme s'y trouvait pris, ils casseraient la jambe d'un cheval. »

Malgré ces menaces , six grands garçons égyptiens et autant de filles étaient montés à cheval sur la nouvelle porte , tressant des fleurs de mai qu'ils avaient, il n'était que trop évident, cueillies dans l'enceinte défendue. Ce fut du ton le plus imposant qu'il put prendre , que le laird leur commanda de descendre ; ils ne firent aucune attention^ son ordre; il commença à les pousser à bas l'un après l'autre ; les coquins au visage bronzé résistèrent, passivement toutefois , se tenant aussi formes qu'ils pouvaient, ou bien regrimpant aussi vite qu'ils étaient descendus.

. Le laird alors appela à son aide un de ses domestiques , vigoureux gaillard qui eut tout de suite recours à son fouet , dont quelques coups firent bientôt déguerpir la bande. Telle fut la première brè-

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