‹ GUY MANNERING OU L'ASTROLOGUEChapitre 64 sur 215 · CHAPITRE *YH. «W · texte numérisé non relu

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que Brown ?lt encore , ou du moins qu'il a survécu à ta blessure qu'il a reçue dans ce malheureux duel ; qu'il a écrit à ma mère en lui annonçant son entière convalescence et son espoir d'échapper bientôt de sa captivité. Mais un militaire , qui a souvent vu tuer des hommes, ne ressent probablement aucun chagrin en réfléchissant sur une catastrophe qui m'a , pour ainsi dire , pétrifiée. Si je lui montrais cette lettre , que s'en suivrait-il? Brown , conservant avee opiniâtreté ses prétentions à l'affection de votre pauvre amie , prétentions qui ont déterminé mon père à attaquer ses jours , serait pour le colonel Mannering un sujet d'inquiétude beaucoup plus grave que l'idée de son trépas. S'il échappe des mains de oes pillards, je suis convaincue qu'il sera bientôt en Angleterre, et il sera temps alors de considérer si je dois révéler ce secret k mon père. Mais , hélas ! si eet espoir auquel je me livre venait à être trahi , que me servirait de déchirer le voile d'un mystère qui lui rappellerait tant de douloureux souvenirs? Ma bonne mère craignait beaucoup qu'il ne fût découvert ; elle aima mieux , je pense , laisser mon père soupçonner que les attentions de Brown s'adressaient à elle , plutôt que de lui permettre de pénétrer leur véritable objet. ma chère Malthilde, quel que soit le respect que je doive à la mémoire d'un des auteurs de mes jours qui n'est plus, je dois aussi rendre justice à celui qui vit encore. Je ne puis me dissimuler que la conduite de ma mère fut tout à la fois injuste pour mon père et dangereuse au plus haut point pour elle et pour moi. Mais que ses cendres soient en paix ! Ce fat son cœur plus que sa tète qui la dirigea dans cette circonstance, et sa fille , qui a hérité de toute sa faiblesse , ne soulèvera pas le voile qui la couvre. »

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