‹ Guy ManneringChapitre 34 sur 45 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

« Eli bien ! que diras-tu , mon sage ? — Que parfois « De l’amour la fortune a confirmé le choix;

« Que souvent le mérite an mérite s'allie,

« L’orgueil de la naissance à l’orgueil du génie.»

Crabbe.

V. Brown (je ne peux me résoudre à écrire en entier son nom trois fois malheureux) avoit été depuis son enfance le jouet de la fortune. Mais la nature l’avoit doué de cette force d’âme qui fait qu’on ne fléchit sous le malheur que pour s’élever plus haut. Il étoit d’une belle taille, actif, et avoit l’air mâle. Ses traits , sans être réguliers, annonçoient l’esprit et la gaîté, et quand sa physionomie s’animoit, elle avoit une expression véritablement intéressante. Ses manières annonçoient la profession militaire qu’il avoit embrassée par goût et par choix. Il avoit le grade de capitaine, le colonel qui avoit remplacé Mannering s’étant empressé de réparer l’injustice dont les préventions du père de Julie l’avoient rendu coupable envers ce jeune homme. Mais cette promotion n’avoit eu lieu qu’après le départ de Mannering, Brown étant resté prisonnier jusqu’à cette époque. Sou régiment ne tarda pas à

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être rappelé en Angleterre, et le premier soin de notre capitaine en y arrivant fut de s’informer du lieu qu’habitoit son ancien colonel. Il apprit qu’il étoit dans le Westraoreland, chez sir Arthur Mervyn, et il dirigea sur-le-champ sa course de ce côté dans le dessein de chercher à revoir Julie.

Il ne se croyoit obligé à garder aucune mesure avec le colonel, parce qu’ignorant les fâcheuses inioressions qu’on lui avoit fait concevoir sur son compte, il le regardoit comme un tyran qui avoit abusé de son autorité pour le priver de l’avancement qui étoit dû à ses services, et qui avoit cherché l’occasion de lui faire une mauvaise querelle, pour le punir île ses assiduités auprès d’une jeune demoiselle qui étoit loin de s’en offenser, et dont la mère les avoit permises. Il étoit donc déterminé à ne se laisser décourager que • par Julie elle-même, et regardoit la blessure qu’il avoit reçue et la captivité qui en avoit été la suite, comme des motifs suffisants pour le dispenser de tous égards vis-à-vis du colonel. Nos lecteurs savent jusqu’à quel point il avoit réussi dans ses projets, lorsque ses visites nocturnes furent malheureusement découvertes par M. Mervyn.

Dans cette circonstance désagréable, le capitaine quitta l’auberge où il s’étoit installé sous le nom de Dawson, de manière que tous les efforts de Mannering pour découvrir l’auteur des séré-

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nades sur le lac se trouvèrent inutiles, cependant de chercher les moyens <Fe devoir Ju- 1

lie, et de ne renoncer à son dessein qu’autant qu’elle lui raviroit elle-mènie jusqu’au dernier rayon d’espérance. Elle n’avoit pas eu la force de lui cacher le seutiment qu’il lui avoit inspiré, et il n’en avoit que plus de constance et d’espoir.

Mais le lecteur préférera peut-être apprendre de lui-même quelles étoient ses pensées et ses intentions. Nous allons donc mettre sous ses yeux l’extrait d’une lettre qu’il écrivoit à un capitaine \iommé Delaserre, suisse d’origine, qui servoit dans le même régiment que lui, et qui étoit son meilleur ami et son coniident.

«Ne tardez pas à m’écrire, mon cher Delaserre : songez que ce n’est que par vous que je puis être instruit de ce qui se passe au corps. Je suis curieux de savoir ce qui s’est passé à la cour martiale d’Ayre, et si Elliot a obtenu la majorité. Je voudrois savoir aussi si le recrutement va bien, si nos jeunes officiers s’accoutument à la vie du régiment. Quant à notre bon ami le lieutenantcolonel , je ne vous en demande pas de nouvelles : en passant à Nottingham, j’ai eu le plaisir de le voir heureux au sein de sa famille. Quel bonheur

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pour nous autres pauvres diables, Philippe, de pouvoir jouir d’un petit intervalle entre la mort et les travaux de notre état, si nous venons à bout d’échapper aux maladies, au plomb et à l’acier : un vieux soldat retiré est toujours aimé et respecté. Il a quelquefois un peu d’humeur, mais on la lui pardonne. Si un médecin, un homme de loi , un ecclésiastique se plaignoit de gagner trop peu, de ne pas obtenir d’avancement, cent bouches s’ouvriroient à la fois pour lui dire que son incapacité en est cause ; mais le plus stupide vétéran qui raconte pour la troisième fois le vieux récit d’un siège ou d’une bataille, ou quelque autre histoire à dormir debout, est sûr d’être écouté avec attention. On le plaint, on partage ses murmures quand, secouant ses cheveux gris, il parle avec indignation des jeunes gens qui lui ont été préférés. Et vous et moi, Delaserre, étrangers tous deux (car quand bien même je pourrois prouver que je suis Écossais, c’est tout au plus si un Anglais me regarderoit comme son compatriote ), nous pouvons nous vanter de ne devoir notre avancement qu’à nous-mêmes, d’avoir gagné à la pointe de notre épée ce que nous n’avions pu obtenir autrement, faute d’argent et de protection. J’admire la sagesse des Anglais. Ils se mettent au-dessus de toutes les autres nations, qu’ils affectent de mépriser ; mais ils ont soin

par bonheur de laisser ouvertes des portes de derrière par où nous autres étrangers, moins favorisés suivant eux par la nature, pouvons nous introduire pour partager leurs avantages. Ils sont en quelque sorte semblables à l’aubergiste adroit , qui vante la saveur et le bon goût d’un mets dont il est bien aise de servir des portions à toute la cqjpipagnie. En un mot, vous dont la famille orgueilleuse, et moi, dont un destin rigoureux ont fait des officiers de fortune, nous nous souvenons avec plaisir qu’au service de la Grande-Bretagne, si nous n’avançons pas aussi loin que nous le voudrions, ce ne sera point parce que la route nous sera interdite, mais parce que nous n’aurons pas le moyen de payer le droit de passage. Ainsi donc si vous pouvez persuader au petit Weischel d’être des nôtres, pour l’amour de Dieu, dites-lui qu’il se borne à acheter une commission d’enseigne, qu’il soit prudent, qu’il remplisse ses devoirs, et qu’il s’en rapporte au sort pour son avancement.

« Maintenant j’espère que vous mourez d’envie de savoir la fin de mon roman. Je vous ai dit qu’après la découverte de mes rendez-vous nocturnes, j’avois jugé convenable de m’absenter quelques jours. J’employai ce temps à faire une tournée à pied dans les montagnes du Westmoreland. J’avois pour compagnon de voyage un jeune

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artiste anglais, nommé Dudley, dont j’ai fait la connoissance. C’est un homme fort aimable. Il peint joliment, dessine fort bien, cause agréablement, et joue parfaitement de la flûte : mais ce qui est encore mieux, c’est que, bien loin de s’en faire accroire, il a autant de modestie que de talent.

« A notre retour de cette petite excursion, i^|b hôte m’apprit que l’ennemi étoit venu faire une reconnoissance. M. Mervyn avoit traversé le lac, et étoit venu chez lui avec un étranger.

« — Et quelle espèce d’homme est cet étranger, mon cher hôte?

« Mais je crois bien que c’est un militaire, car on l’appeloit colonel. M. Mervyn m’a questionné comme si j’avois été aux assises. J’avois bien mes soupçons, monsieur Dawson (je vous ai dit que c’est le nom que j’avois pris), mais je ne lui ai pas touché un mot de vos courses sur le lac pendant la nuit. Non, non. Je sais ce que c’est que la discrétion. Il m’a demandé le nom de tous ceux qui logeoient chez moi , ce qu’ils faisoient, où ils ' alloient, comme s’il craignoit qu’ils n’emportassent son château ! Il est malin , M. Mervyn, mais Joe Hodges en sait aussi long que lui.

« Vous jugez bien que je n’avois d’autre parti à prendre que de payer le mémoire de l’honnête Joe Hodges, et de décamper, ou d’en faire mon

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confident, ce qui n’entreroit pas dans mes projets. D’ailleurs je venois d’apprendre que notre ci-devant colonel effectuoit sa retraite surl’Écosse, emmenant avec lui la pauvre Julie. J’ai appris de ceux qui conduisoient les bagages qu’il va prendre ses quartiers d’hiver dans un endroit nommé Woodbourne, au sud-ouest de l’Ecosse. Il va maintenant être sur ses gardes, et je vais le laisser entrer dans ses retranchements sans inquiéter sa marche. Mais alors, mon cher colonel, à qui je dois tant de reconnoissance, garde à vous !

« Je vous proteste, Delaserre, que je crois que l’esprit de contradiction ajoute encore à l’ardeur de mes sentiments. Je crois que j’aurois plus de plaisir à forcer cet homme méprisant et orgueilleux à entendre nommer sa fille mistress Brown , que je n’en éprouverois en l’épousant avec son consentement, quand même il m’assureroit toute sa fortune, quand même le roi m’accorderoit la permission de prendre le nom et les armes de Mannering. Un seul motif m’arrête. Julie est jeune et romanesque, je ry; voudrais pas l’entraîner dans une démarche dont elle aurait peutêtre des regrets dans un âge plus mûr. Je ne pourrais supporter qu’elle me reprochât un jour, ne fut-ce que par l’expression de ses yeux, d’avoir ruiné sa fortune ; quelle put me dire, comme cela est arrivé plus d’une fois, que si je lui avois laissé

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le temps de la réflexion elle auroit agi différemment. Non , Delaserre, je 11e puis m’exposer à ce danger. Il m’effraie trop. Je suis convaincu qu’une fille de l’âge et du caractère de Julie ne peut se former une idée nette et précise du sacrifice qu’elle me feroit. L’indigence ne lui est connue que de nom. Si elle rêve quelquefois de l’amour dans une chaumière , cette chaumière se présente à son imagination parée de tous les agréments d’une description poétique, ou semblable à celles que l’on trouve dans les parcs des gens qui jouissent de douze mille livres de rente. Son éducation ne l’a point préparée aux privations qui l’attendroient dans cette véritable chaumière de la Suisse, dont nous avons si souvent parlé, et aux difficultés que nous aurions à surmonter avant d’arriver à ce port. C’est un point qui mérite grande attention. La beauté de Julie, ses qualités, la tendresse dont je crois qu’elle paie la mienne , ont fait sur mon cœur une impression qui ne s’effacera jamais ; mais avant de souffrir qu’elle sacrifie pour npoi les avantages qui lui sont assurés, je veux être certain qu’elle les connoît bien et qu’elle sait les apprécier.

a Ai-je trop d’amour-propre , Delaserre, en me flattant que cette épreuve se terminera d’une manière favorable à mes désirs ? Suis-je trop vain de penser que le peu de qualités personnelles

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que je possède, une fortune très-médiocre, et la détermination de consacrer toute ma vie à son bonheur, pourront la dédommager suffisamment ' i de tout ce qu’elle doit abandonner pour me suivre? La parure, la grandeur, les scènes du grand monde et du bon ton , comme on l’appelle , ‘

auront-elles plus d’attraits pour elle que la perspective du bonheur domestique, d’un attachement mutuel et inaltérable ? Je ne parle pas de son père , son caractère est si bizarrement composé de bonnes et de mauvaises qualités, ces dernières neutralisent tellement les premières, que Julie doit avoir moins de regret de se séparer des unes, que de satisfaction d’échapper aux autres. La nécessité de s’éloigner de son père est donc une circonstance qui, à mon avis, ne doit pas mettre pour elle un seul grain dans la balance. En attendant que mon sort se décide, je cherche à prendre courage. J’ai essuyé trop de malheurs, j’ai éprouvé trop de difficultés pour avoir trop de présomption, trop de confiance dans le succès; mais j’ai vaincu tant d’obstacles, je suis sorti de tant de traverses , qu’il ne m’est pas possible de désespérer.

« Je voudrois que vous vissiez ce pays. Ses paysages pittoresques vous enchanteroient : ils me rappellent souvent les descriptions animées que vous m’avez faites de la Suisse. Presque tout ici

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a pour moi le charme rie la nouveauté. Quoique né, à ce que l’on m’a toujours dit, dans les montagnes d’Ecosse , je n’en ai qu’un souvenir trèsimparfait. L’étonnement avec lequel je vis pour la première fois les côtes plates de la Zélande s’est conservé dans ma mémoire mieux que tout ce qui a précédé ce moment. Mais cette sensation même, jointe à des souvenirs confus, me persuade que mon enfance s’est passée dans les montagnes et les rochers, que la surprise que j’éprouvai en débarquant en Zélande, venoit de ce que je n’y apercevois pas les objets qui m’étoient familiers, et qui avoient produit sur ma jeune imagination une impression ineffaçable. Je me souviens que lorsque nous passâmes dans l’Inde cette fameuse montagne du Mysore, tandis que nos camarades ne se trouvoient que surpris de sa hauteur prodigieuse et du spectacle imposant qui s’offroit à leur vue, je parta geois plutôt vos sentiments et ceux de Caméron, qui tout en admirant ces merveilles, sembliez prouver que vos yeux y avoient été habitués de bonne heure. Oui, quoique élevé dans la Hollande, un rocher azuré est un ami pour moi, le bruit d’un torrent me semble une chanson dont on a bercé mon enfance. Jamais je n’ai si bien éprouvé ces sensations que dans ce pays de lacs et de montagnes, et je suis vraiment désolé

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que vos devoirs ne vous permettent pas de m’ac» compagner dans mes excursions. J’ai essayé d’en dessiner quelques vues, mais je n’ai pas réussi. Dudley au contraire dessine à ravir; son crayon, comme une baguette magique, semble donner la vie et le sentiment ; tandis qu’en travaillant comme un forçat, recommençant et corrigeant sans, cesse, je mets trop de lumière d’un côté; trop d’ombre de l’autre, et ne viens à bout de produire qu’une croûte. Il faut que je retourne à mon flageolet. De tous les beaux-arts, la musique est le seul qui daigne me reconnoître.

« Saviez -vous que le colonel Mannering dessine ? Je ne le crois pas. Il étoit trop fier pour faire connoître ses talents à un subalterne. Et bien, il dessine parfaitement. Depuis que Julie et lui ont quitté Mervyn-Hall, Dudley y a été mandé. Sir Arthur désiroit une suite de dessins dont le colonel avoit fait les quatre premiers, mais son départ précipité l’avoit empêché de s’occuper des autres. Dudley assure qu’on y reconnoît la touche d’un maître. Ce n’est pas le tout, au bas de chacun se trouve une petite pièce de vers qui en contient la description. Saül est -il donc au nombre des prophètes ? me direz-vous : le colonel Mannering s’occuper de poésie ! Oui vraiment, il faut que cet homme

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mette autant de soin à cacher ses talents que les autres en prennent pour les mettre au jour.

Comme il ctoil fier et insociable au milieu de nous ! comme il se montrait peu disposé à prendre part à une conversation qui pouvoit devenir intéressante pour chacun ! Et son amitié pour ce misérable Archer, si au-dessous de lui sous tous les rapports ! et pourquoi ? parce que son frère le vicomte Archerfield est un pauvre pair d’Ecosse ? Je crois que si Archer avoit survécu aux blessures qu’il a reçues le jour de notre duel, il aurait dit des choses qui auraient jeté du jour sur le caractère de cet homme singulier. Il dit à un de mes amis : — Si je revois Brown , je lui apprendrai des choses qui changeront l’opinion qu’il a conçue de notre colonel. Mais la mort l’attendoit, et s’il avoit quelque explication à me donner, comme ces mots sembloient le faire entendre, elle ne lui en a pas laissé le temps.

« Je me propose de faire encore une course dans ce pays, et de profiter pour cela des beaux jours que le froid nous procure. Dudley, qui est presque un aussi bon piéton que moi, se propose de m’accompagner. Nous nous séparerons sur les confins du Cumberland. Il retournera à Londres rejoindre son logement au troisième étage, de Mary-le-bone-Street, et travaillera ce qu’il appelle la partie commerciale de sa profession. La vie

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d’aucun homme, suivant lui, n’olïre deux époques entre lesquelles il y ait une différence aussi marquée que la vie d’un artiste, pour peu qu’il ait d'enthousiasme : l’une quand , s’occupant des beautés de la nature, il travaille à remplir son portefeuille de ses ouvrages; et l’autre quand il est obligé de l’ouvrir pour les montrer à l’indifférence ennuyeuse, ou à la critique encore plus insupportable de prétendus amateurs. Pendant l’été, me dit-il, je suis libre comme un Indien <

sauvage, je jouis de moi-même et de ma liberté au milieu des grandes scènes de la nature : l'hi- • /

ver, je suis lié, garotté, confiné dans une misérable chambre, et condamné à me plier aux fantaisies des autres, je me vois considéré véritablement comme un esclave attaché à la chaîne.

Je lui ai promis de lui procurer votre connoissance, Delaserre, vous serez aussi content de ses talents qu’il sera enchanté de votre enthousiasme pour les torrents et les rochers.

Lorsque Dudley m’aura quitté, on m’assure que je pourrai aisément gagner l'Écosse, en traversant un pays presque sauvage au nord du Cumberland. Je suivrai cette route, afin de donner au colonel le temps de placer son camp, avant que j'aille reconuoître sa position. Adieu, mon cher „ Delaserre, je ne crois pas avoir occasion de vous écrire avant mon arrivée en Ecosse.

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