‹ Guy Patin [par] Pierre PicChapitre 43 sur 76 · DOCUMENTS D ORDRE MEDICAL · texte numérisé non relu

DOCUMENTS D ORDRE MEDICAL

semble, et que c'est la cause pour laquelle aujourd'hui on voit si peu de ladres de deçà, d'autant que les verolez y sont très bien distinguez.

M. Moreau m'a dit autrefois que telle avoit été l'opinion du grand Simon Piètre, qui a été un homme incomparable. J'ai tenu cette opinion-là dans mon traité de Elephantiasi que j'ai donné depuis peu et que j'ai achevé depuis trois jours. /// totâ Galliâ, Bslgicâ, Cellicâque, nulli hodie ridentur Elephantici ; at multi supersunt in Gallid Narbonensi et Aquitaniâ Braccatâque, j'entends parce dernier mot la Provence qui en est pleine, à cause, propter airain bilan prœdominantem.

<=§t> 21 septembre i655. — Une sage-femme m'a

raconté qu'elle avoit accouché la femme d'un boulanger de petit pain, d'un enfant qui n'avoit nulle marque de sexe, et qui étoit tout uni. Ce que je ne comprends pas, puisque selon M. Riolan, le fœtus fait son eau par le canal de la vessie '.

Les veux étoient fermés et couverts d'une peau ; il n'avoit point de nez, mais seulement un trou au milieu du visage et une corne au front, grosse et longue comme le pouce. Il ne vécut que deux heures.

<^ 3o novembre i655. — M. Grasseteau, doyen des requêtes du palais, fut ici taillé de la pierre : il en est heureusement <:uéri. àçé de 72 ans.

1. Riolan a dit que le liquide amniotique était formé de l'urine du fœtus ! Comment Patin douterait-il que Riolan ait raison ? C'est comme si Galien y avait passé.

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Un de mes voisins en a guéri un depuis peu aussi heureusement, âgé de Oq ans, bien que ce fût pour la troisième t'ois qu'il fût taillé.

L'adresse de nos tailleurs est si grande que les malades n'ont plus tant la grande horreur qu'ils avoient autrefois de cette opéracion, laquelle a autrefois été fort cruelle.

«=§& 3o novembre i655. — Pour les gages on ne les pave point chez le duc d'Orléans, ni même chez le roy. Depuis dix ans les médecins par quartier n'ont rien ou très peu. Le premier médecin même est mal payé de ses appointemens.

Des huit médecins par quartier de chez le Roy il n'v en a pas un qui ne voulût avoir vendu sa charge et retenir l'argent qu'il y a mis.

<=^> 22 février i656. — Actuellement nous ne voyons ici aucun ladre, si ce n'est à l'égard de l'esprit ou de la bourse.

Autrefois il y avoit un hôpital dédié pour les recevoir au Fauxbourg Saint-Denis. On n'en voit aucun en Normandie, ni en Picardie, ni en Champagne, quoique dans toutes ces provinces il y ait des maisons qui leur étoient destinées et qui sont converties en hôpitaux de peste. On prenoit pour ladres des vérolez que l'ignorance des médecins et la barbarie du siècle faisoient prendre pour tels. Néanmoins il y a encore des ladres en Provence, en Languedoc et en Poitou.

<=j° 22 février id56. — La femme de M. Cadeau, marchande tourangelle, a langui plus de

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