‹ Guy Patin [par] Pierre PicChapitre 47 sur 76 · DOCUMENTS D'ORDRE MÉDICAL I · texte numérisé non relu

DOCUMENTS D'ORDRE MÉDICAL I

■^ ij septembre ifijo. — Il va bien à dire que ce qu'on a écrit de la rage ne soit vrav ; M. Piètre s'en moquoit et moy aussi. On n'en guérit point pour aller à la mer. Cette maladie que les Grecs ont nomme hydrophobia est une espèce de délire causé par une atrabile très pernicieuse qui renverse les fonctions du cerveau.

cf=» 2 juin ;6ji. — Une colique bilieuse a retenu pour quelques jours M. Colbert, comme il étoit en chemin d'aller trouver le Roi à Dunkerque. On en a demandé ici quelques consultes à divers médecins. Chaque médecin a eu un louis d'or.

Pour moy j'ai un intérêt particulier à sa conva lescence, outre qu'il a souvent dit du bien de moi et qu'il a augmenté mes gages de professeur Royal c'est que j'en attens la liberté de mon fils Carolus. Car parce que beaucoup de gens ont cru que c'étoitlui qui l'avoit fait persécuter, il a dit quelquefois, même de son propre mouvement, que ce n'étoit pas lui.

Ainsi nous sommes réduits à ne savoir ni l'accusation, ni l'accusateur.

«§» 16 novembre 1G4.0. — Je ne croirai ni homme ni femme démoniaques si je ne les vois, mais je me doute qu'il n'en est guères.

La démonomanie de Loudun a été une des fourberies du Cardinal et plût à Dieu qu'il n'eût fait que celle-là pour faire brûler un pauvre prêtre qui valoit mieux que lui, nommé Grandier, qui avoit autrefois écrit un libelle difiamatoire. intitulé la Cordonnière, duquel ce prélat se trouva fort otfensé. et qui est le premier qui fut jamais fait contre lui.

Ce qui me fait soupçonner que cette prétendue diablerie ne provient que de l'artifice des moines, c'est que ce diable ne se montre ou ne se fait entendre qu'aux païs où il est trop de moines. 11 ne se voit rien de pareil en Angleterre, en Hollande, ni en Allemagne. Il a fait autrefois quelque bruit à Rome, mais le pape d'aujourd'hui, qui est un fin

et rusé politique, y a tant apporté de précautions et tant de règles que si le diable de l'enfer a peur de son exorcisme et de son eau bénite, ce diable supposé n'a pas moins peur du Barisel et du bourreau de Rome.

«§& 2 septembre 164.4. — Tous les bigots sont en l'attente d'un nouveau pape, qui leur envovera en singulier présent un jubilé, pro jucundo adventû in Papatum. S'ils n'y gagnent des pardons, au moins ils y gagneront des crottes, et peut-être la toux, le rhumatisme ou quelque autre maladie dont les médecins aussi se ressentiront dequelque chose.

<=§~ 16 février 1645. — Ce père Petau est un des plus savans d'entre les Jésuites, mais homme fâcheux, mordant et médisant, qui n'a jamais écrit que pour réfuter quelqu'un.

Il a fait 2 volumes in-folio pour réfuter Joseph Scaliger, contre lequel il a vomi des charetées d'injures, bien qu'il fût mort vingt ans auparavant.

Il a écrit aussi sur Tertullien des traittez pleins d'injures de cabaret et d'harangères contre Saumaise, et même il a tout fraichement écrit contre M. Arnaud, De la fréquente communion, contre lequel il a perdu son escrime. Son IIe tome des Dogmes Théologiques est aussi contre l'évèque d'Ypres, Jansénius, qui triomphe parmi les honnêtes gens.

«=§» 14 mai et 1 1 juin 164g. — L'auteur de la harangue de Chàtillon est un Père Faure, Corde-

lier suivant la Cour on qualité de pensionnaire de la reine, et qui voudroit bien être évèque. C'est celui qui dit à la reine, fort ellYontément, comme tous les moines, sunl hominum genus impudcnlissimum, qu'en assiégeant et affamant Paris, elle ne faisoit pas un péché véniel.

Pour la harangue de Châtillon vous n'en manquerez pas. Sunl verba cl vuccs: ce n'est que du babil de moine qui donne du plat de la langue et qui (latte, en tâchant de secouer sa corde et son capuchon pour devenir évèque.

<=§» / H juin 1 64g. — « Dieu vous le rende ! » est le meilleur mot de la gueuserie de ceux qui, pour vivre en une grande communauté, ne laissent pas de s'appeler Moi nés, qui veut dire solitaires ', et qui vivent de cette adresse de nous promettre par leurs prières telles quelles le paradis qu'ils n'ont point, pour l'argent que nous avons.

Paris abonde en gens qui haïssent ces pères qui se veulent nommer compagnons de Jésus, bien que le bon Seigneur n'ait jamais appelé personne son compagnon que Judas, qui le vendit.

ie' avril i65o. — L'abbé Mondin (courretier de perles et de diamants, proxénète du Mazarin en trafic de cette nature est mort sur la parroisse de Saint-Eustache.Les chanoines l'ont voulu avoir pour l'enterrer, en tant que leur compagnon

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