‹ Gwendoline; opéra en trois actes [de] Catulle MendèsChapitre 32 sur 34 · SAXONNES · texte numérisé non relu

SAXONNES

GWENDOLINE après un sanglot terrible

Du même coup, père, tu m'as frappée!

Elle se précipite vers Harald, saisit le couteau qu'il a dans la main et se frappe. — Tout ceci s'est passé dans la nuit presque totalement noire. C'est seulement pendant les paroles du vieil Armel et du chœur que l'ombre céleste s'entr'ouvrira, que, peu à peu, une clarté s'épandra sur les deux amants.

40 GVVENDOLINE

LE VIEIL ARMEL stupide d'horreui*

Gwendoline! 0 la joie en fleur de ma maison! Est-ce le châtiment de notre trahison?

Il veut s'élancer vers sa fille et défaille, sanglotant, parmi ses serviteurs.

LES SERVITEURS SAXONS mornes

Est-ce le châtiment de notre trahison?

Ils se groupent à droite, dans la partie obscure du théâtre, considérant avec une admiration épouvantée, Haraldet Gwendoline, mourants, mais debout ; ceux-ci se tiennent embrassés sur le monticule, près de l'arbre. Une lune bleue les enveloppe de caresse et de rêve ; on voit le sang de leurs blessures.

HARALD dans la clarté lunaire

Bien! femme! nous mourons ensemble,

Vaincus plus fiers que le vainqueur !

Vois couler le sang de mon cœur, Sans que mon cœur tremble!

Épouse aux chastes yeux, viens! ma joie est immense. Suis-moi, loin des hymens qui vivent un moment, Vers le monde où l'amour dure éternellement ;

C'est ce soir que Toujours commence !

Harald ! Harald ! mourons ensemble !

Pas plus que ton fier cœur, mon cœur aimant netremble; Montons vers les splendeurs du gouffre aérien !

Ah! je t'aime, mourons ensemble!

Je t'aime tant, Harald, que je n'aime plus rien; Mais j'aimerai le ciel pourvu qu'il te ressemble!

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