‹ Gymnastique élémentaire, ou cours analytique et gradué d'exercices propres à développer et à fortifier l'organisation humaineChapitre 30 sur 53 · ÉCHELLE DE CORDE · texte numérisé non relu

ÉCHELLE DE CORDE

C’est ici que nous avons besoin de toute la force et de toutel’agilitéque Ton peutacquérir en répétant souvent tous les exercices que j’ai indiqués. Il est fort difficile de monter à l'échelle de corde flottante, et fixée à une certaine hauteur , si l’on n a point fait beaucoup d’exercices préliminaires. J’ose même avancer qu’il est trèsdangereux de hasarder l’ascension de l’échelle , avant d’être sûr de pouvoir tenir son corps suspendu à une main pendant au moins cinq minutes. Tout le poids du corps, reposant pour ainsi dire sur une seule main , tandis que l’échelle balance continuellement , rend cet exercice si difficile, que la plupart de ceux qui l’essaient, sans développemens préliminaires, sont saisis de vertiges, et perdent courage, avant d’avoir atteint le quart de 3a hauteur que des élèves exercés parcourent plusieurs fois dans diflerens sens. G1 est pour cette raison que je conseille aux personnes qui veulent s’exercer sans danger, d’essayer premièrement leurs forces à l’échelle or-

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dioaire. Une échelle de vingt-cinq échelons suffit pour cet exercice 5 mais il faut que les barres parallèles soient bien droites, afin que l’échelle reste immobile quand on s’exerce. Pour appuyer l’échelle, un arbre ou une poutre sont préférables à un mur, par rapport aux mouvemens des jambes. L’échelle doit aussi être fixée par en haut»

ier. Exercice. — Descendre de V échelle à laide

des bras.

Quoique simple en apparence , oet exercice est trèsutile , en ce qu’il accoutume les bras à supporter alternativement tout le poids du corps , au moment où il s’affaisse tout d’un coup-, il inspire aussi beaucoup de confiance aux élèves timides , et les prépare à des exercices plus difficiles. L’élève , parvenu au dixième échelon , en montant à la manière ordinaire , se tient de la main gauche , passe la main droite et ensuite le pied en dehors sur les mêmes échelons où se trouvent les parties gauches ; dès qu’il est assuré de son point d’appui, il place à côté des parties déjà fixées la main et le pied gauche , et se trouve sur le côté de l’échelle opposé à celui par lequel on monte. Dans cette position, il se fixe fortement à l’échelon où les mains sont placées 5 lâche les pieds, et commence à descendre d’un échelon à l’autre parle moyen des mains, sans toucher l’échelle avec les pieds , qui doivent être joints , les jambes tendues ; on répète cet exercice jusqu’à ce que l’élève descende

toute la hauteur de l’échelle avec facilité.

xic. Exercice. — Monter à rebours un à un.

L’écheiie fixée à quinze degrés de pente , ou même presque perpendiculaire , on se place au bas du côté opposé à celui que l’on monte ordinairement j on saisit,

ÉLÉMENTAIRE. i Si

aussi haut qu’on peut atteindre , un échelon avec les deux mains ; on s enlève à force de bras jusqu’au niveau de la poitrine ; dans cette position , on s’élance vers l'échelon supérieur en agitant les jambes , on porte une main audit échelon pour s’y fixer , l’autre main vient immédiatement se placer à côté de la première , et ainsi de suite , jusqu’au bout de l’échelle. Pour descendre , on exécute le mouvement contraire. Quand on a fait plusieurs fois le trajet de l’échelle de cette manière , on peut essayer le suivant.

ine. Exercice. — - Sauter un .

La poitrine enlevée au niveau des mains par la force des bras , on fait les mêmes mouvemens que dans le premier exercice de l’échelle; mais , au lieu d’avancer d’échelon en échelon avec les deux mains , il faut tou~ jours sauter celui auquel est fixée îa main qui enlève; par exemple , si la main gauche , après le premier élan , se trouve au dixième échelon , la main droite , sans s’arrê* ter en passant au même échelon que la gauche , saisira le onzième, îa gauche le douzième, et ainsi de suite. La descente exige le mouvement contraire. Ayez soin que les deux mains enlèvent tout le poids du corps , et surtout dans le passage , que l’on s’appuie fortement sur la main inférieure qui soutient le corps ,, tandis que l’autre passe. Dans toutes les ascensions ou descentes à laide des mains, il faut toujours avoir les jambes bien jointes , et la pointe des pieds bas.

ive. Exercice. — Sauter deux .

Plusieurs de mes elèves sautent deux , et même jusqu à trois échelons, y compris celui où sont les mains : c’est-à-dire 3 pour en sauter deux5 les deux mains étant

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placées sur le premier échelon , la main gauche , à ïa suite d’un élan , au lieu de saisir le second , se fixe au troisième 5 la droite saisit ensuite le sixième , et ainsi de suite , jusqu’au bout de l’échelle. Ces mouvemens sont très-yiolens , et demandent beaucoup de force et d’adresse. Tous ces exercices ayant été bien suivis , on peut hardiment entreprendre le premier passage de l’échelle de corde après l’exercice.

ve. Exercice. — Aller à rebours à une corde

horizontale.

Il faut déjà avoir beaucoup de force dans les mains pour tenter un trajet de ce genre, quelque court qu’il soit: c’est pourquoi j’emploie cette action, comme épreuve, avant d’admettre mes élèves à la leçon de l’échelle de corde. L’exercice dont il est question consiste à parcourir une corde plus ou moins tendue , et d’une longueur quelconque, en se fixant par les mains et les talons 5 a°. à se reposer dans le milieu de sa course , en se mettant à califourchon 5 3°. à sauter à terre , d’après les règles prescrites à l’article du saut en profondeur 5 c’est-àdire , ne lâcher les mains que lorsque les pieds se trouvent en arrière.

vie. Exercice. — • Ascension ordinaire .

L’échelle de corde perpendiculaire et flottante doit être fixée à vingt pieds de hauteur pour la première leçon. Je conseille de prendre une échelle de quarante pieds , pour avoir dans la suite vingt pieds d’ascension perpendiculaire , et vingt pieds de descente diagonale. Pour mieux l’assujettir , on met deux œillets de corde à dix-neuf pieds six pouces , ce qui la partage en deux

parties égales. Ces oeillets doivent pouvoir être changés de place sans beaucoup de peine * car dans îa suite on doit donner à l’échelle trente , et même jusqu’à quarante pieds perpendiculaires } alors c’est une corde isolée et tendue qui donne la descente diagonale à l’aide des mains et des pieds. Tantôt on commence le trajet par la corde, et on descend par l’échelle ; une autre fois, on monte par l’échelle , et on descend par la corde. Dans cet exercice, quoique l’échelle soit flottante , on y laisse encore les croisières ou échelons de bois qui se trouvent de distance en distance , pour empêcher que Féehelle ne plie •, on les ôte à la deuxième leçon. Les choses ainsi disposées, l’élève se place devant l’échelle , prend un échelon de la main droite , pose le pied gauche sur le premier échelon , ensuite la main gauche et îe pied droit , et ainsi de suite. Ce n’est que par ce changement continuel et bien suivi que l’on empêche les pieds d’aller en avant , ce qui fatigue beaucoup les bras , et que l’on force pour ainsi dire le corps à garder une position presque perpendiculaire , la ceinture à i échelle. 11 faut observer la meme règle dans la descente. ( V *. tab. 5 , fig. 29.)

vne. Exercice. * — Monter a la partie inférieure

diagonale .

Au lieu de monter comme dans la leçon précédente l’élève monte cette fois à la partie diagonale de l’échelle, et descend à la partie perpendiculaire ayant soin surtout de bien changer, c’est-à-dire, de ne jamais avoir les deux mains ni les deux pieds sur le même échelon , mais passer rapidement d’un échelon à 1 autre. Quand on a fait plusieurs fois le trajet de l’échelle dans cette direction , on peut essayer de faire monter un élève à

la partie diagonale , et l’autre à la partie perpendieu» laire. Puisque chacun de mes élèves monte à un côté opposé , mais dans le même sens que Pautre , ils se rencontreront immanquablement 5 et , pour que chacun d’eux ne soit pas obligé de rétrograder , il faut apprendre à s’éviter, premièrement sans charge, et ensuite avec un poids proportionné aux forces de celui qui s’exerce. Dans la rencontre, il faut toujours que celui qui descend à la partie perpendiculaire prenne le dessous de l’échelle. ( V, tab. ^5 , fig. 29 et 3o.)

vnie. Exercice. — Aller à quatre pointes .

Il est beaucoup plus difficile qu’on ne croit de monter «à la partie diagonale de l’échelle de corde , comme le représente la lig. 3i de la tab. 5 : le balancement continuel de l’échelle oblige l’élève de garder un parfait équilibre , en serrant fortement les mains aux cordes parallèles , et en posant avec précision la plante des pieds sur le milieu des échelons. Dès qu’on perd l’équilibre , on tourne sous l’échelle. Il est alors fort difficile de se remettre dans la position où Ton était avant de tourner.

ixe. Exercice. — Passer par le trou du chat,

La figure 3s de la table 6 représente la descente a la partie diagonale , la tête la première. Ici tout le corps e§£ immédiatement collé sur l’échelle. C’est à l’aide des mains que l’on avance. Pour descendre comme le représente la fig. 33 , tab. 6 , il faut beaucoup de force pl beaucoup d’assurance.

x\ Exercice. — Descendre , fixé par les coude-

L’élève , placé sous le premier échelon de la partie diagonale , fait l’ascension de cette partie sans l’aide des pieds. Arrivé au sommet de l’échelle, il lui tourne le dos de la manière suivante. Les deux mains posées sur le troisième échelon , en comptant par en haut, la droite s’approche de la gauche autant que possible , retient tout le poids du corps , tandis que la gauche, lâchant prise , passe sous la droite , les ongles tournés du côté de la figure : cette main à son tour soutient le poids du corps , tandis que l’autre vient se placer à côté , de façon que l’élève a fait un tour entier. Dans cette position , il plie les reins , lève les pieds en l’air, jusqu’à ce cju’il ait atteint le dernier échelon , où il se fixe avec le coude-pied. ( tab. 6 , fig. 34- ) Ainsi placé , il essaie de descendre , en exécutant le changement de mains et de pieds comme dans les exercices précédées. S il est fatigué la première fois dans sa course, il peut, pour se reposer, passer une jambe à travers un échelon , pour s’y fixer par les jarrets; il faut faire la même chose avec les bras.

Exercice. — - Grimper ci Ici partie uijeiieuse , tes pieds les premiers ,

Monter à rebours à la partie diagonale , les pieds les premiers , est une variation de nos exercices précédons» La position est absolument la même qu’au dernier. ( V. tab. 6 , fig. 34. ) Mais , au lieu de descendre , 011

monte avec les pieds.

LE TRAINEAU,

C est celui de mes instrumens qui contribue le plus a fortifier toutes les parties du corps. Après les chevaux, c est lui qui procure le plus de plaisir à mes élèves. ( J7\ tab. i, fig. 8.) Le traîneau est fixé sur. deux cordes parallèles , au moyen de trois roulettes de chaque côté, deux qui font rouler le traîneau sur la corde , et une troisième qui n’est là que pour empêcher, sans ralentir sa marche, que le traîneau ne sorte de ses points d appui , et n occasione des chutes. Ces cordes ont depuis soixante-quinze jusqu’à quatre-vingts pieds de longueur. L’extrémité supérieure est fixée à dixhuit pieds perpendiculaires, Fextrémité inférieure à trois pieds de terre. Un crochet de fer, qui se trouve dans la muraille à Fan des angles du local, reçoit 1 anneau d une poulie qui sert à tendre les cordes du traîneau.

Tous les exercices, avec cet instrumen t, consistent à se pousser ou à se tirer aussi haut que l’on peut sur la pente que présentent les deux cordes parallèles , à arrêter le traîneau au moyen de la pointe des pieds , ensuite à se laisser glisser jusqu’au bas, où un sac rempli de paille, placé contre un cadre garni de sangles , rend nul le choc que l’on éprouve à la fin de sa course. Il faut bien se garder pendant que Fou descend avec le traîneau, de toucher les cordes avec les mains ni les pieds. La tab. 6, fig. 35, met sous les yeux du lecteur la position que 1 on a dans le premier exercice où les mains, les bras, les reins et les jarrets opèrent Fascension , et. mettent co mouvement plusieurs muscles qui étaient 4

tij

pour ainsi dire , restés neutres dans nos exercices pi excédons. Quand l’élève est fatigué, ouqu’il veut s’arrêter en montant , il passe la pointe des pieds dessous les deux cordes , contre lesquelles il s appuie fortement , roidit les jarrets , et penclie le corps en arrière. (Z7. tab.

6 , fig. 36 ) , ou bien comme à la figure 38 de la meme table , qui représente l’élève couché de manière que la nuque et les pieds empêchent le traîneau de bouger. On peut aussi arrêter le traîneau étant assis *, mais il faut avoir beaucoup de force dans les jarrets et dans la pointe des pieds , pour le tenir immobile à une certaine hauteur. La figure 3; de la table 6 représente le second exercice. Il est prudent de ne jamais lâcher le traîneau avant d’être assis, et en parfait équilibre. Dans le troisième exercice , il s’agit de monter avec le traîneau dans la position que présente la figure 3g de la table 6; ensuite, de s’asseoir et de se laisser glisser. Cet exercice est plus difficile que les précédens. Je couseille aussi à l’instructeur de ne le permettre qu’aux jeunes gens exercés à sauter en profondeur, car il airive souvent qu’au moment où l’on veut s’asseoir , le traîneau s’échappe, et l’élève se trouve alors suspendu à douze et quelquefois quinze pieds perpendiculaires. Le jeune liomme aguerri saute à terre , ou descend aux cordes parallèles , qui nous servent pour essayer plusieurs exercices simples ou compliqués.

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