‹ H. TaineChapitre 11 sur 160 · A M. HATZFELD · texte numérisé non relu

A M. HATZFELD

Paris, 15 août 18 i7 Monsieur,

Vous savez probablement aujourd'hui que j'ai eu le prix d'honneur au Concours général. Je n'ai pu vous en informer d'avance. Je ne l'ai appris moi-même que le mercredi soir, et, quand je vous aurais écrit à l'instant même, vous l'auriez su par les journaux avant de le savoir par ma lettre. J'ai eu de plus trois accessits au concours et tous les premiers prix au collège.

Tous ces heureux succès, je vous les dois et je vous en remercie. Sans vous je n'aurais jamais eu ni ordre, ni clarté, ni méthode. On me disait au collège: soyez clair, régulier, méthodique; vous seul, vous ne vous en êtes point tenu aux paroles, vous m'avez donné les moyens. Si je réussis plus tard, ce sera grâce à vos leçons, car vous m'avez appris à travailler et à conduire mon esprit et vous me serez utile dans l'avenir autant que dans le présent.

Je vais mettre à profit les conseils que vous m'avez laissés pour ces vacances. J'ai Descartes en main et je viens de recevoir dans mes prix de collège le Cours de

Droit naturel de M. Jouffroy. L'an prochain, nous nous retrouverons, je l'espère ; je crois pouvoir vous promettre un grand goût pour la philosophie et peut-être un peu d'aptitude : si je ne me trompe, il me semble que j'ai toujours eu assez de facilité à comprendre les choses abstraites et à trouver les généralités. Peut-être est-ce le propre d'un esprit sérieux et froid d'aimer les spéculations de la philosophie. Du moins, je me souviens que l'an dernier j'étais fort heureux d'écouter vos leçons.

Recevez encore une fois. Monsieur, mes remerciements ; si pour s'acquitter envers quelqu'un il suffit de sentir vivement ses services et sa bienveillance, je suis quitte envers vous.

AU MEME

Paris, 7 octobre 1847 Monsieur,

Nous espérions vous trouver aujourd'hui jeudi à la pension, selon votre habitude, sinon pour nous donner une leçon, du moins pour fixer les heures et les jours de nos conférences. M. Lemeignan* vous prie de venir samedi ou lundi, comme il vous plaira, pour vous entendre avec lui et avec nous. Pour moi en particulier, je désire plus que jamais votre présence. M. Jourdain -

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