‹ H. TaineChapitre 37 sur 160 · Par Washinglon Irviiig · texte numérisé non relu

Par Washinglon Irviiig

2. Gréard, ibid., p. 150, 18 avril : « La philosophie qui fait ton repos, ne saurait faire le mien, tant je suis déjà mêlé aux choses de ce monde et engagé avant dans la vie..,. Nos opinions dillorent et nous nous brûlons nos Dieux l'un à l'autre. Philosophe, quelle main peux-tu me tendre sans dire : Voih'i un matérialiste socialiste? Quelle main puis-je to tendri» sans dire : Voilà un rêveur".' »

l'action qui t'empêche d'étudier et de chercher une lumière? N'est-il pas déjà aveugle, celui qui nie le besoin de la lumière?

Quel malheur! Et combien j'en suis peiné! Que de choses perdues! Plus je relis tes lettres, plus je m'attriste ; j'y vois l'âme la plus ardente, le cœur le plus généreux et le plus dévoué, les dons de l'esprit, de la logique, du style, tout ce qui fait l'homme le plus aimable, le plus estimable, le plus capable. A quoi bon tout cela? A faire ton malheur. Regarde, mon ami, combien tu es d(\jà malheureux; combien cette ardeur pour l'action, cette sensualité de désirs, cette fougue irréfléchie qui erre de tous côtés, ne sachant où se prendre et cherchant à se fixer, combien tout cela affaiblit ton corps, ta volonté et ta pensée. ïu ne peux pas espérer le bonheur de cet ami dont tu me parles; tu étais son maître; tu as été au fond du scepticisme avec moi; nous en avons rapporté une goutte de liqueur empoisonnée, qui flétrira toutes nos croyances, et ne pourra trouver son remède que dans la science absolue. Tu ne veux pas du remède ; eh bien ! je te jure que la maladie te suivra, et que tu auras beau t'étourdir, elle te prendra cà la gorge au milieu de tes efforts les plus passionnés pour le service de tes opinions chéries. Ne te souviens-tu pas que nous avons poussé le doute jusqu'aux extrêmes limiles, que nous avons tout nié, patrie, devoir, pensée, bonheur, et que nous avons triomphé dans la destruction*? Ce n'est pas nnpunément qu'on prend

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