‹ H. TaineChapitre 51 sur 160 · MM. Taine, Cambier, E. de Suckau · texte numérisé non relu

MM. Taine, Cambier, E. de Suckau

cause de l'Erreur; l'origine de l'idée et du principe de la Substance; de la notion de l'Absolu; de la Liberté; sur le traité des Sensations de Condillac; de l'idée du Temps; la doctrine morale d'Helvétius * ; la doctrine psychologique d'Adam Smith; la morale des Stoïciens; la République de Platon; la morale d'Aristote ; de la Mémoire; de l'Acte de conscience dans l'observation psychologique ; de la Perception extérieure. — Pour lui-même il analysait et discutait les doctrines contenues dans les Méditations de Descartes-. Reid'^, Maine de Riran*, Cousin^, Locke 6, Leibnitz', Racon", Kant^ (Critique de la raison pure), la philosophie de Montaigne*^, les seconds Analytiques d'Aristote**, la Connaissance de Dieu et de soi-même de Rossuet*^, le Sophiste (ou de l'Être) dans Plalon.

Entln il faisait, selon l'usage, au lycée Ronaparte, dans la classe de philosophie, un mois de cours sur la Théodicée. Quoiqu'il ait plus tard inscrit en plaisantant sur la couverture « Théodicée à grand orchestre », il n'en avait pas moins préparé avec grand soin le plan des 15 leçons qu'il eut à professer.

Ces travaux le classaient hors pair aux yeux de ses camarades et de ses maîtres; les notes *3 trimestrielles de ses professeurs témoignaient hautement de leur approbation. (( M. Taine est un esprit distingué qui tôt ou tard fera honneur à l'École par des publications d'un ordre séi'ieux », écrivait M. Jules Simon à la fin du dernier trimestre de la

1. Voir page 114, note 5. — 2. 52 pages grand format. 5. 78 pages grand format. Voir p. 200, lettre à M. Garnier. 4. 14 pages grand format. — 5. 8 pages grand format. 0. 94 pages petit format. — 7. 35 pages petit format. 8. 18 pages petit format. — 9. 83 pages petit format. 10. 22 pages petit format. — 11. 45 pages grand format. 12. 25 pages petit format : la leçon du concours d'agrégation fut précisément sur ce sujet. Voir p. 125. 15. Voir les textes complets de ces notes dans le livre de M. Monod, ib., [). 00.

troisième année, a son travail de toute l'année a é(é opiniâtre.... ses progrès ont été considérables*.... M. Taine dans sa tenue et sa conduite sera partout irréprochable. 11 aura de l'autorité sur ses élèves, il a dès à présent un véritable talent d'exposition. )) La note de M. Saisset portait : ({ M. Taine a déployé dans les expositions orales un esprit net, souple, fertile en ressources, parfaitement doué jiour l'enseignement. Dans l'épreuve des disserlations écrites, M. Taine est encore au premier rang par le nombre et le mérite de ses travaux.... Son défaut principal est un goût excessif pour l'abstraction. M. Taine a besoin d'être encouiagé et tenu en bride. Il est l'espoir du prochain concours.... » Enfin M. Vacherot portait sur lui dès l'année précédente 2 le jugement suivant qui fait autant d'honneur à la perspicacité du maître qu'aux mérites de l'élève :

(( L'élève le plus laborieux, le plus distingué que j'aie connu à l'École. Instruction prodigieuse pour son âge. Ardeur et avidité de connaissances dont je n'ai pas vu d'exemple. Esprit remarquable parla rapidité de conception, la finesse, la subtilité, la force de la pensée. Seulement comprend, conçoit, juge et formule trop vite. Aime trop les formules et les définitions auxquelles il sacrifie trop souvent la réalité, sans s'en douter il est vrai, car il est d'une parfaite sincérité. Taine sera un professeur très distingué, mais de l)lus et surtout un savant de premier ordre, si sa santé lui permet de fournir une longue carrière. Avec une grande douceur de caractère et des formes très aimables, une fermeté d'esprit indomptable, au point que personne n'exeice d'influen:^e sur sa pensée. Du reste, il n'est pas de ce monde. La devise de Spinoza sera la sienne : Vivre pour

1. M. Simon écrivait déjà à la fin du second trimestre : « Taine ma véritablement comblé de joie en renonçant à ses prédilections pour des méthodes que je condamne. »

2. M. Vacherot ne put rédiger les notes du dernier trimestre de 1851 ; il fut mis en disponibihtc le 29 juin.

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penser. Conduite, Icnuc excellentes. Quant à la moralité, je crois cette nature d'élite et d'exception étrangère à toute autre passion que celle du vrai. Cet élève est le premier à une grande distance dans toutes les conférences et dans tous les examens. »

A tant d'efTorts et à tant de mérites incontestés, semblait promis un éclatant succès. Il n'en fut rien, on le sait, et lorsque Ilippolyte Taine se présenta en 1851 à l'agrégation de philosophie, il fut refusé. Le jury, présidé par M. Portails*, se composait de MM. Bénard^, Franck'^, Garnier*, Gibon^ et l'abbé Noirot^. Sa décision plongea dans la stupeur les maîtres et les camarades du candidat malheureux. Nous leur laisserons raconter eux-mêmes cet épisode qui marqua si tristement les débuts de sa carrière.

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