Dans Houge et Noir
dbyGoogk
ne les saisit pas, doil-on blAmer l'auteur? H est artiste et non cicérone, ne demandez pas à un écrivain d'être commentateur. Un seul exemple : Chapitre 46; Julien imite le parler créole : « Ah ! que cet homme est digne de mon amour, pensa Mathilde. » Mettez là une explication et tout languira. Ce récit nu, cette absence perpétuelle de Fauteur, donne au style une force et une rapidité incroyables. Chaque mot porte coup et les coups tombent comme la grêle. Je conclus que pour donner de la clarté, il faudrait ôter au caractère de Julien sa profondeur et son originalité, ou ajouter des dissertations au sujet, bref gâter les idées ou la forme. J*aime mieux me condamner à relire l'ouvrage deux fois.
Encore un mot : une preuve qu'il a songé à la clarté, c'est sa réponse à Balzac à la fin de la Chartreuse, H parle des obscurités du style de Madame Sand, etc., et ajoute : « Si je ne suis pas clair, tout mon monde est anéanti. »
Je suis bien entêté, n'est-ce pas? mais j'ai lu les romans soixante à quatre-vingts fois chacun et je les relis. Prenons un arbitre. Cet arbitre sera vous-même, mais quand vous aurez lu le livre trois fois.
Je serre la main à notre ami le maçon*. Ne lui dites pas que je suis si fort épris de Beyle. Il dirait que j'ai sucé le venin du xix<^ t^iècle; c'est son mot sur moi ; dites-lui, pour m'excuser, que je lis en ce moment