Voir page 216, lettre du 18 octobre
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extrême bienveillance, s'entremit en sa faveur; mais les préventions contre ses doctrines le firent échouer cette fois encore*.
Enfin, en mars 1863, les amis zélés qui l'entouraient réussirent à le faire nommer examinateur d'admission à l'École militaire de Saint-Cyr*. Cette situation avait le grand avantage de n'occuper M. Taine que trois mois par an et, par l'obligation des tournées d'examen à travers la France, elle le forçait à suspendre pendant l'été l'épuisant travail auquel il s'était assujetti. Il entra en fonction au mois de juillet, mais dès le mois d'avril, il s'était préparé à sa tâche: « Je rentre de ma commission de Saint-Cyr pour faire un thème », écrivait-il le 27 avril. « Je ne sors pas de l'allemand, soir et matin. Le progrès est visible, je lis couramment Mommsen; mais j'aurai aussi à repasser l'histoire... »
Quelques semaines après la nomination de M. Taine, Mgr Dupanloup, évêque d'Orléans, publia son avertissement à la jeunesse et aux pères de famille^ attaque violente contre les doctrines de MM. Littré, Maury, Renan et Taine. Le Journal des Débats prit leur défense dans deux réphques parues au mois d'avril, répliques à la rédaction desquelles les auteurs incriminés n'étaient pas étrangers. Cet incident fit beaucoup de bruit en son temps et fut la source de cor-
1. La lutte fut chaude et les rancunes anciennes se donnèrent carrière : nous lisons dans les lettres de M. Taine à M. llavel :
« J'ai eu deux voix sur cinq, celles de M. Duruy et de M. Favé. — « A l'unanimité, dit la note qu'on m'envoie, on a reconnu que voire notoriété et votre valeur liltérairc étaient supérieures à celles des deux autres »... « Toutes les armes dont on se sert contre moi ne sont pas loyales. Un article de V Union a déclaré que ma présence à l'École effaroucherait les familles ».... a M. B. que j'ai vu a été réservé, mais bienveillant, grâce à vous je suppose. Il m'a demandé franchement si mes opinions philosoplvques étaient compatibles avec un enseignement public. Vous voyez la belle réputation qu'on me fait.... t