Voir ce plan à l'appendice I, p
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nouvelles et un cadre modifié, le livre qu'il considéra tjoujonrs comme son œuvre principale et le but suprême de sa vitî : V Intelligence.
hèjkf en 1855, ce labeur démesuré des années de jeunessf^ ' commençait à épuiser les forces d'Hippolyte Taine ; dans le courant d'octobre, il fut atteint d'une laryngite granuleuse dont il souffrit pendant plusieurs années. Malade, presque aphone, il dut s'enfermer dans sa petite chambre soHtaire, ne sortant que pour donner les quelques Ipçons indispensables à l'équilibre de son modeste budget, clj co qui lui était plus cruel que tout le reste, il se vit forcé de limiter ses heures de travail et de lectures. Il acceptait ces épreuves avec sa résignation habituelle et écrivait à sa mère \ii f janvier 1854 : « Personne n'est heureux: mais quand on n'a pas de pertes de cœur, de misères d'argent, de blessures d'hûiJiieur, il faut supporter la vie. » Pendant qu'il subissait cette atteinte à sa santé, les difficultés de sa carrière ne sernl)! aient pas s'aplanir. Les leçons étaient rares; il avait dû renoncer au cours qu'il faisait à l'institution Jauffret*, par suite d'exigences administratives : défense était faite aux lïrofcsseurs de l'Université de donner des leçons dans les pensions privées; le ministre de l'Instruction publique, M. Fdrtoul, dans une audience personnelle du 17 janvier 1854, lui fit espérer comme compensation à ce sacrifice un hailiMncnt de disponibilité qui ne fut jamais accordé. — Ilippulyte Taine voulut alors faire argent de sa plume et HUfriJjtîr à quelques travaux alimentaires une partie de ses forces intellectuelles; mais partout la place était prise s, et c'est en 1855 seulement que ses relations avec la librairie
l. Voir t. I, passim.
'i. Voir p. 22 et suivantes les lettres du 3 décembre 1853, 25 et 5(1 jiinvier 1854.
j. Voir p. 49, lettre du 21 mai 1854.
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Hachette lui ouvrirent rentrée de la Revue de Vlnstruction publique, — Le mauvais état de sa santé dura tout l'hiver ^ de i^oA; au printemps, le docteur Guéneau de Mussy, Texcellent médecin de l'École normale resté son ami, lui conseilla vivement d'aller passer ses vacances à Saint- Sauveur, pour soigner sa gorge malade. La dépense était lourde et l'avis difficile à suivre; heureusement, M. Louis Hachette, sur le conseil de M. Jules Simon qui avait entendu parler de ce projet de voyage, voulut bien confier à Ilippolyte Taine la rédaction d'un petit Guide aux Eaux des Pyrénées. Ce fut le début des relations de M. Taine avec la^ librairie Hachette, relations pleines d'affection et d'estime réciproque, ^qui ne furent rompues que par la mort. — Au retour, quand M. Hachette lut le manuscrit de M. Taine, il trouva le mot « Guide » trop modeste pour' une œuvre aussi littéraire, et la première édition parut au mois d*avril 1855 sous le titre de Voyage aux Eaux des Pyrénées^,
Au commencement de 1854, M. Taine présentait son Essai sur Tite-Live au concours de l'Académie Française ; M. Guizot s'en était fait le parrain avec sa bienveillance habituelle, et avait intéressé à la cause du jeune écrivain un certain nombre de ses amis de l'Académie*. — Cette fois encore l'incontestable talent de Fauteur ne put triompher des méfiances qu'inspiraient sa méthode et ses doctrines, et il devait être de nouveau déçu dans ses espérances : le prix ne fut pas décerné, et le concours fut reporté à Tannée suivante. Le rapport du secrétaire perpétuel, M. Villemain, contenait cette mention :
a L'Académie avait proposé pour sujet d'un prix à dé-
i. La 2" édit. in-lG (1858), refondue et récrite presque en entier, porte comme les suivantes le titre de Voyage aux Pyrénées. — En décembre 1859 parut la 3^ édit., in-8**, illustrée par Gustave Doré.