‹ H. Taine: sa vie et sa correspondance (volume 2)Chapitre 90 sur 131 · l/Intel!igoncc · texte numérisé non relu

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sur les raisons qui font empêché de faire Schopenhauer, sur tes lectures, sur ta vie. Prends ton courage à deux mains et écris-moi avant ma venue.

A SAINTE-BEUVE

La Flèche, 14 août i8Gj Mon cher Maître,

M. Charles Robin, Tanatomiste, croit avoir besoin d'une leltre de moi pour vous être présenté, comme s'il avait besoin de quelqu'un pour être présenté à quelqu'un, comme si tout le monde, et vous le premier entre tous, vous ne connaissiez pas ses grands travaux micrographiques, et surtout sa méthode originale, la logique et la portée de ses vues biologiques. Les physiologistes et les anatomistes sont nos maîtres à tous, et la critique morale a pour point de départ la critique physique. Vous, ancien interne, vous l'avez prouvé mieux que personne. Jetez les yeux sur son cours publié cette année dans le journal de Germer Baillèrc, et vous verrez que, pour chercher des modèles d'investigation raisonnée et de classification méthodique, c'est là que tout historien de l'âme doit puiser. Comme Claude Bernard, il dépasse sa spécialité, et c'est chez des spécialistes comme ceux-là que la malheureuse philosophie, livrée aux mains gantées et parfumées d'eau bénite, va trouver des maris capables de lui faire encore des

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I enfants, opération inusitée et scandaleuse en Vrnuce. m En ce moment, cet indécent mari qui depuis vingt ans ' fait in petto des enfants à sa femme, voudrait l'épouser publiquement, officiellement, académiqueraeiiî , hvvï, pour parler sans métaphore, entrer à l'Académie des sciences. MM. Milne-Edwards et de Qualjefyges le trouvent trop parent de M. Littré et tâchent de mettre à sa place M. Lacaze, un homme de leur bord. On lui objecte qu'il est professeur à la Faculté de médecinu, et qu'on le nommera à la prochaine vacance de la section de médecine. On oublie qu'il a travaillé toute sa vie dans l'anatomie et la physiologie générale. Claude Bernard et Joseph Bertrand sont ses champions, et peutêtre pourraient savoir si la princesse veut bien dire un mot dans les élections académiques. Vous êtes plus à même que personne de juger ce qui est o|i]n}iiim et possible. Mais voici encore un de ces cas sonsihJes qui nous touchent au vif. Un homme supérieur dans sn spécialité, un anatomiste qui est en anatomie ce que Littré est en philologie, attaqué parce qu'il fmrle clans sa science des vues philosophiques et qu'il n'a pîis trouvé la petite monade appelée âme, dans un recoin de la substance grise! Qui nous délivrera des Épigones, fils d'Épigones, dont la Sorbonne, le Collège de France, les Académies et les salons sont sanctifiés I Ce sera vous, j'espère; pour cela ménagez-vous, et gardezmoi pour mon retour de tournée ce sourire auquel vous nous avez habitués chez Magny.

H. TAINt. LOKllLSl'U-NDANLE. Il $J,

A EDOUARD DE SUCKAU

Paris, 27 novembre 1865

Depuis que tu m'as quitté, j'ai travaillé d'arrachepied. Je viens justement de finir mon second article qui est trop long, et encore j'ai écourté plusieurs passages. Florence est un monde, ce qu'on peut voir en quinze jours est surprenant. Je vais maintement préparer mon cours, mettre à jour ma correspondance, finir l'article Graindorge * que tu as vu commencé et faire un autre article * sur un romancier du premier mérite, Hector Malot, peu connu, et qui a tant de talent que, sans le connaître, je veux, si je puis, lui rendre service.

Prévost va bien, sa figure est florissante, je l'ai vu. About est à Paris, je vais tâcher de l'avoir à dîner ou à déjeuner. Renan publie le 15 décembre ses Apôtres.

Lis dans la Revue contemporaine une série d'articles de Sainte-Beuve sur Proudhon ', du plus grand intérêt, avec toutes sortes de lettres inédites, etc. Sainte-Beuve n'a rien fait de mieux.

J'ai trouvé un docteur allemand fort ainiable et fort instruit qui traduit ma Philosophie de VArt. On vient

i. Un tête à tête, paru dans la Vie paHsienne -du 9 décembre

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