‹ H. Taine; sa vie et sa correspondance (volume 3)Chapitre 28 sur 140 · La Grèce contemporaine, éditée chez Ilaclietle · texte numérisé non relu

La Grèce contemporaine, éditée chez Ilaclietle

A M. HATZFELD

Paris, 2 juillet 1854 Mon cher Monsieur, je vous demande pardon, j'avoue que j'ai été horriblement paresseux. Le médecin m*a défendu toute espèce de travail; je suis une pauvre machine assez disloquée, et je dois partir dans une quinzaine de jours pour les Eaux. Je n'ai pas le couraf^e de discuter, surtout de loin, par écrit. Une lettre en dit si peu! Enfin, je ne me sens pas capable de mieux m' expliquer que je ne l'ai fait dans la longue épître dont je vous ai assommé*. Je ne sais même si des opinions aussi opposées que la mienne et la vôtre peuvent jamais se rapprocher. Je vous ai cité les écrivains et les paysages qui produisent en moi la sensation à laquelle je reconnais le Beau. Cette sensation est produite en moi, lorsque l'auteur peint son personnage par des traits nombreux et uniquement propres à celui-là. A cette condition seulement j'oublie que j'ai un livre sous les yeux, et je crois voir vivre un homme ; et vous ne pouvez nier que cette condition ne soit dans la nature, puisque tout homme et tout objet possède une multitude de qualités qui lui sont absolument personnelles. D'oii je conclus que Polyeucte, Horace, etc., sont des Idées qui prononcent des Discours, tandis que Coriolan, Hotspur, Othello, beaucoup de personnages de Balzac

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