‹ H. Taine; sa vie et sa correspondance (volume 3)Chapitre 68 sur 140 · Journal des Débats du 23 mars ; non recueilli en volume · texte numérisé non relu

Journal des Débats du 23 mars ; non recueilli en volume

7. Journal des Débats du 2 août; recueilli dans la 2* édition des Essais dr critique et d'histoire, cet article a été supprimé dans les éditions suivantes.

très haut ce genre littéraire ; on connaît sa grande étude sur Balzac et son admiration pour Stendhal. Il semble plutôt avoir pris ce dernier pour modèle dans sa tentative, si nous en jugeons par les huit premiers chapitres d'Etienne Mayran, les seuls qu'il ait achevés *. Ce début est l'histoire d'un écolier pauvre, orpheUn, sans amis, d'une intelligence précoce et d'une sensibilité souffrante; le milieu dans lequel il se meut, pension et lycée, les portraits des maîtres et des élèves, sont des réminiscences personnelles mêlées aux souvenirs de la jeunesse de JuUen Sorel ^. Nous n'avons pas le plan du roman complet; nous savons seulement que le héros, ayant atteint Tâge d'homme, devait, comme Julien, se mêler à la haute société parisienne. M. Taine ne tarda pas, du reste, à abandonner son entreprise, soit qu'il ait voulu réserver toutes ses forces intellectuelles pour la Littérature anglaise, soit qu'il craignît de tomber dans l'autobiographie, si peu conforme à ses habitudes de réserve, soit enfin qu'il se rendît compte de son impuissance. Il a dit bien souvent, en effet, qu'il ne se reconnaissait pas de facultés créatrices, et cette tentative avortée fut peut-être un des fondements de sa conviction.

Il avait conservé de sa jeunesse ' Tusage de s'analyser et de faire en quelque sorte son examen de conscience hlléraire et philosophique; cette habitude satisfaisait la probité de son esprit et ses scrupules scientifiques. Nous avons retrouvé, dans des carnets de 1862, des notes précieuses qu'on lira plus loin*, sur la façon dont il se jugeait lui-même à cette époque de sa vie. — Nous y avons découvert aussi les traces des travaux auxquels il songeait, pour le jour où il aurait achevé l'histoire de la Littérature anglaise : outre

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