‹ H. Taine; sa vie et sa correspondance (volume 3)Chapitre 90 sur 140 · La première édition est in · texte numérisé non relu

La première édition est in

8. Le volume, édité d'abord par Germer Baillière, forme main-

ment de novembre. On peut citer encore parmi les travaux de cette année des études sur Philarète Chastes*, sur La Bruyère «, sur Charles Clément' et sur les Voyages en Espagne* de Mme d'Aulnoy.

Libre de ces travaux et de ses examens, M. Taine put enfin à cette époque reprendre le travail de prédilection qu'il avait dû ajourner avec tant de regrets : r Intelligence, à laquelle il devait consacrer plus de trois années, de 1867 à 1870.

A SA MÈRE

Naples, 21 février 1864 ....Assez vilain temps à Rome, pluvieux et moite, ce qui gâte beaucoup le paysage. — Je t'assure que ce voyage est plutôt contre ma nature : il y a beaucoup de vide, de lassitude physique et morale, de spleen. — Jusqu'ici c'est un pays de gueux sales et de flibustiers

tenant la seconde partie de la Philosophie de VArt. Les leçons qui le composent avaient d'abord paru dans la Revtie des cours littéraires : — 1, 13 janvier, le xvi' siècle italien : État des esprits en Italie au commencement du xvi" siècle : — II, 26 mai: Philosophie de VArt en Italie,

1. Journal des Débats^ 27 mai. Philarète Chasles : Études con^ temporaines. Non recueilli en volume.

2. Id., 30 octobre. Edouard Foumier: la Comédie de Jean de la Bruyère. Non recueilli.

3. Id.f 11 novembre. Charles Clément : Michel-Ange, Léonard de Vinci f Raphaël. Non recueilli.

4. Id. 16 et 18 novembre. Recueillis pour la première fois dans la 3» édition des Essais de Critique et d'histoire ; cette étude fait partie maintenant de l'édition définitive des Derniers Essais.

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tenaces; le soleil manque et le soleil seul peut réparer

tout cela.

Je suis resté un jour de plus à Rome que je n'avais pensé, à cause des passeports. J'ai trouvé deux artistes pour qui j*avais des lettres de recommandation, M. Bellay et M. Coquard; le premier m'a fait les honneurs de Rome. J'en ai eu conune un aperçu dans ces trois jours. Je vais y revenir au commencement du mois prochain et étudier. — Étudier est le mot propre, j'ai déjà acheté quelques livres. Pour jouir, j*ai de trop mauvais yeux, et une imagination empressée qui déflore tout d'avance. Je t'avouerai par exemple que j'ai trouvé les choses plus belles dans les gravures que dans la réalité.

Ce qui est fâcheux, c'est que, sauf la tiédeur de l'air, le temps est aussi mauvais qu'à Paris. Je n'ai encore eu qu'un jour de beau ciel. Cette nuit il a venté si horriblement que les carreaux tombaient. Hier, de Rome à Naples, il a plu les trois quarts du temps. On aperçoit une campagne qui doit être bien belle en été, mais qui maintenant, dépouillée, sous des nuages mornes, semble un squelette.

Cependant, je ne crois pas avoir mal fait de partir; j'avais besoin de me secouer, je devenais malade. Probablement, je resterai en Italie moins de temps que je ne croyais : si cette pluie et ces vents continuent, il n'y a pas d'excursions possibles et je ne puis faire qu'un voyage de travail. — Or j'aurais besoin, avant de reprendre le collier, de me mettre au vert.

A SA MERE

Rome, 7 mars 1864

...Aie la bonté de m'acheter au bureau de la Nation le numéro du 22 février et au bureau du Pays le numéro du dimanche où est l'article de M. Barbey d'Aurevilly*. Je te prie de m acheter ainsi tous les articles qui te seront signalés comme importants; garde la lettre de Madame de Witt et mets-la dans l'exemplaire de mon livre qui est dans ma bibliothèque : cela me servira pour une réimpression.

J'ai passé environ douze jours à Naples, accueilli malgré moi par M. Marc Monnier* avec l'hospitalité la plus hbérale et la plus attentive- Je suis parti de Naples le mercredi, et je me suis arrêté un jour au couvent du mont Cassin; j'avais une lettre de Renan pour l'abbé, Dom Tosti, qui a été fort aimable; c'est le meilleur jour de mon voyage; l'abbaye est sur une montagne, on met une heure pour y monter à âne; et le matin, en ouvrant mes fenêtres, j'ai vu le soleil se lever sur un amphithéâtre de montagnes. Les plus belles œuvres d'art ne me touchent pas à beaucoup prés autant que les spectacles naturels.

Enfin me voici de nouveau à Rome, cette fois par un meilleur temps. On se dirait au commencement de mai en France. Je suis logé Piazza Barberini, à côté d'un

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