CHAPITRE II
Poitiers. — Correspondance.
A SA MÈRE Poitiers, 6, rue des Carmélites, 17 avril 1852
Je touche ici 2000 francs, plus 2 ou 300 francs pour une conférence de baccalauréat. Je suis installé d'hier soir dans une fort belle chambre, un peu loin du collège, il est vrai. Tu vois que j'ai gagné au change.
J*ai trouvé ici un de mes anciens amis de Bourbon, ingénieur au télégraphe, M. Emile Saigey. Il est spirituel et aimable et je m'ennuierai moins qu'à Nevers.
Les concours d'agrégation annoncés pour le 20 août ne s'ouvriront pas*. Le décret du ministre porte qu'on en fixera plus tard l'époque, ce qui m'ennuie, car alors ils se feront suivant la nouvelle ordonnance qui exige vingt-cinq ans, cinq ans de service, etc., choses que je n'ai pas. Je vais consulter le recteur, et, dans tous les cas, je vais travailler vigoureusement à mes thèses, demander l'approbation des examinateurs de Paris, tâcher d'être docteur. Ce sera une recommandation aussi bonne que celle d'agrégé.