A M. ADOLPHE GARNIER
Poitiers, 7 juin 1852
Monsieur,
Monsieur le Doyen de la Faculté, en m'envoyant voire lettre*, me fait supposer et espérer que mes thèses seront remises à votre examen. Permettez-moi de lès juslifier de quelques-uns de vos reproches : un malade ne peut mieux plaider sa cause que devant son médecin.
Vous approuvez les sujets; j'ose dire que dès lors vous devez excuser les conclusions. On ne peut traiter une question rebattue qu'en apportant des solutions nouvelles, et des idées nouvelles contredisent nécessairement celles qui les ont précédées. Le choix de mes sujets entraînait donc la témérité de mes conclusions; j'avais d'ailleurs Leibnitz pour m 'appuyer, et le règlement du doctorat, en demandant que les thèses ajoutassent quelque chose à la science, semblait autoriser mes innovations.
Je n'ai point à parler ici de mes preuves ; elles sont dans mes thèses; ni du soin que j'ai mis à ces recherches; mon travail lui-même en fera foi. Vous m'engagez à reUre Reid ; j'ai été élevé dans ses doctrines, et, l'an dernier encore, je l'ai analysé tout entier de ma main^
Je dois seulement me défendre contre les reproches généraux, et les accusations de tendance; non, monsieur, je ne suis ni sceptique, ni matérialiste, non plus qu'Aristole, non plus que Leibnitz, qui ont été les guides de mes
1. Voir, p. 249, la lettre de M. Garnicr adressée à M. Victor Le Clerc.