Le sujet était : le Prince Jérôme Bonaparte
2. Hemardinquer (Mathias), né en 1822, élève de l'École nor* ma^e en 1842, mort professeur de rhétorique à Nancy, en 1875.
3. M. de Scckau devait passer ses vacances en Ecosse ou ea Dretagne.
chambre, ou au théâtre? Ce sera charmant, et je vous embrasse d^avance.
Je vais être dans les ennuis des emballages. Autre amusement du professeur nomade et que tu ne connais pas. — Que décide Crouslé?
M. Simon ne sait pas le moi étendu, il ne connaît que vaguement mes conclusions. Je lui écris de temps en temps. Ne lui donne pas mes thèses. — Garde-les pour me les rendre dans quinze jours.
Ce pauvre M. Vacherot qui est à sec 1
Amitiés, et merci encore une fois.
A MADEMOISELLE SOPHIE TAINE
Poitiers, 10 août 1852
Je vais revoir un instant le monde et vous apporter Tair de Paris. Il se passe dans le monde les comédies les plus plaisantes : un élève de TÉcole d* Athènes s*est mis à faire un trou au pied d'une colline, y a trouvé deux ou trois vieilles caves, plusieurs pierres sales sur lesquelles on distingue, à grand renfort de lunettes, trois ou quatre lettres illisibles, puis, derrière, un pan de mur pourri. — Aussitôt, trompettes, tambours et cymbales ; le Journal de [Instruction publique^ Y Académie des Inscriptions, le Moniteur élèvent aux nues le jeune helléniste, le patient investigateur des ferrailles et pots cassés antiques, et le roi de Grèce décore d*un ordre quelconque notre heureuse taupe universitaire. Voilà un
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homme illustre. La Chartreuse de Parme m'en a donné la raison. Il y a science et science, la dangereuse, Timportante, la scientifique qu'on met au fond du puits, qu'on envoie à Gayenne, ou qu'on relègue dans une mansarde au quartier Saint-Jacques ; TinolTensive, la vertueuse, la patentée, qu'on méprise tout bas, qu'on admire tout haut et qui donne aux princes, dans les abrégés historiques du président Hénault, le nom de protecteurs des Lettres, etc. a D'habiles gens conviennent entre eux qu'ils savent et doivent enseigner le mexicains et Ernest lY donne 4000 francs de pension et la croix de son ordre au père Rari qui a restauré dix-sept vers d'un dithyrambe grec. » Notre Ernest IV destitue M. Vacherot et vient en outre de lui ôter son traitement de disponibilité. Axiome plus vrai que ceux des géomètres : le seul moyen de réussir dans le monde, c'est de ne pas le mériter. Heureusement, on s'en passe ; les livres et les morts ont plus d'esprit que les vivants, on rêve ou on travaille dans sa chambre avec un bonheur charmant, après quoi on va vous retrouver aux Ardennes.
Ma thèse défunte a été recueillie à Paris* par les mains pieuses de mes amis, lesquels amis m'ont envoyé un hymne d'éloges, disant qu'il y avait là un livre, et qu'il fallait l'imprimer. Ce que je me garderai bien de faire avant dix ans d'ici ; j'attendrai d'abord qu'il y en ait sur mon bureau une douzaine de pareilles dont le
i. Stendhal) La Chartreuse de Panne, ch. VIII. 2. Voir p. 297, lettre à Prévost-Paradol.
total fera un bouquin respectable ; j*ai du plomb dans ma carnassière, mais je ne Téparpillerai pas grain par grain ; j*en amasse de tous côtés pour faire une belle charge de mitraille, et alors, je tâcherai de mon mieux d*en éclabousser la figure de la vérité officielle. Es attendant,
(( Le soin de mon troupeau m'occupe tout entier, »
comme chantaient nos grand*mères :
« Et du méchant Tabord contagieux N'altère point mon innocence. »
Ah ! que de saletés et de platitudes consacrées ai-je vues depuis deux ans! Cela serait désolant, si ce)a n'était ridicule. — Aussi j'en ris et mon vrai souci est pour
Vouziers.
£t vogue la nacelle
Qui porte mes amours!
Voilà ce que je me répète intérieurement. Voguet-elle? M. le professeur, comme vous voyez, a la mémoire ornée de bouts de cantiques, chansons, complaintes, comme un virtuose du Pont-Neuf. Qui sait? Ma. destinée est peut-être d*y être campé un jour. Comment? En statue de marbre, président de la République? ou bien aveugle, armé d'une clarinette, d'une sébile et d'un chien ? Lequel vaut mieux ? Un honnête homme peut hésiter aujourd'hui.