‹ H. Taine; sa vie et sa correspondance (volume 4)Chapitre 7 sur 162 · Voir p. 143, lettre du 29 octobre · texte numérisé non relu

Voir p. 143, lettre du 29 octobre

L'ENFANCE ET 1 ÉDUCATION il

sérieuse de la Restauration. Ses oncles lui avaient en outre

fait présent vers cette époque des œuvres de Washington

Irving* en anglais, et des deux gros volumes des Voyages

deDumontd*Urviîle^ : ils sont toujours dans sa bibliothèque;

il les lisait et relisait sans cesse, il traduisait des récits de

Washington Irving, et, quarante ans plus tard, il parlait

encore avec joie de cette ouverture sur le plus vaste monde

que les conversations de son oncle d'Amérique lui avaient

déjà fait entrevoir. — Il a toujours conservé un bon souvenir

de cette période de son enfance et de ses congés chez sa

grand'mère. Le dimanche, on ne lui faisait grâce ni de la

grand'messe ni des vêpres, et les sermons paraissaient

bien longs au petit écolier avide de liberté; mais, au retour,

il y avait les chatteries dominicales, les tourtes de la vieille

servante et surtout les bonnes heures de lecture où Ton

pouvait se déJecter silencieusement avec les Mille et une

Nuits ou Rip van Winckle^, Il écrivait treize ans plus tard

au retour d'une visite à ses parentes :

(( Je suis content d'avoir passé un jour à Rethel : ce sont des mœurs antiques, mais elles me plaisent, parce qu'elles sont naturelles et que rien n'y manque. Ensuite, ce sont des personnes très bonnes et je trouve au fond de moi-même quelque chose de Rethelois, l'esprit de famille. »

M. Tame père ayant succombé pendant les vacances de 1840 au mal qui le minait, M. Adolphe Bezaftson décida sa sœur à chercher un mode d'instruction moms imparfait et plus approprié à la précoce intelligence du jeune Hippo-

i. Irving (Washington), né à New-York en 1783, mort à Terry- Town (E. U.) en 1859, auteur de Bracebridge Hall, Taies of a traveller. Taies of the AUiambra, etc.

2. Voyages pittoresques autour du monde, publiés en 1831 sous la direction du capitaine (depuis c<intre-amiral) Dûment d'Urville, né en 1790, tué en 1842, à Meudin, dans l'accident du chemin de fer de Versailles.

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