‹ Habitant de la planète MarsChapitre 13 sur 34 · LA VIE DANS LES ASTRES · texte numérisé non relu

LA VIE DANS LES ASTRES

Soleil. — Inhabité encore.

Mercure. — Habité, êtres inférieurs, ho- ' mologues des espèces futures terrestres.

Vénus. — Habitée; êtres complètement analogues à ceux de la Terre; faune et flore correspondantes.

Lu Terre. — Habitée depuis longtemps déjà et le sera longtemps encore.

La Lune. — Plus habitée; l’a été.

Mars. — Habité; êtres analogues à ceux de la Terre, plus petits et inférieurs; homologues, il y a longtemps déjà, des espèces terrestres, maintenant habité par des êtres

UN HABITANT

correspondant dans l’échelle organique aux futurs habitants de la Terre.

Jupiter . — Non habité encore. Satellites habités.

Saturne . — Êtres inférieurs, Satellites peut-être encore habités.

Neptune . — Habité sans doute par des êtres inférieurs.

Uranus. — Organismes rudimentaires.

Il suffit, messieurs, de parcourir ce résumé pour se convaincre que l’homme interplanétaire, s’il a bien réellement une origine ultra-terrestre, ne peut provenir, d’après ce qui précède, que de la planète Vénus ou de la planète Mars.

Tous les géologues seront sans doute de mon avis, lorsque je dirai pour ma part que je n’hésite pas entre les deux hypothèses, et que j’opte pour Mars.

Vénus et la Terre se suivent degré par degré ou à peu près: or, l’homme ne devait pas exister sur Terre quand l’aérolithe y est

tombé, puisque l'apparition de l'espèce humaine sur notre globe est postérieure au dépôt qui recouvrait la bolide : donc, le type analogue ne devait pas exister davantage dans Vénus.

Au contraire, il ressort de ce qui précède que l'homologue de l'espèce humaine terrestre dans Mars a dû faire son apparition à une époque beaucoup antérieure à la nôtre :

il n’y a donc rien d'étonnant à la rencontrer dans une couche géologiquement ancienne. Enfin, si, ce qu’il est bien permis de supposer, les dimensions des organismes dans chaque monde sont proportionnelles à leurs volumes, la petitesse relative de la momie lui donne pour origine Mars.

On voit donc qu'en définitive la théorie s'accorde très-bien avec les images grossières $le notre système solaire figurées sur la plaque trouvée dans Taérolithe. La première idée, quand on voit Mars, dont le volume est plus petit que celui des planètes environnantes, dessiné plus gros; lorsque

UN HABITANT

Ton voit, à côté et à peu près avec les distances qui les séparent, le Soleil, Mercure, Vénus, la Terre, la première idée qui vient à l’esprit est assurément de rapporter cette représentation grossière à des êtres habitant Mars.

Sous ce rapport, j’admets donc très-bien les conjectures de MM. Paxton et Davis.

Comme de plus les considérations les plus éloignées de ce point de départ nous ramènent par une autre route aux mêmes conclusions, je ne puis m'empêcher de signaler à toute l’attention de l’assemblée ces frappantes coïncidences : il y a là un argument sérieux en faveur de l’hypothèse de la chute d’un véritable habitant de la planète Mars.

Telle est, messieurs, la thèse que je voulais développer et que je vous remercie d’avoir écoutée avec autant d’indulgence.

m. steck. Monsieur le président, je demande la permission de faire observer à M. Greenwigh qu’il a oublié la Lune.

L’être momifié qui a été découvert ici,

dit-on, ne peut tomber que de Mars ou de Vénus : mais, d’après les vues mêmes de M. le vice-président, pourquoi pas, s’il vous plaît, de notre satellite? M. Greenwight a écarté la Lune de la question, un peu trop vite et un peu trop lestement, ce me semble. La Lune est très en avance sur la Terre : donc, avant l’apparition de l’homme sur notre planète, bien avant, l’espèce humaine lunaire devait exister. La Lune est tout près de nous : donc tout

aussi bien et même mieux que de Mars un

habitant lunaire a pu tomber sur notre globe aux premières époques géologiques.

m. greenwight. M. Steck me rappelle en effet que j’aurais dû citer la Lune ; je vais réparer mon impolitesse envers notre satellite. Je nepertsepas que la momie soit d’origine lunaire, n’en déplaise à M. Steck, et voici pourquoi.

D’abord, si nous mettons de côté pour un instant les notions de distance, il n’y a plus

UN HABITANT

de raisons particulières pour admettre que l homme interplanétaire vienne de notre sa-

tellite plutôt que d'un autre.

Beaucoup de satellites en avance sur nous ont dû avoir des homologues de l'espèce humaine pendant les époques géologiques terrestres. Nous n’aurons plus que l’embarras du choix.

Pourquoi ne plus admettre même que l’aérolithe n'est qu'une portion de satellite avec son habitant, et que d'autres portions sont enfermées dans les couches primitives à cette époque molle et pâteuse. Les débris y auraient pénétré comme une pierre dans la vase. Le champ devient large et de plus en plus accessible à l’hypothèse? Si l’on tient compte du voisinage de la Lune, il n’y a pas, je pense, plus de raison pour admettre qu’une portion d’astre puisse tomber d'un million de lieues que de centaines de millions. Ceci, du reste, sera éclairci par un de nos confrères.

A ce point de vue donc, la question se

compliquerait sans faire un pas en avant.

J’aime mieux dire à mon honorable contradicteur que, suivant toute probabilité, l’homologue lunaire de l’espèce humaine terrestre serait aussi proportionnelle au volume du satellite : or, si l’on compare les volumes de la Terre, de la Lune, de Mars, on trouve que les dimensions de l’homme à la surface de la terre et de l’homme interplanétaire sont entre elles comme les volumes de notre globe et de Mars; quand on veut comparer avec la Lune on trouve une hauteur beaucoup trop considérable; les habitants de la Lune ont dû être certainement plus petits que nous et dans une proportion assez grande.

C’est pour cette raison, qui en vaut bien une autre, en pareille occurrence, que j’avais négligé de mettre en ligne de compte notre satellite. Du reste, j’invoquerai ici l’appui des chimistes. La densité de l'aérolithe pourra apporter quelques lumières dans la question.

m. liesse. Demain, nous ferons connaître

UN HABITANT

la densité des principaux échantillons de l’aérolithe.

Plusieurs membres vont féliciter M. Greenwight. La séance est levée à cinq heures.

Ï'E LA PLANRTE MARS

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