LE NOUVEAU MONDE A L’ANCIEN MONDE
Bruyants applaudissements. — On félicite M. Paxton.
m. newbold. Messieurs, l’Institut de France et la Société Royale de Londres nous ont paru dignes à tous égards, par le haut crédit dont ils jouissent, par leur incontestable autorité, de devenir les dépositaires des restes si miraculeusement découverts dans le sol américain.
A l’Angleterre, donc, la plaque et les dessins si probants ! à la France, le berceau du goût, des arts et des belles lettres, l’habitant de Mars ! (Tonnerre d’applaudissements.) — (Hourras prolongés.)
Cette adhésion unanime, messieurs et chers collègues, sera pour MM. Paxton la
plus belle récompense de leur générosité ; elle deviendra pour nous-mêmes une nouvelle et glorieuse page à ajouter à nos annales scientifiques.
Nous avons fait notre devoir, et nous pouvons attendre avec confiance le jugement de la postérité!.
Postscriptum . — Presque tous les membres de la Commission partent demain matin. On prépare les transports, — je les suivrai de près.
Il m'était réservé une bien agréable surprise que je tiens à vous apprendre avant de clore cette lettre. C’est à moi que revient l'honneur d’aller en Europe offrir à votre Académie des sciences l'homme interplanétaire. J'ai déjà en mains les pouvoirs et les instructions de MM. Newbold et Paxton.
Je pourrai donc très-prochainement vous remercier moi-même de la publicité que
vous avez bien voulu accorder à nos débats.
Je vous réserve la primeur de notre découverte. Le premier, vous verrez l’habitant de Mars.
J’arriverai, j’espère, au plus tard vers les derniers jours de décembre. A bientôt donc, avec mon précieux bagage.
Paxton-House, 27 septembre.
POST-FACE
Nous attendions.... et avec quelle impatience !
Décembre se passa.,., rien — puis janvier, février, mars.
Notre désappointement était au comble, lorsque tout à rheure, en nous réveillant, nos regards sont tombés enfin sur une lettre, comme toujours, toute grande ouverte.
Quelle lettre I quelle stupéfiante signature I
De Richmond, ce 15 mars.
^ Nous oubliez-vous donc? depuis deux grands mois , vous avez entre les mains f habitant de Mars.,., et pas un mot de vous.
POST-FACE
M . Newbold me charge de vous dire combien no>us vous serions reconnaissants de notes traduire, à votre tour , les débats que l*homme interplanétaire fera naître au sein de VInstitut de France.
Assurément le plus dévoué de vos confrères,
Henri de Parville.
Mon paraphe ... mon paraphe.... à n’en pas douter !...
Cette lettre....
L’aurais-je donc écrite moi-même; l’encre est encore fraîche.
Cependant, mon correspondant d’Amérique?...
Quoi ! il m’a remis l’habitant de la planète Mars 1
Mais lecteur, j’affirme que je n’ai jamais rien reçu de lui; je déclare que je ne l’ai jamais vu, de mes yeux vu.
Alors?...
J’aurais donc été pendant six mois mon propre correspondant, toutes ces lettres seraient du même au même. A mon insu, je
POST-FACE
me serais écrit la nuit ce que je lisais le jour?,..
Allons, c est impossible.
Je rêve !
Et d’ailleurs les dessins déposés sur ma table 1
Voyons, lecteur, lecteur éclairé.... est-ce . que réellement on n’a pas trouvé quelque part sur terre un homme dans un aérolithe ?
Est-ce que M. Green wight l’astronome n’existerait pas? Est-ce que M. Newbold le géologue.... est-ce que M. Rink.... est-ce * que M. Ziegler?... ? ?
Félix qui potuit rerum cognoscere causas .
l* r avril 1866.
TABLE DES MATIÈRES
PRÉFACE
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