‹ Habitations lacustres des temps anciens et modernes (volume 2)Chapitre 31 sur 94 · DÉTROIT DE CONSTANTINOPLE · texte numérisé non relu

DÉTROIT DE CONSTANTINOPLE

L'habitude de construire des huttes sur les eaux s'est coqservée jusqu'à nos jours dans les petites anses du Bosphore. Ces huttes diffèrent des crannoges et des cités lacustres en ce qu'elles n'ont pour but ni la défense, ni la réunion de la population riveraine. Habitées par des pécheurs, elles témoignent cependant d'un goût incontestable pour la vie sur les eaux. Leur construction présente aussi un caractère particulier. Les pieux, d'une longueur considérable, au lieu d'être plantés verticalement, sont inclinés et se croisent en sens divers. La confusion qu'ils offrent à l'œil est plus apparente que réelle, étant assemblés de manière à présenter aux cabanes un appui dont la solidité consiste surtout dans récartement des jambages a leur base. Ces pieux, de longueur inhale et dont la partie supérieure est fort élevée audessus de la surface des eaux, ne supportent pas d'esplanade. Les huttes, de forme carrée, placées sur les points où se croisent les pièces de bois, se trouvent à des hauteurs diverses, non par étages réguliers, mais comme des nids entre les rameaux d'un arbre. On y arrive par des échelles formées de bâtons fixés horizontalement contre les pieux, et Ton communique avec la rive à l'aide de bateaux. Ces groupes pittoresques de huttes primitives frappent d'autant plus le voyageur qu'ils s'élèvent parfois en face d'habitations élégantes, construites, dans le style moderne, sur les bords de la mer, ainsi à Babec et à Soraglio ' .

* L Empire ottoman, illustré par Thomas Allom ; !'• série.

ANTIQUITÉS LACDSTBB

Page 1