ACCROISSEMENT
raellre les matières lointaines. Toutefois, d'après l'ensemble des antiquités du premier Age en Europe, ce sont les rives des eaux qui ont eu, à l'origine, les habitants les plus nombreux. Celles-ci avaient été d'abord les voies naturelles, et c'est de I& que la population s'est répandue peu h peu dans l'intérieur des terres. Puis est venu le moment où les Celtes ont subjugué la première race dont plusieurs tribus ont élè refoulées dans des contrées peut-être encore inoccupées', tandis que d'autres ont subsisté sur quelques points pendant des siècles plus ou moins nombreux.
Après l'invasion des Celtes, la population de l'Europe reçut un nouvel accroissement, qui provint, non pas tant de l'arrivée de nouvelles Iribue que des perfectionnemenis apportés dans les moyens de pourvoir aux besoins de l'existence. Avec le métal, les défrichements devinrent plus faciles, l'agriculture fit des progrès, les produits du sol furent plus nombreux, circonstances éminemment favorables su développement de ia population. Il y a loin, sans doute, de cet état social à ce qu'il est de nos jours ; quoi qu'il en soit, l'âge du bronze a laissé partout d'innombrables Icmoignagcs de son extension et de sa durée. Les emplacements lacustres
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tous à rài^de la pierre, ce qui n'est pas encore certain, et en les faisant entrer dans l'énumération des plus anciennes bourgades de THelvétie, leur nombre total s'élève à cinquante et un, tandis que ceux de la Suisse occidentale, qu'on doit attribuer à l'âge suivant, ont été découverts sur soixante-buit localités, y compris les deux rives du Léman *.
' On a TU, par les fragments d'argile employés comme revêtement à l'intérieur des cabanes, que le diamètre de celles-ci devait être de 10 à 15 pieds. En mesurant la grandeur des esplanades d'après l'étendue des emplacements occupés par les pilotis, il est facile de se faire une idée approximative du nombre de cabanes que pouvait réunir une bourgade. L'un des plus grands emplacements, celui de Morges, mesure 1200 pieds de longueur sur 150 de largeur en moyenne, ce qui donne une surface de 180 000 pieds carrés. Si Ton retranche la moitié de cette surface pour l'espace livré à la circulation, et qu'on recouvre l'autre de cabanes de 17 pieds de diamètre, y compris l'épaisseur des parois, on trouve, sans tenir compte des places perdues entre ces huttes circulaires, que la bourgade de Morges pouvait compter SU cabanes. U n'y a rien d'exagéré, sans doute, à admettre que chacune de celles-ci ait été habitée par 4 personnes en moyenne, ce qui élèverait 1c chiffre de la population à 1244. — En partant des mêmes données, les hnit emplacements du lac de Neuchâtel, dont la surface est indiquée plus haut, et qui mesurent chacun de 8000 à 160 000 pieds carrés de surface, fourniraient une population de 5000 habitants, ce qui ferait 625 personnes en moyenne pour chaque emplacement. Les 68 bourgades ou villages lacustres de la Suisse occidentale, pendant l'âge du bronze, donneraient ainsi une population totale de 42 500 habitants; tandis que, pour la période précédente, la population lacustre répandue des bords du Léman jusque sur les deux rives du lac de Constance aurait été de 81 875 personnes. Ces chiffres sont peut-être un peu élevés, eu égard aux habitations sur terre ferme, dont il ne peut être question dans ce calcul, et vu qu'on est encore bien loin de connaître tous les points des lacs qui ont été occupés. Si j'entre dans ces détails, c'est essentiellement dans le but de provoquer des observations qui permettent d'arriver à des résultats plus complets. — Il n'est pas hors de propos de rappeler que les tablettes trouvées dans le camp des Helvétiens portaient à 368 000 le nombre des émigrants. Les Helvétiens, qui comptaient à eux seuls 263 000 personnes, n'étaient pas plus nombreux que la population actuelle des deux cantons de Vaud et de Neuchâtel. Cette différence entre le premier
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Après l'invasion des Helvétiens, il n'y a plus que onie emplacements où l'on retrouve des traces du premier &ge du fer, et encore, sur ce nombre, on ne peut guère en compter que trois qui présentent les caractères d'une occupation quelque peu prolongée. Ces chiffres, que pourront modifier de nouvelles recherches, montrent cependant combien le pays a étédévasié par l'invasion des Helvétiens, et comhîen il étail peu dans les usages de l'envahisseur de vivre sur les eaux. Quant à l'époque romaine, si l'on admet qu'il y a eu des cabanes de pécheurs dans tous les lieux ou se trouvent des fragments de la poterie qui leur étail propre, ces buttes auraient été reconstruites sur quatorze ^placements, mais l'absence d'objets d'un certain art indique asseï quelle était l'indigence de ceux qui les habitaient.
Bien que les découvertes soient fort incomplètes, la statistique des lieux occupés aune époque surlaqueilerhigtoirc n'a pas laissé de renseignements n'en a pas moins un intérêt incontestable. Les champs de sépulture ne sauraient être exclus de cette énumération que je limite au canton de Vaud seulement. Ceux de l'&ge de la pierre se trouvent dans trois localités dont deux sont voisines des rives du Léman. L'Age
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d'objets qui caractérisent la troiaiègie période, tandis que sur les quinze autres s'éieraient les collines tnmolaires des Helvétiens. On saisira mieox la signification dn nombre de ces sépultures en ajoutant que les tombeaux de l'époque romaine n'ont été découverts, dans le canton de Vaud, que sur quatorze raiplacements, bien que les ruines d'édifices ou d'habitations aient été retrouTées sur plus de deux cents points diflérents*. Ce rapprochement ne permet pas de conclure que l'Helvélie ait été plus habitée avant notre ère que sous la domination romaine, mais il montre tout au moins que les générations qui se sont succédé dans les Ages anléhistoriques sont fort nombreuses et que la population n'a pas tardé à se répandre dans rintérieur des terres.
Les cabanes sur terre fmne étaient pareilles A celles des Lacustres, avec cette difiérence toutefois que le sol remplaçait l'esplanade, ou qu'il était excavé de manière A rendre l'habitation à moitié souterraine. La description des demeures gauloises par les auteurs anciens, et les découvertes faites ces dernières années ne laissent pas de doute sur ces analogies. Plusieurs peuplades contemporaines emploient encore loin des rivages les mêmes constructions que sur les eaux, et, quand on voit dans rintérieur des lies de TOcéanie les cases des indigènes élevées au-dessns du sol sur quatre piliers ou sur des pieux nombreux , on se demande si les premiers habitants de l'Europe n'ont pas aussi transporté les mêmes usages dans les contrées dépourvues de lacs. Il est assez naturel que les riverains qui étaient dans le cas de s'établir sur la terre ferme aient conservé l'emploi des pilo-
* Sur ces quatorze emplacements, huit recouvraient Turnc cinéraire des Romains et six les sépultures helvéto-romaines.
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tis pour mctlre leurs cabanes à l'abri des bAles féroces. Bien qu'on ne possèJe pas, sur les temps anciens, de renseignements ù cel égard, on retrouve cependant des traces de constructions semblables dans les vallées alpestres, où des greniers en bois s'élèvent encore sur des piliers de trois à sis pieds de hauteur au-dessus du sol, de la même manière que cbez les Papous de la Nouvelle-Guinée. Ces greniers, nombreux dans le Valais, existent aussi dans quelques villages du Jorat vaudois. On les envisage généralement comme étant deslioés à mettre lesgraines & l'abri des souris. Il est possible que les contrées où on les trouve aient été occupées par les débris des peuplades lacustres, et que ces bâtiments soient les derniers vestiges des demeures qu'on exhaussait sur pilotis pour se protéger contre des quadrupèdes bien autrement redoutables que ceui dont ou cherche à se préserver de nos jours. Si la diversité dans la manière de bâtir n'indique pas toujours des origines différentes , il n'en est pas moins certain que bien des traits caractéristiques, propres à certains peuples, se perpétuent à travers les siècles. Les constructions élevées sur des piliers de bois rappellent naturellement celles des lacs ; les demeures excavées ne sont