‹ Habitations lacustres des temps anciens et modernesChapitre 81 sur 150 · ASPECT DES PREMIÈRES COMREES HABITEES · texte numérisé non relu

ASPECT DES PREMIÈRES COMREES HABITEES

inanité, car ces débris n'ont une valeur réelle qu'en tant qu'ils nous révèlent le degré de culture, et, à bien des égards, la manière d'être des générations qui nous ont précédés. S'il reste encore de grandes lacunes à combler, on peut toutefois soulever un coin du voile qui dérobait à nos regards les premiers habitants de l'Europe. A défaut d'une histoire détaillée, nous avons du moins celle de l'homme, à partir des temps les plus reculés.

Aspect des premières contrées habitées.

De nos jours, quand on voit les cités populeuses de l'Occident, les nombreux bourgs et villages répandus en tous lieux, la fertilité générale du sol, les produits merveilleux de l'industrie, et les voies de communications ouvertes dans toutes les directions, on ne se reporte pas sans quelque surprise au moment où l'homme pénétra pour la première fois dans ces contrées. De nombreux marécages sur plusieurs points et de vastes forêts vierges sur d'autres rendaient la marche difficile; aussi les hommes qui s'acheminaient vers ces régions inexplorées suivirent-ils de préférence les rives des eaux. Lorsque les familles qui remontèrent le cours du Rhône arrivèrent sur les hauteurs du Jura, elles découvrirent le bassin du Léman dans lequel se reflétaient les grandes forêts du rivage et la chaîne majestueuse des Alpes. Un soleil radieux, les sombres tempêtes, l'hiver neigeux et le retour du printemps en changeaient l'aspect, comme de nos jours; mais l'homme n'avait pas encore paru sur ces bords où venaient se désaltérer des cerls et des chevreuils nombreux, des animaux carnassiers et l'urus, le géant des fo-

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