‹ Haeckel et la théorie de l'évolution en Allemagne (volume 2)Chapitre 44 sur 74 · V . ^Canaamtes.-^j^^jfg Hébreux · texte numérisé non relu

V . ^Canaamtes.-^j^^jfg Hébreux

Sémites du Sud | ^^""^^^ ^" ^"'^•~ { Himya" ites. - Abyssiniens. (Arabes). \ Arabes du Nord. — Maurop.

(Tchèques.

Polonais, gerbes.

%\ { Slaves du Sud-Est. — Russes.

^ I . ( Lithuaniens.

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t» !*• ^ (I Lettes.

Baltiques, 3 ^

\ Anciens Pnissiens.

Scandinaves.

^ I Gotbs.

o 1 / A nglo> Saxons.

» I / Bas-Allemands ( boxons. J ço / Bas-Allemands.

/ Angl( Allemands. J "" «*«m«u«s uu i.u*u ^ ^^-^^^^^ g g ^^ Pays-Bas.

/ Bas-Allemands j °"*°"''- ) ^ <î ( ,^ I ou Allemands du Nord ^ ^^.^^^^ l. | | ^

\ Hauts-Allemands.

. ( Indiens.

Aryens, [j^aniens.

i Albanais.

( Grecs.

/ Thraces.

( .. , ,. 1,. \ /o-ii.: (Irlandais.

I GqUo.s. j Yj^^^^ Écossais.

j > Vi Bretons.

^ Bretons. [ g^^j^j,.

brun noirâtre comme les nègres d'Afrique ; ils sont, comme eux, dolichocéphales et prognathes ; ils ont le front rentrant, le nez large, les lèvres épaisses et saillantes ; ils manquent complètement de mollets. Mais ils se distinguent des Nègres et des Papous, leurs voisins, par un squelette plus faible et plus fin, et parla chevelure qui n'est point laineuse. D'ailleurs l'infériorité corporelle et intellectuelle des Australiens n'est peut-être point primitive, il est possible qu'elle soit l'efi'et d'une décadence et résulte de l'adaptation aux conditions défavorables d'existence que présente l'Australie. Leurs langues peuvent se ramener à deux groupes, celles du nord et celles du sud.

(VI). — Les Malais sont la race brune de l'ancienne ethnographie. Il est probable qu'ils dérivent avec les Mongols et les races euplocomes d'une race éteinte et hypothétique que Haeckel appelle Promalais. A beaucoup d'égards, les Malais actuels tiennent le milieu entre les Mongols et les Méditerranéens. Leur crâne est le plus souvent brachycéphale, rarement mésocéphale et plus rarement encore dolichocéphale. Leur chevelure est unie et lisse et quelquefois seulement légèrement bouclée. Leur peau est d'un brun qui tire tantôt sur le jaune et tantôt sur le rouge. Ils ont le visage large, le nez saillant, les lèvres épaisses, leurs yeux ne sont ni aussi peu fendus ni aussi obliques que ceux des Mongols. Malgré les diversités qu'on remarque entre eux, on déduit l'unité de leur origine de ce que tous leurs idiomes sont dérivés d'une seule langue primitive. On divise les Malais en deux branches : les Sondanésiens qui habitent la presqu'île de Malacca, l'archipel de la Sonde, les Philippines et l'île de Madagascar, et les Polynésiens qui sont répandus sur une grande partie de l'archipel Pacifique.

(VII). — Les Mongols ont la peau d'une teinte jaunâtre qui tire tantôt sur le blanc, tantôt sur le brun. Ils ont les cheveux noirs. Le crâne est brachycéphale chez la plupart et notam-

ment ches lôs Kàlmoucks et les Baskirs ; il est mésocéphale chez les Tartares et les Chinois. Leur visage rond est caractérisé par des yeux étroits et obliques, des pommettes saillantes, un nez large et des lèvres épaisses. Tous leurs idiomes -paraissent pouvoir être ramenés à une langue primitive ; cependant on peut les diviser en deux branches : l'une monosyllabique, Tautre polysyllabique. A la première appartiennent les langues des Chinois, des Siamois, des Birmans et des Tibétains ; à la seconde, celles des Coréens, des Japonais, des Altayens (Tartares, Turcs, Kirgises, Kàlmoucks, Tongouses, Bourètes), et des Ouraliens (Samoyèdes, Finnois, Magyars).

(VIII). — La race des hommes arctiques ou polaires est une transformation de la race mongole, adaptée à des conditions particulières de climat. Ils ont, comme les Mongols, les yeux étroits et obliques et les pommettes saillantes, les cheveux noirs; leur peau est tantôt blanchâtre ou jaune comme celle des Mongols, tantôt rouge comme celle des Américains. Ils ont la taille courte et trapue. Leurs langues sont très-peu connues, mais différentes de celles des Mongols et aussi de celles des An^éricains.

(IX). — La race américaine qui, à Texception des Esquimaux, habitait seule le nouveau continent lors de sa découverte, est étroitement parente des deux races précédentes. Elle a le crâne tantôt dolichocéphale, tantôt brachycéphale, tantôt mésocéphale ; le front très-large et très-petit, le nez gros et saillant, les pommettes saillantes, les lèvres plutôt milices qu'épaisses, les cheveux noirs, la peau ordinairement rougeâtre, quelquefois d'un brun jaune ou olivâtre. Les langues des peuples de cette race .sont très-variées ; mais cependant d'une origine commune. La population de l'Amérique a dû venir du nord-est de l'Asie et descend de la môme branche de la race mongole qui a donné naissance aux Esquimaux et aux Groenlandais. Des Polynésiens ont sans doute émigré aussi en Amérique et se sont mêlés aux peuples d'o-

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rigine mongole. En tout cas, il est certain que la population du nouveau monde a dû provenir de l'ancien, car il n'a jamais existé en Amérique de singes catarrhins.

Les Euplocomes diffèrent des cinq races euthycomes par la barbe qui manque presque entièrement à celle-ci, et par une chevelure qui est légèrement bouclée au lieu d'ôtî'e complètement droite et unie. Ils comprennent les Dravidas, les Nubiens et les Méditerranéens.

(X). — Les Dravidas paraissent être la souche primitive dont sont sortis tous les Euplocomes, peut-être même tous les Lissotriches. Cependant ils ne sont plus représentés aujourd'hui que par les peuples du Dekhan au sud de Flnde et par les habitants des montagnes du nord-est de Ceylan. Cette race parait avoir des rapports de parenté avec les Australiens et les Malais d'un côté, avec les Mongols et les Méditerranéens de l'autre. Leur peau est d'un brun tantôt jaunâtre,' tantôt noirâtre. Ils ont le visage ovale, le front haut, le nez petit, les lèvres peu saillantes. Leur langage est mêlé aujourd'hui de nombreux éléments indo-germaniques, mais paraît être dérivé primitivement d'une tout autre origine.

(XI). — La race des Nubiens est d'un brun jaunâtre ourougeâtre, rarement noirâtre. Ils ont le visage ovale, le front haut et large, le nez et les lèvres peu saillants. Les Nubiens proprement dits habitent la région supérieure du Nil (Dongolah, Schangallah, Barabra, Kordofan). Haeckel rattache aux Nubiens les Foulahs ou Fellatahs que beaucoup d'ethnographes ont considérés sans raison, soit comme des Nègres, soit comme des Méditerranéens.

(XII). — Au sommet de toutes les races humaines se trouvent les Méditerranéens que l'on désigne ordinairement sous le nom de race caucasienne. Mais cette dernière dénomination doit être abandonnée, car les Caucasiens ne constituent qu'une des familles les moins importantes de cette

race. Les Méditerranéens se distinguent par la couleur claire de la peau qui présente cependant toutes les nuances depuis le blanc pur ou le blanc rougeâtre jusqu'au jaune, au jaune brun et môme au brun foncé ; ils ont la barbe plus forte que les autres familles humaines ; leur crâne est d'un développement très-large, le plus souvent mésocéphale, mais quelquefois aussi dolichocéphale et mésocéphale : cette race est la seule qui présente entre les différentes parties du corps ces proportions que nous avons l'habitude de considérer comme le type parfait de la beauté humaine. Ses diverses langues ne se laissent point ramener à l'unité, et l'on est obligé d'admettre pour ses différentes populations quatre idiomes primitifs. A ces quatre langues primitives correspondent quatre familles, parmi lesquels il en est deux, les Basques et les Caucasiens, dont il ne subsiste plus que quelques débris. Les deux autres races méditerranéennes sont les races sémitique et indo-germanique.

La race sémitique s'est partagée de bonne heure en deux branches, la branche africaine ou dyssémite et la branche asiatique ou Eusémites. La branche africaine a donné naissance aux Égyptiens et aux Éthiopiens ; la branche asiatique a produit les Arabes, les Juifs et les Araméens ; une colonie d'Arabes du Sud (Himyarites) a traversé le détroit de Bab-et- Mandeb et peuplé l'Abyssinie.

La race indo-germanique , qui s'est élevée au-dessus de toutes les autres races par son développement intellectuel, se divise en deux branches : les Aryo-Romains et les Slavo- Germains. Des Aryo-Romains sont sortis, d'un côté les Aryens (Indiens et Iraniens), de l'autre les Gréco-Romains (Grecs, Albanais, Italiens et Celtes). De la branche slavo-germanique sont dérivés d'un côté les Slaves (Russes et Bulgares, Tchèques et populations de la Baltique), de l'autre côté les Germains (Scandinaves et Allemands, Anglo-Saxons et habitants des Pays-Bas).

Le nombre des hommes qui vivent sur la terre est aujourd'hui d*environ 1350 millions, parmi lesquels 1200 millions

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d'hommes à cherem lisses et 150 miHions seulement d'hommes à chereox laineux. Les deux e^èces qui ont atteint le déyeloppement le pins éleré, la race mongole et la race méditerranéenne, comptent chacune environ 550 millions d'individus. Suirant la loi de la concurrence Titale, les races supérieures et les mieux douées s'accroissent toujours aux dépens des races inférieures et moins bien partagées ; c'est unsi que la race méditerranéenne, et en particulier la branche indo-germanique, étend de plus en plus complètement sa domination sur le monde entier. La race mongole est la seule qui paraisse capable de soutenir la lutte arec eUe. Les races nègre, nubienne, draTidienne,caflnenne et malaise dans les pays chauds, la race arctique dans les régions polaires, doivent leur conservation à leur adaptation plus complète aux climats extrêmes ; mais les quatre races des Papous, des Hottentots, des Américains et des Australiens sont en pleine décroissance et exposées à une extinction plus ou moins prochaine. « La race indo-germanique, dit Haeckel en terminant, est celle qui s'est le plus éloignée de la forme originelle des hommes-singes. Des deux branches de cette race, c'est la branche romaine (gréco-italo-celtique) dont la civilisation a été prédominante pendant l'antiquité classique et le moyen âge, tandis qu'aujourd'hui c'est la branche germanique. A la tête se placent les Anglais et les Allemands qui, par la découverte et le développement de la théorie de l'évolution, viennejU de poser les bases d'une nouvelle période de haute culture intellectuelle. La disposition de l'esprit à adopter cette théorie, et la tendance à la philosophie monistique (panthéiste) qui s'y rattache^ fournissent la meilleure mesure du degré de développement intel" hctuel de Vhomme. »

Ces dernières lignes feront probablement sourire quelquesuns de nos lecteurs. Haeckel a voulu évidemment finir son livre par une flatterie à l'adresse de la vanité nationale du peuple allemand. Mais il n'est pas possible de considérer l'adoption d'une idée ou d'une philosophie comme le signe

exclusif de la prépondérance d'une nation. La civilisation est un fait plus compliqué que cela. En se plaçant toutefois au point de vue de l'auteur, il serait juste de faire observer que la France, par ses naturalistes du xviii« siècle, et surtout par Lamarck, a contribué plus que l'Allemagne à la découverte de la théorie de l'évolution ; elle n'a pas encore ouvert au darwinisme l'enseignement officiel, mais elle lui laisse prendre de jour en jour une plus large part dans sa littérature et sa philosophie. D'un autre côté, c'est la première fois que nous entendons parler de la tendance moniste de l'Angleterre ; quand les Anglais s'écartent du déisme traditionnel, c'est pour se jeter dans un système qui, loin de tout confondre dans l'unité absolue, réduit la conscience eu poussière et le monde extérieur en atomes ; ils ont une disposition bien plus marquée pour le matérialisme et l'athéisme que pour le monisme. L'Allemagne est le seul pays véritablement panthéiste de l'Europe ; elle est redevable à cette tendance de sa supériorité dans toutes les sciences historiques ; mais malheureusement ces avantages sont compensés par l'abus des méthodes à priori et une sorte de mysticisme qui corrompt toute sa littérature : les matérialistes d'outre * Rhin, tels que Bûchner, etc., lorsqu'ils s'occupent de questions morales ou politiques, tombent eux-mêmes dans un sentimentalisme outré qui les conduit à des utopies fort difficilement conciliables avec la théorie de la concurrence vitale et de la sélection naturelle.

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