‹ HaendelChapitre 36 sur 64 · Page 244 du mss · texte numérisé non relu

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4. Il subit trois fois l'opération de la cataracte, — la dernière fois, le 3 novembre i/ja. Une nouvelle de journal dit, en janvier i-j'-ii : a Haendel est tout à fait aveugle. »

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Jamais il ne souffrit tant que dans la première année du mal, quand il n'était pas encore tout à fait aveugle. En lySa, il n'a pas la force de jouer de l'orgue, aux exécutions de ses oratorios ; et le public, ému, le voit blêmir et trembler, en entendant l'admirable plainte de son Samson aveugle. A partir de 1733, quand le mal est irréparable, Haendel reprend le dessus ; il tient l'orgue de nouveau, aux douze séances d'oratorios qu'il donne, chaque année, au carême ; et il le garde jusqu'à sa mort. Mais avec la vue, il a perdu la meilleure source de son inspiration. Cet homme qui n'était pas un intellectuel ni un mystique, cet homme qui aimait la lumière, la nature, les beaux tableaux, le spectacle des choses, — qui vivait par les yeux beaucoup plus que la plupart des musiciens allemands, — est muré dans la nuit. De i^Sa à 1709, il s'engourdit dans le demi-sommeil qui précède la mort. Il écrit seulement en 1758 un duo et chœur pour Judas Macchabée : « Sion now lier heacl shall l'aise » ; et revivant en pensée les jours heureux d'autrefois, il reprend une œuvre de jeunesse, le Trionfo del Tempo\ dont il donne une nouvelle version, en mars 1737 : The Triamph of Time and Truth'-.

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