‹ Hagiographie du diocèse d'Amiens (volume 2)Chapitre 1 sur 65 · TOME II r · texte numérisé non relu

TOME II r

2 s. HILDEMAN) ÉVÊQUE DE BEAUVAIS.

lité de robéissance et la maturité de l'esprit . Le saint abbé de Corbi^ donna à Hildeman un témoignage solennel de son estime, en le signalant à l'Église de Beauvais, comme digne d'en occuper le siège, devenu vacant par la mort de Kaimbert. Le choix unanime du clergé et du peuple de Beauvais ayant été bientôt ratifié par Louis le Débonnaire, le disciple d'Adélard prit possession du siège de S. Lucien, vers l'an 821.

Le nouvel évêque ne devait pas longtemps profiter des sages conseils que lui prodiguait Adélard. Vers la fin de l'an 825, l'abbé de Corbie tomba gravement malade; Hildeman s'empressa alors d'aller lui donner les dernières consolations de l'amitié. Il l'entretenait des destinées futures qui faisaient le sujet de leurs constantes aspirations, adoucissant ainsi les regrets d'une prochaine séparation. Après avoir administré à Adélard le sacrement de TExtrême-0 notion , en présence de toute la communauté, il lui ferma les yeux et l'ensevelit de ses propres mains \ Ce fut probablement lui qui composa l'épitaphe qu'on inscrivit sur le tombeau du neveu de Pépin le Bref.

Hildeman assista en 829 au sixième Concile de Paris où étaient convoqués les évoques des provinces de Reims, de Sens, de Tours et de Eouen. On s'y occupa spécialement des droits respectifs des rois et des évoques, des devoirs de l'épiscopat et de la nécessité des conciles provinciaux. La réputation d'Hildeman, dont la vie était un modèle accompli de sainteté, le fit choisir par ses collègues pour

* Paschase Radbert, Vita S, Adhelardi, apud Boll. 2 janv.

s. HILDEMAN, ÉVÈQUE DE BEAUVAIS. 3

aller^ de concert avec quelques antres évêqnes, rétablir la régularité monastique dans Fabbaye de Saint-Denis. Il contribua à faire revivre la règle dans ce célèbre monastère, menacé un instant d'une complète décadence.

Quelques années plus tard, Hildeman s'acquitta avec le même succès d'une autre mission dont le chargea Louis le Débonnaire. Investi des fonctions de Missus dominiais, il se rendit dans la province du Maine, où il apaisa un conflit territorial qui s'était élevé entre Aldric, évoque du Mans, et un seigneur du pays, nommé Hirembert ^

Un autre témoignage d'estime lui fut donné par le célèbre Anségise, abbé de Fontenelle, qui, par son testament daté de 831, le chargea d'exécuter ses volontés mortuaires. Parmi les 53 légataires de cette donation, représentant une somme de 3,276 livres 9 sous 5 deniers^, on voit figurer les abbayes de Saint-Lucien, de Saint-Germer, de Saint-Valery, de Saint-Riquier , de Corbie, de Saint-Sauve de Montreuil, de Saint-Crépin de Soissons, etc. Les chanoines de Beauvais y sont compris pour une livre, les pauvres du diocèse pour dix livres. Une somme , importante alors , de 824 livres 5 sous 5 deniers, était laissée à la libre disposition d'Hildeman qui, pour la distribuer, devait s'adjoindre un moine et deux laïques ^.

1 Diplom. Ludov. pii. ■— Delettre, Hist. du dioc, de Beauvais, I, 327.

' La livre d'argent de cette époque équivalait à 563 francs de monnaie actuelle. Guérard, Polypiique de Vahbé Irminon, p. -158,

• Mabillon, Annal, hened. II, 540.

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