JUST, ENFANT MARTYR
pays de Beauvais et du Beauvaisis — Tillemont, Hist, ecclés. XIV, 540 et 749. — Le Bœuf, Hist. du diocèse de Parts, V, 468. — Dubois, nist.tcdés. de Paris, i, 32. — Delbttrk, Hist, du diocèse de Beauvais, i, 163, 357 et 487. — Sabatier, Vies des saints du diocèse de Beauvais^ p. 404.— Barthélémy, Annales hagiol, m, 303. — Les petits Bollandtstes, viii, 212; X, 416. — Les Recueils de Baillet, Giry, Godes- CARD, Simon Martin, Pétin, etc.; — et les ouvrages de Guibert de Nogent; Raoul Glaber, Hariulfe, MM. Graves et Barraud, cités dans les notes de cette biographie.
T. in.
s. JUST, S. ARTHÉMIE ET S'* HONESTA.
i8 Octobre,
Nous croyons avoir découvert, dans un manu* scrit du XIV*' siècle ' , le plus ancien document qui existe sur ces trois Saints. C'est une légende fort bizarre, fabriquée probablement à cette époque, uniquement d'après des traditions orales, alors que fut étendu à tout le diocèse d'Amiens un culte que révêque Gérard de Conchy avait introduit, vers le milieu du XIIP siècle, dans son église cathédrale. Le fonds de ce récit, abrégé et expurgé, apparaît dans nos bréviaires de 1528, de 1539, de 1550 et de 1554, et se modifie encore dans le bréviaire -de M. de La Motte, dont notre Propre actuel reproduit la courte leçon.
Le village de Monchel ^, oii furent décapités S. Just ' et S. Arthémie * appartenait jadis au diocèse
' Breviariumambianense, vélin, in-4®, provenant de l'abbaye de Saint- Jean des Prémontrés d'Amiens. N® 143 de notre Bibliothèque communale.
* Canton d'Auxi-le-Château (Pas-de-Calais). ' Justus, Justinus ; •— Juste^ Jut^ Jû»
* Arthemius, Artemius ; — Arthème, Artème^ Artémie, Arthémis, Artemis. — On connaît plusieurs saints du nom d'Artème, entre autres : un,évêque d'Auvergne (24 janvier), un évêque de Sens (28 avril), un martyr de Rome (6 juin)^ un martyr à An* tioche (20 octobre), etc.
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d'Amiens. Notre Hagiographie doit donc recueillir tout ce qu'on sait de ces deux personnages. Cela se réduira à fort peu de chose, si on élague tout ce qu'il y a de fabuleux et de suspect dans la légende du XIV* siècle que nous allons reproduire.
Un roi païen de la province de Toulouse avait trois enfants qui avaient embrassé la foi chrétienne et en pratiquaient les vertus . a Quoi d'étonnant! s'écrie notre bréviaire de 1528; ne voit-on pas des lis produits par de misérables tiges, des fleurs par des buissons, des roses par des épines, et Marie elle-même sortir de la tribu de Juda ! »
L'aîné de ces enfants s'appelait Just, le second Arthémie : leur jeune sœur, nommée Honesta, avait promis à Dieu de lui consacrer sa virginité. Pleins de tendresse pour leur père, ces trois jeunes chrétiens le suppliaient souvent à genoux de renoncer à ridolâtrie; mais leurs prières n'étaient accueillies que par un profond mépris. Us résolurent alors ' tous trois de s'afl'ranchir des obstacles qui gênaient la libre expansion de leur foi. Ils s'enfuirent de la maison paternelle, et, après de longues pérégrinations, s'arrêtèrent près de Conchy *, dans le diocèse d'Amiens, où ils vivaient dans la solitude, en adorant lasaintejTrinité.
Longtemps après, alors que le roi du pays de Toulouse était devenu vieux, ses barons craignirent qu'en l'absence d'héritier direct, la succession au trône ne devînt Toccasion d'une sédition popu-
Conchiaeutn, canton d'Auxi-le- Château,
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laire ' . Le roi partagea cet avis et envoya des gens de confiance à la recherche de ses enfants, avec ordre de les immoler s'ils ne voulaient point se rendre à son appel. Ces émissaires rencontrèrent Just et Arthémie dans une forêt voisine de Conchy, où, selon leur coutume, ïls vaquaient à Foraison ; les envoyés du roi leur peignirent Tamour de leur père qui soupirait après leur retour, la tendresse de leur mère qui leur tendait les bras, les désirs de tout un peuple qui voulait les voir recueillir en paix l'héritage royal de leurs ancêtres. Mais ces sollicitations n'ayant obtenu aucun succès, les émissaires accomplirent l'ordre de leur maître et tranchèrent la tête aux deux frères, dans un endroit qui porta longtemps le nom de Baya ^ et qu'on appelle aujourd'hui le Bois dus Vignes, S. Just prit alors sa tête dans ses mains et la porta pendant un demikilomètre jusqu'au lieu où il fut enseveli, c'est-àdire, selon la tradition, sur une éminence bordant le chemin qui conduit du Monchel à Fiers et qui a conservé depuis lors le nom de Tombe de S. Just. Honesta demeurait dans une localité voisine où il y avait fort peu d'habitants. Quand elle apprit le supplice de ses deux frères, elle ficha en terre le fourgon dont elle se servait pour cuire le pain : cet instrument se changea soudain en arbre, à côté du-
* Tolosanae regionîs barones timebant, de rege substituendo, magnam seditionem in populo futuram. — Ms. du XIV® siècle.
* Locus iste Baya usque in hodiernum diem appellatur. — Vitœ, pœssiones et translationes sanctorum amhianensis dice^ cesis, Ms, du XVI« siècle conservé à la bibliothèque d'Aix en Provence. — La copie qui se trouve aux archives départementales écrit Bayet, — On ne conserve aucun souvenir dans le pays de cette dénomination.
quel j aillit une fontaine *. Honesta vécut encore longtempset pleura pieusement lamortdesesdeux frères.
Les Bréviaires amiénois de 1528, de 1539 et de 1554 modifient la forme de cette légende et en suppriment des circonstances trop évidemment fabuleuses, comme les barons qui forment l'entourage d'un roi païen de Toulouse, la tête portée dans les mains, et tout ce qui concerne Honesta, dont le fourgon reverdissant parait emprunté à la légende de S. Honoré ^.
Malbrancq ^ en parlant de nos trois Saints, nous expose quelques faits nouveaux. Comme il prétend avoir puisé son récit dans un vieux bréviaire déchiré *, on pourrait supposer qu'il s'agit d'une légende différente de celle que nous avons rapportée : mais il est bien plus présumable, pour quiconque connaît ses procédés, que, n'ayant pas pu lire des feuillets endommagés, il y aura suppléé par les ressources trop inventives de son imagination. Quoi qu'il en soit, prenons note de ces variantes. Le roi toulousain attribue l'éloignement qu'avaient ses deux fils pour le culte des idoles à leur goût excessif pour les plaisirs de la chasse. Ces deux jeunes gens, recourant à la ruse, disent qu'ils sont animés d'une noble ambition, qu'ils désirent aller dans les Gaules où ils pourront épouser de belles princesses et revenir ensuite dans leur patrie. Le père y consent, pour-
* On conserve au Moncliel le vague souvenir d'une fontaine qui aurait coulé jadis dans le Bois des Vignes.
s Voir ce volume, page H .
' De Morinis^ t. I, lib. v.
* Breviarii laceri.
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VU qu'ils accompagnent une ambassade de Sarrasins que leur roi Aaron envoyait à Charlemagne (801 et 807). Just et Arthémie emmènent avec eux leur sœur, désignée, nous ne savons pourquoi, sous le nom de Constance. Après avoir reçu des présents du roi des Francs, les Sarrasins, gorgés de vin, s'endorment profondément dans le palais que Charlemagne leur avait donné pour asile. Nos trois Saints profitent de ce sommeil pour s'enfuir dans une forêt où ils embrassent la vie érémitique. L'endroit du martyre est mieux précisé que dans la légende. Nous voyons apparaître le nom de Monchel, que Malbrancq dérive à tort de Mons cœli \
L'annaliste des Morins, au lieu d'éclaircir l'his- , toire de nos trois Saints, n'a fait que la rendre plus invraisemblable. Nous n'obtiendrons pas plus de lumière, en consultant les traditions locales, qui ont été recueillies par M. Lambert, dans un article du Pitils artésien ". S. Just, dit-on, s'échappa des mains de ses bourreaux, fut poursuivi par eux et enfin massacré dans le bois des Vignes.
C'est de là ^ue, portant sa tête dans ses mains, il aurait marché jusqu'à l'endroit désigné sous le nom de Tombe de S. Just, monticule où l'on a récemment érigé une chapelle. On raconte à peu près la
* Le Monchel s'est appelé Mons Celsus, Monticelsus, Moncels^ mais jamais Mons Cœli. Cette étymologie de circonstance, inventée pai^ Malbrancq, a été si souvent répétée qu'elle s'est introduite dans les Bréviaires et se trouve encore aujourd'hui dans notre Propre. Celui d'Arras a rétabli la vraie dénomination, Mons Celsus.
* Année i838, p. 363; Recherches historiques sur quelques communes de l'arrondissemeiU de Saint^Pol.
même chose de S. Ârthémie^ en ajoutant que les gouttes de sang, échappées de son chef, formèrent dans les champs traversés, des rigoles qu'on n'est jamais parvenu à combler. Les deux martyrs furent inhumés au lieu dit Tombe de S. Just et transférés, îi une époque inconnue, à l'endroit où se trouve aujourd'hui l'église du Monchel, peut-être dans une chapelle qui se trouvait à cet emplacement.
En ce qui concerne Honesta, qu'on désigne sous le nom de Constance (sans doute depuis Malbrancq), la tradition raconte qu'elle était en train de cuire son pain quand on vint lui annoncer le martyre de ses deux frères. « Cela n'est pas plus croyable, s'écria-t-elle, que ne le serait le reverdissement du fourgon que je tiens dans les mains » ; et soudain l'instrument de boulangerie se couvrit de feuilles. Honesta planta cet arbrisseau près de l'endroit où furent inhumés ses deux frères : c'est l'arbre désigné aujourd'hui sous le nom d'Arbre de S. Jmt. On voit que cette tradition, beaucoup plus développée que dans la légende du XIV* siècle, est calquée sur un épisode de la vie de S. Honoré.
La tradition actuelle mentionne un 8. Honeste, qui aurait été serviteur de S. Just et de S. Arthémie. Voici comment nous nous expliquons l'invention de ce personnage : on aura trouvé dans quelque acte de translation le nom de Ste Honesta, peut-être écrit au génitif avec un c [sainte Honeslc) : on ne pouvait appliquer ce nom à la sœur des martyrs, puisqu'on rappelait Constance, et on se sera imaginé que c'était un serviteur. Cette confusion doit être antérieure à la date M 519) de l'inscription sur
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ardoise conservée au Monchel, puisqu'on y lit Justij Arihemii et Honosti^ d'après la vérification qu'a bien voulu nous transmettre M. le curé de Conchy-sur- Canche.
A quelle époque faut- il rapporter le martyre de nos deux Saints? est-ce au VHP siècle, comme on le dit assez généralement ' ? Mais cette appréciation n'est basée que sur le récit fabuleux de Malbrancq qui donne une origine persanne aux trois fils du roi de Toulouse, malgré leurs noms évidemment latins^. Dira-t-on qu'ils ont pu changer leur nom et que leur père était peut-être un des chefs Sarrasins qui, après avoir été battus successivement en 719 et en 732, ont séjourné encore quelque temps dans la Septimanie? Mais puisqu'il ne s'agit plus d'un roi qui a intérêt à faire revenir les héritiers de son trône, comment expliquer la cause du martyre? On ne saurait prêter un fanatisme aussi cruel à un sarrasin du VHP siècle, tandis que cela pourrait se comprendre, à la rigueur, d'un riche gallo-romain du IIP ou IV» siècle, que la tradition aurait métamorphosé en roi.
Les nouveaux Bollandistes, sans vouloir se prononcer sur ce point, auraient incliné vers le temps de la domination romaine, s'ils n'avaient craint de
' M. Harbaville (Mémor. hist, du Pas-de-Calais, n, 288) ; les calendriers de nos Bréviaires du XVIITe siècle ; le Propre actuel d'Arras; M. Van Drival {Hagiol. diocésaine, p. 103); le Puits artésien (1838) ; DE Court, i, 37i, etc.
* Le nom d'Arthème est bien d'origine grecque, mais il fut adopté par les Romains.
quitter des sentiers battus *. Nous sommes d'autant plus disposé à abonder dans ce sens que, de toutes les légendes écrites ou orales, nous ne voyons guère à retenir comme véridique que l'origine toulousaine de Just et d'Arthémie et leur martyre au Monchel par l'ordre de leur père. Le reste est trop suspect pour fournir des éléments sérieux à une appréciation chronologique.
RELIQUES
Oa ignore à quelle époque les corps de S. Just et de S. Arthémie furent transférés du lieu dit Tumie de S. Jost dans l'église de Monchel. Il n'est question d'aucune translation dans la légende du XIV® siècle, ce qui semble donner raison à ceux qui prétendent ' que la première élévation n'eut lieu que le 7 février 1519; C'est alors que l'on consigna sur deux ardoises les inscriptions suivantes :
2(nno Doinini millrstmo quingrntedima llono erptima fcbruarUy rrpodita Sinii \]tz rclîquiffi quae, ut 3u^;a(nui0 a patribudy eptramiid ' (Ed. r bc corporibu0 eanctorum 3itûtt, 2(rtl)(mtt rt J^onreti, 3n prœetntta Dnt {3!jilippt Oredecnt, Crtpcllani, fratrid 3oannt9 lOcUtoarbr,
* Si auctor me melior aliquando hos sanctos ad tempora romana in galliis domina tionis retulisset, libenter in ejus ivissem sententiam. Intereanon placet a trita via discedere. Acta Sanct. 18 oct., p. 370, n* 6; Comment, prœvii,
* La Semaine religieuse (VArras^ 10 janvier 1867.
* L'expression est assez singulière pour une authentique.
170 s. JUST, s. ARTHÉIflE
Prtorie Carcrampt Domine 3oanni0 iOathtcUy Soannid 2lttagnant rt 3oam\œ Dorioii rt aliorum Prrebgtrroritm, (Suillemi Sttoinivt niatrim JfTrcointrr rt Arginalàt iTûmot.
f irmteetme rrebenbum rst quob in aptrtione I)uju0 tumuli obor cuaviedimud rruptt qui mitUod roneolavtt.
Le 15 octobre 1617, par délégation de l'évêque d'Amiens, Antoine Pérotin, curé d'Auxi-le- Château et doyen de Labroye, fit une récognition des reliques.
Nous copions, d'après le registre paroissial, le procèsverbal :
a Nous, Antoine Pérotin, prêtre, curé d*Auxi-le-Châ- « teau et doyen de Labroye, étant venu aujourd'hui quin- 0 zièmejour du mois d'octobre 1617, au village de Monchel, « par commandement de Monseigneur le révérendissime a évêque d'Amiens, ensuite d'une requête à lui présentée « par les curés de Monchel et de Conchil, et plusieurs ha- « bitants, tendant afin d'avoir permission de visiter un « tombeau qui était en l'église dudit Monchel, avons a trouvé au-dessus dudit tombeau un marbre blanc et « dessus d'icelui marbre une pierre blanche à laquelle « pierre étaient deux images et effigies. Il y avait un lieu a cave en forme d'une petite armoire dedans lequel lieu a cave étaient plusieurs ossements, sçavoir : Une grande « partie d'une tête avec sept autres pièces de la tête; plus
<c une grande partie de la paroi qui est au petit -f- (je
copie textuellement), plus un grand os d'une jambe de a la grandeur d'un quartier) plus un os de l'eschine du dos ; a plus, une partie de la boîte du genou; plus une partie a d'un os du bras: et avons le tout remis dedans ledit « lieu où ils étaient, après les avoir enveloppés dans un « taffetas rouge cramoisy et au-dessous une serviette « blanche : de plus avons trouvé avec lesdits ossements
ET s'* HONESTA. 171
0 deux petites ardoises sur lesquelles était écrit ce qui « s'ensuit. Premièrement est écrit sur la plus grande ar- € doise, etc. »
(Viennent ensuite ici les deux inscriptions que nous avons données plus haut et les noms des témoins.)
Le 12 juillet 1737, Antoine Devis, curé duMonchel, ouvrit le tombeau, par ordre de TÉvôque d'Amiens et envoya les reliques à l'abbaye de Cercamps, pour que le prieur pût y apposer le cachet épiscopal. Elles furent rapportées au Monchel le 26 octobre suivant.
Ce même Antoine Devis adressa une supplique en 1740 à l'évoque d'Amiens pour obtenir permission d'exposer les reliques des martyrs à la vénération des fidèles. Cette autorisation fut donnée par Mgr de La Motte, en date du 28 janvier 1711, à la suite du rapport suivant qui nous a été communiqué, comme les pièces précédentes, par M. Delattre, curé de Conchy.
a Le douzième jour du mois de décembre de l'année mil « sept cent quarante. Nous, Romain Ducrocq, curé de « Bematre , doyen de chrétienté d'Auxi-le- Château, € en vertu -îe l'ordonnance de Monseigneur l'évoque « d'Amiens, jtant au bas d'une requête à lui présentée « par le sieur Curé et plusieurs habitants du village du « Monchel, le dix-sept novembre mil sept cent quarante, « aux fins d'obtenir ia permission d'exposer dans leur « église, à la vénération des fidèles, les ossements de « S. Just, martyr, patron dudit lieu, où ils ont été révé- « rés de tout temps ; par laquelle ordonnance mondit sei- « gneur évêque nous a commis pour vérifier les faits conte- « nus dans ladite requête, nous nous sommes transportés a audit village de Monchel en Artois, diocèse d'Amiens, « et étant entré dans l'église dudit lieu avons procédé à « ladite vérification, où était le sieur Jean- François a Darras, desservant la paroisse de Conchy, commis en l'absence du sieur Devis, curé dudit Monchel, en présence des principaux habitants dudit lieu que nous avons c assemblés au son de la cloche ; nous aurait représenté € une châsse de boi? de chêne fermée de ouatre vis de
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« fer et l'ayant ouverte en présence des susdits, nous y « avons trouvé enfermé un sac de linge blanc, cacheté et « scellé des armes et cachets de mondit seigneur évêque
• d'Amiens, avec un certificat signé de Monsieur de a Gargan de Rollepot, seigneur dudit Monchel^ portant a que dans le sac enfermé dans ladite châsse, cacheté du « cachet de Monseigneur Louis - François - Gabriel La
• Moite Dorléans, évêque d'Amiens, sont renfermés des « ossements que l'on croit être les reliques des saints t Just, Arthémie et Honesta, avec trois procès-verbaux « et deux ardoises, et que ledit sac a été remis ès-mains « dudit seigneur de Gargan de Rollepot, seigneur du « Monchel, et du sieur Duplessy, prieur de l'abbaye de «c Cercamps, le treize de juillet de l'année mil sept cent a trente-sept, pour les remettre ès-mains du sieur Devis, a curé dudit Monchel, ce qui a été exécuté le vingt-six a octobre mil sept cent trente-sept. Au bas du certificat a est écrit : De Gargan de Rollepot, seigneur de Mon- (c chel, avec l'empreinte de son cachet ec de ses armes ; « dont nous avons dressé le présent procès-verbal pour a servir ce que de raison, les jours et an que dessus et a avons signé. Fait et passé au village du Monchel, dio- « cèse d'Amiens, en Artois, où le contrôle et le papier a timbré ne sont pas en usage : nous avons trouvé la a niche préparée pour y mettre ladite châsse au-dessus « d'un autel dédié à la sainte Vierge, dans la nef de ladite a église, suffisamment ornée, et nous avons ordonné que « ladite châsse de bois où sont renfermés lesdits osse- « ments sera garnie au dedans d'un tapis de soie et sera a dorée en*dehors ; et plus avant n'avons procédé audit « procès-verbal. t^