S" AURÉK, SUPÉRIEURE DE RELIGIEUSES
des ténèbres de la nuit. Lu jeune amiénoise 1 se jeta aux pieds de Ste Ulphe, lui exprima son aversion pour le monde, son goût pour la solitude et la supplia de l'accepter pour compagne et pour fille. Une telle proposition ne pouvait qu'être agréée avec joie. Aurée partagea donc la vie érémitique de la solitaire de Boves, et, chaque nuit, elle raccompagnait aux matines de la cathédrale.
Cet exemple devait porter des fruits. Plusieurs jeunes filles d'Amien* voulurent consacrer à Dieu leur virginité et attirer ainsi sur elles les grâces fortifiantes qui sont le partage d'une vie de communauté. Ste Ulphe accueillit favorablement leur demande ; mais, craignant avec raison les dangers qui pouvaient entourer ces jeunes filles dans une solitude aussi complète que l'était alors son ermitage, elle obtint des autorités d'Amiens la fondation d'un couvent dans un verger situé près du Castillon : c'est à cet établissement que la me des Vergeaux doit son nom a.
Ste Ulphe, après avoir installé la communauté naissante dans ce couvent, en confia la direction à
1 Elle serait née à La Neuville, d'après une tradition que mentionne Pierre Bernard, dans ses Pèlerinages manuscrits.
1 Cette tradition paraît suspecte à M. Ooze : « L'histoire, dit- il (Rues d'Amiens, m, 99), ne fixe le lieu de la retraite de Ste Ulphe que dans 1rs environs de Boves ». Nous ne partageons point cet avis. Le texte latin 0c la vie de Ste Ulphe, contenu dans le Ms. 403 de la Bibliothèque d'Amiens, date du XIIIe siècle, comme nous le prouverons plus tard : or, voici ce qu'on y lit : t Qui certe locus Us noslris diebus nuncupatur vicus dk vkugiaus, id est virginacs, sic diclus quasi vicus ab illa congregatione vel coadunatione% seu cohabilatione virginum virginalis. • Il est assurément peu de rues qui puissent fournir un acte de naissance aussi ancien et aussi authentique.