S. BLIMO.NT, ABBÉ DE SAINT- VALERY
en sa personne les vertus et le zèle de S. Valéry. Mais, dès Tannée suivante (623), des pirates Scandinaves vinrent désoler nos contrées maritimes ; les moines de Leuconaus furent contraints de se dérober aux dangers qui les menaçaient, et d'aller demander à d'autres abbayes moins exposées une hospitalité temporaire. Blimout se retira au monastère de Bobbio, dans le Milanais; il se détermina sans doute à ce choix en présumant un favorable accueil de la part de l'abbé Attale, qui avait été disciple de S. Colomban, en môme temps que S. Valéry, à l'abbaye de Luxeuil. Il était certain, d'ailleurs, de rencontrer là des compatriotes : car les Burgundes affluaient dans cette communauté, aussi bien que des moines irlandais, francs, italiens et lombards. Blimont ne fut point trompé dans ses prévisions : rien ne fut épargné pour lui faire oublier la douleur de l'exil. Quelques années après, Blimout, apprenant que le Vimcu était enfin délivré des ravages des pirates, manifesta le désir de retourner en Picardie. S. Attale, dominé par une affection 'peut-être trop naturelle, s'efforçait de retarder ce pénible départ; mais un jour que le saint vieillard se dirigeait vers l'église, appuyé sur le bras de Blimont, il vit apparaître S. Valéry, tout rayonnant de gloire, et se trouva tellement soulagé de ses infirmités, qu'il se croyait transporté dans les airs vers le lieu où il se rendait. La reconnaissance qu'il éprouva pour S. Valéry ne lui permit pas de s'opposer plus longtemps aux projets de Blimont ; mais Dieu ne lui ôta point la consolation qu'il ambitionnait tant de se sentir fermer les yeux par le saint abbé de Leuconaus. Quel-