H 2 S. BUMO.NT, ABBÉ DE SAINT-VALERY
circonvallations de ce qu'on appelle aujourd'hui, a Saint- Valéry, la Ville.
Dagobert Itr, en l'an 636, accorda à Blimont le domaine de Routiauville « {villa Rat/ierii).
Blimont, aidé de ses disciples, se reposait des travaux agricoles 2 en parcourant les contrées voisines, où le paganisme régnait encore. Sa parole puissante éclairait les esprits aveuglés, touchait les cœurs endurcis, et réduisait en poudre les idoles des faux dieux J.
Il était d'une extrême mortification, ne buvant que de l'eau et ne mangeant qu'après le coucher du soleil ; il ne consacrait que cinq heures au sommeil, et reposait sur des branchages qu'il étendait dans sa cellule. Sa confiance en Dieu était immense;
1 Annexe de Quend, dans le canton de Rue.
* De la forêt mise en culture par S. Blimont, il ne reste plus aujourd'hui que les bois du Chêne, de Saint-Blimont, de Lanchères et de Pendé. (E. Puaiiod, Canton de Saint-Valery , p. 303 )
9 Destructif idolis et ritrbus genlilium, disent les Actes de S- Valéry, n» 41. « Mais ces idoles, quelles étaient-elles? se demande M. Louandre (Nist. d'Abbeville, 1, 31). Étaient-ce les dieux du polythéisme romain ou ceux du fétichisme gaulois ? Tout porte à croire que le peuple des campagnes était resté fidèle au culte national de la Gaule, quels qu'aient été les efforts de" la conquête romaine pour en effacer les traces » Il est à remarquer que les légendes des Saints qui ont vécu en Gaule, du IVe au VIIe siècle, nous donnent peu de lumières sur la nature des anciens cultes qui avaient survécu à l'introduction du Christianisme. Les termes employés par les écr ivains ecclésiastiques sont assez vagues pour qu'on puisse les appliquer soit aux superstitions celtiques, soit au polythéisme romain, deux cultes qui d'ailleurs, dans bien des endroits, avaient opéré une espèce de fusion. Mais quand il s'agit d'un culte exercé dans les forêts, de fontaines sacrées, d'arbres vénérés, on peut en induire qu'il s'ogit là du culte primitif de nos ancêtres.