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Pierre sculptée du tombeau de saint Quentin

milieu, deux pierres fort curieuses et de la plus haute antiquité. Ces pierres, enclavées dans le bas de la muraille, de

chaque côté du caveau, rappellent, par leur style, les monuments des Catacombes de Rome. L'une représente une croix-pattée sculptée dans un cadre avec moulures.

«Le sarcophage de S. Quentin, qui occupe le caveau du milieu, à été fait avec une énorme colonne cannelée, de marbre blanc, dont on a enlevé et usé les cannelures, de manière à avoir le pourtour extérieur du couvercle hémicylindrique rond et poli. Les cannelures dans la partie basse du sarcophage sont encore entières.

Tombeau de S. Quentin.

« La colonne a été partagée en deux sur sa longueur ; l'intérieur de la partie qui sert de fond est évidé en forme d'auge à la profondeur de 15 à 16 centimètres. Le couvercle est creusé intérieurement en demi-rond. Le tombeau mesure : longueur 2" 15° ; diamètre au mileu 0" 58°, Le marbre ne porte ancun ornement, si ce n'est quelques rayures simulant une moulure informe ; sur le couvercle, du côté de la tête, on lit ces mots : SANCTVS QUINTINVS.

« Le corps de $S. Quentin a été inhumé deux fois dans un tombeau : la première fois, en 358, par Ste Eusébie; la seconde fois, en 833, par l'abbé Hugues.

« Si nous consultons les manuscrits de Dom Grenier, ce

TL, té. 25

tombeau serait celui dans lequel l'abbé Hugues transféra en 835, le corps de S. Quentin, dans la crypte qu'il lui avait fait bâtir. Mais ce sarcophage nous paraît beaucoup plus ancien, et nous croyons, avec quelque vraisemblance, qu'il est celui dans lequel Ste Eusébie a enscvell S. Quentin, au milieu du IV° siècle.

« Qu'on nous permette de dire ici,en peu de mots, pourquoi le tombeau de marbre blanc ne nous paraît pas être celui de l'abbé Hugues, comme le dit D. Grenier, et pourquoi il est vraisemblable que c'est celui de Ste Eusébie.

« La forme du tombeau de S. Quentin diffère essentiellement de celle des sarcophages de l'époque mérovingienne., Le tombeau fait par Hugues a dù être décoré, puisqu'il était placé hors de terre, soutenu par des colonnettes ; il a dû porter soit une inscription, soit des symboles chrétiens, puisqu'il était destiné à recevoir les reliques d'un Saint et à être exposé à la vénération des fidèles. Enfin, au VIII: siècle, on n’aurait pas creusé un tombeau pour un Saint dans une colonne de marbre blanc, provenant sans doute de quelque temple païen ; mais on eùt fait un sarcophage en pierre, comme ceux de Clovis et de Clotilde, d'une forme évasée, avec couvercle prismatique, dans le style de ceux de S. Victorice et S. Cassien (IX° siècle), qui indiquent ce qu'a du être le tombeau apparent de l'abbé Hugues.

« Les preuves abondent, au contraire, pour démontrer que le tombeau, dont nous avons donné le dessin, est celui préparé par Ste Eusébie. On sait que les sarcophages de la première période chrétienne n'étaient pas décorés ; les ornements, les symboles, n'arrivèrent que sur les tombeaux destinés, soit à être apparents, soit à servir d’autels pour le sant sacrifice de la Messe, comme le sarcophage de Moissac et celui qui sert d'autel dans l'église de Saint- Denis.

« Le tombeau de S. Quentin a la forme hémicylindrique des sarcophages chrétiens du IV° siècle. Il est semblable à celui d'Honorius (IVe siècle), qu’on voit à

Ravenne. Le tombeau de S. Hilaire, enseveli én 368, est en marbre blanc ; il a la même forme que celui de S. Quentin ; mais, comme il devait être apparent, iln été décoré, à ses extrémités ct sur les croisillons, de figures et d'emblèmes.

a Le fût de colonne en marbre blanc qu'on à choisi peur y creuser le tombeau de S. Quentin, indique qu'on a fait pour cet Apôtre ce qui a été pratiqué pour plusieurs Saints, c'est-à dire qu'on l'a enseveli dans la colonne d'un temple paiïen dont il avait renversé les idoles. Ce tombeau na pas pu être placé sur des colonnettes, comme l'indique l'histoire pour celui de l'abbé Hugues, à cause des cannelures qui sont encore à sa partie mférieure. Enfin, l'absence de tout ornement montre évidemment que ce sarcophage a été destiné, par Ste Eusébie, à ètre mis en terre ; ajoutons que la couleur juune que ce tombeau a revêtue à l'extérieur et qu'il conserve encore, montre qu'il a séjourné dans la terre argileuse qui forme le fond du sol de l'église de Saint-Quentin. »

HôpPiTaz Des ENFLÉS — A Saint-Quentin, comme à Amicus, 1l y avait un hôpital spécial pour les pèlerins hydropiques qui venaient invoquer le suint Martyr. Cet asile, qu'on désigaait vulgairemeut sous le nom d'Hôpital des Enflés, fut construit en 1161, près du palais des comtes de Vermandois, et cessa d'exister avant le XVe siècle. (Ch. GonarT, Dictionnaire des rues de Saint-Quentin).

SAINT-QUENTIN-EN-L EAU A PÉRONNE — Ce fut peut-êtia la première égiise qui, hors d'Augrsta, fut érigée à S. Quentin. Le culte que lui rendit le Santerre, qu'il avait traversé, dut trouver une prompte imitation parmi les Péronnais. La petite église de Sobotéciuse, fréquentée par les pêcheurs qui vivaient à l'ombre du château d'Erchinoald, pora probablement le nom de Sunt-Quentia. Quelques écrivains, il est vrai, ont pensé qu'elle avait d'abord été sous le vocable de S$. Pierre ; mais M. l'abbé Gosselin nous semble avoir démontré toute la fblesse de cette hypothèse, dans sa Notice historique sur l'église de Sunt- Furxy.

Le XI° siècle vit s'élever à Péronne un nouveau sanctuaire érigé au même Martyr ; on le désigna, en raison de ses modestes proportions, sous le nom de Saint-Quentin - Capelle.

ICONOGRAPHIE

S. Quentin est représenté, soit en habit militaire, soit en costume de diacre, les clavicules percées de deux grands clous, ou bien, assis sur une chaise de tortures, les bras et les pieds dans des entraves, tourmenté par deux bourrcaux.

On voyait jadis, à la clôture du chœur de la Collégiale de Saint-Quentin, quinze bas-reliefs du XIV° siècle figurant l'histoire du saint Patron et de ses reliques. Onen trouvera la description dans les £'rtraits originaux d'un manuscrit de Quentin de Lafons (t.1,p. 81), publiés par M. Ch. Gomart.

Il y avait à la chapelle de S. Quentin, à Amiens, outre des peintures murales qui racontaient son supplice, deux statues du même Saint; l'une d'elles, nous dit Pagès, était a assise dans une espèce de chaise de martyre, accompagnée de deux bourreaux quiluy font souffrir de rudes tourments. »

Notre apôtre figurait dans un cartouche de la partie des clôtures du chœur de Notre-Dame d'Amiens, qui fut détruite en 1761 pour faire place aux grilles actuelles. Dans cette même cathédrale (chapelle dédiée à S. Quentin), on voyait un bas-relief en bois représentant le martyre du Saint. Cette œuvre de Carpentier fils (1783) se trouve aujourd'hui à l'Eglise de Sailly-leau-reste.

La Chronique de Saint-Tron (apud PerTtz, Monum. germ. t. xu), nous dit qu'en 4169, Wiric, abbé de ce monastère, fit exécuter une statue de S. Quentin.

On a trouvé récemment dans les fondations de l’ancienne église de Mergnies (Nord) un bas-relief du XVIe siècle,

o S. QUENTIN, MARTYR. 405

représentant le martyre de S. Quentin. Cette sculpture, aujourd'hui encastrée dans les murs u jardin presbytéral, a été l'objet d'une notice de M. Dumas, insérée dans le tome xx1x° des Mémoires de la Soc. d'émulation de Cambraï. Le Saint, vêtu d'une simple draperie étendue sur les cuisses et les jambes, est assis sur une chaise de supplice. Deux bourreaux sont vêtus de costumes qui indiquent le style flamand du XVI: siècle. L'un d'eux maintient une broche de fer enfoncée dans l'épaule du Saint et lève un maillet, dont il va le frapper.

Statues de S. Quentin à Saint-Maurice d'Amiens, à Fay (Chaulnes), à Halloy-lès-Pernois (X VI° siècle), à Salouel, aux voûtes des églises de Liercourt et de Poix, etc.

L'Almanach de Picardie de 1777 fait l'éloge d'un tableau de Claude Hallé,au Saint-Sépulcre d’'Abbeville,représentant le martyre de S. Quentin. Cet apôtre figure avec S. Benoît dans une toile de Fr. Bianchi, dit &/ Frari, conservée au musée du Louvre.

Mentionnons aussi un tableau moderne de l’église de Saint-Quentin-en-Tourmont.

Des verrières de l’hôtel-de-ville de S. Quentin, de la cathédrale de Beauvais et de l'église du Mont-Saint-Quentin nous offrent l'image du saint Martyr. À Beauvais, « il porte des vêtements de diacre : une aube parée, un amict bordé également d'une bande d’étoffe d'or, une tunique ou dalmatique à raies transversales, alternativement bleues, rouges et blanches, fendue sur les côtés, garnie sur les bords d’une frange d’or dont les extrémités descendent audessous de la tunique ; il tient de la main droite un livre fermé. » (BarRAUD, Descript. des vitraux de la cathédrale de Beauvais.)

Nous avons sous les yeux une image populaire du siècle dernier, accompagnée d'une oraison où l’on voit S. Quentin assis entre deux bourreaux qui lui enfoncent des clous dans les épaules, tandis qu'un ange lui apporte la couronne du triomphe. Une autre estampe populaire, d'un style moins primitif, à été reproduite dans la Vie du trèsillustre martyr S. Quentin, par Claude Bendier. Le martyr

tient unlivre d'une main, une palme de l'autre, deux grands clous sont enfoncés dans ses épaules.

Le sceau du Chapitre de Saint-Quentin, en 1215, représente S. Quentin debout, tenant d'une main la palme du martyre et, de l'autre, une église. Celui de 1278 figure S. Quentin assis entre deux bourreaux qui lui tendent de longs clous ; celui de l'abbaye de Saint-Quentin-en-l'Isle, en 1427, montrait le Martyr assis, tenant une palme dans la main droite et, de l'autre, l'épée, instrument de son martvre. Le contre-sceau de Saint-Quentin, au XVIfsiècle, représente le buste du Patron vêtu en diacre, avec des clous dans les épaules (Gouarr, Scearuc du Vermandois.)

L'écusson de la ville de Saint-Quentin porte : d'azur à un chef de S. Quentin d'argent, accompagné de trois fleurs de lis d'or, deur en chef, une en pointe.

L'image du saint Patron figure aussi dans les oi de diverses anciennes corporations de cette ville, telles que la compagnie des Canonniers, la communauté des Chapclains et celle des maitres Chirurgiens. (GomanrT, Armorial de Saint-Quentin en 1700.)

Deux monnaies, l'une du XIE siècle, l'autre du XV°*, ligurées dans la ÆRevue numismatique {t. n, pl. v), nous montrent l'apôtre de l'Amiénois avec les attributs de son martyre.

M. l'orgeuis a publié dans ses Plombs héstoriés (t. un) deux enseignes de pèlerinage représentant S. Quentin. Ou en trouvera plusicurs figurées dans le tome x1 des Hfémoires de la Société académique de l'Oise et dus le tome xx des Mémoires de la Socièté des antiquaires de Picardie.

BIBLIOGRAPHIE

Les Actes de S.Qaentin ne lui sout point contemporains : aussi D. Ruinart n'a-t-il pas cru devoir les insérer dans ses Actes sincères. Les Bénedictins de Sulesmes, en se

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montrant moins sévères, nous paraissent avoir eu raison. Cette Passion, en effet, appartient dans son ensemble à cette grande famille de documents primitifs qui sont marqués du cachet de la sincérité. L'auteur anonvme, qui nous dit avoir eu sous les yeux la relation d'un témoin oculaire, a dù bien peu modifier le style de son devancier. S'il y a introduit quelques traditions populaires, moins sûres mais peu nombreuses, il semble en avertir le lecteur en se servant du mot fertur. « Nous avons peu d’Actes mieux écrits, dit M. Amédée Thierry ; ils méritent une autorité presque égale à celle des Actes originaux, puisqu'ils ont été écrits sur une autre histoire faite par un témoin présent à la première translation du Saint, cinquante-cinq ans après son martyre. » Le moderne historien des Gaules, qui reproduit ici le jugement émis par Tillemont, croit comme lui que cette Passion est antérieure à l’Invention faite par S. Eloi en 6#1.

Nous possédons trois leçons principales de ces Actes. MM. Gomart et Salmon croient que la plus ancienne est celle quecontient un ms. du IX° siècle, con<ervé à la bibliothèque Richelieu {n° 5299), et dont M. Gomart a donné la traduction; Colliette en avait édité le texte avec quelques variantes (t.1,p. 142). Nous ne partageons pas en ce point l'avis de nos deux savants collègues, et nous croyons à l'antériorité du texte publié par Surius. Celui de Colliette nous paraît en être une variante plus récente. Le grand nombre et l'exactitude scrupuleuse des citations del'Écriture-Sainte trahit un travail de seconde main. D'un autre côté, le titre de dieu donné à Hippocrate, la mention d'un seul empereur de Rome, la foi chrétienne que S. Quentin aurait pratiquée dès son enfance, voilà des circonstances qui dénotent un auteur plus éloigné des faits qu il raconte et qui s'est permis plusieurs additions maladroites, comme nous l'avons fait remarquer dans quelques notes.

Un autre texte, publié par Colliette (t. 1, p. 144) d'après ua manuscrit de Saint-Maur, nc contient aucune variante importante.

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S. Ouen, dans sa Vie de S. Eloi, nous à laissé la relation de la seconde Invention faitecen 6#1 par l'évêque de Noyon.

Una écrivain anonyme du IX° siècle a écrit l'histoire de la translation des reliques des SS. Quentin, Victoric et Cissien. Elle est insérée dans l'Augusta d'Héméré.

Ua sermon anonyme du X° siècle, édité par Collictte, nous renseigne sur la translation qui fut faite à Sinceny.

Vers la méme époque, un moine de l'abbaye de Saint- Quentin-en-l'Isle composa le récit des miracles advenus dans ce monastère. Ce document a été publié aussi par l'historien du Vermandois (t. 1, p. 570.)

Vers l'an 110%, Raimbert, chanoine rézulier de Saint- Quentin, composa ou transcrivit (on n'est point fixé sur ce point) un récit de la Passion du sant Martyr et de l'Invention de son corps par Ste Eusébie. L’original de cet écrit, qu'on appelle l’Authentique, est conservéàla bibliothèque de Saint-Quentin. Le texte en a été publié par Héméré et par Colliette ; M. l'abbé Gobaille, archiprêtre de Saint-Quentin, en a donné une traduction en 1870. Godescard parle en ces termes de ce récit: « On trouve d'autres Actes des, Quentin, quine méritent pas à beaucoup près autant de créance que les premiers, dans l'Histoire de la ville de Saint- Quentin, par Claude Emmeré.» Cejugement a étérépété par divers écrivains qui assurément n'avaient pas comparé Îles diverses lecons de ces Actes. Ceux qu'on attribue à Raimbert ne différent des anciens que par larédaction du style, par les vers qui constituent les titres des chapitres et par une seule additionimportante, relative aux compagnons de notre apôtre. Le nom peu exact de paraphrase donné par Collette à cette œuvre à suns doute seul suffi pour éveiller la déliance de critiques inattentifs, Sion veut trouver dans Riumbert les p.euves d'une trop gran!c crédulité, 1 ne faut pas citer Fr Passion de S. Quentin, mais les œuvres qu'il a éonoosées à la suite, c'est-à-dire un livre des miracles posthumes du Martyr, un scrmon sur sa Translation et un autre sur son Élévation. Ces divers écrits sont publiés dans Héméré et dans Colliette.

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Outre ces nombreux documents que nousavons traduits ou analysés, nous avons consulté

Manuscrits : Bréviaires et Lectionnaires du Moyen-Age conservés à la Bibliothèque d'Amiens sous les n°" 112, 113, 115, 117, 118, 149, 152, 153. — Vitæ Sanctorum (1X: et X° siècles), collections de la Bibl. Richelieu, fonds latin, portant les n°* 5,299, 11,748, 11,759, 11,951, 12,601. —Vitæ sanctorum (XIII siècle), n° 644 de la Bibl. Sainte- Geneviève. — Passionnaires du XIIe siècle, n° 261 et 344 de la Bibl. de Laon. — Collection de D. GRENIER, t.1x, f° 120. — DE CourTr, Mém. chronol., livre 11, ch. 1x et xzvn.—Claude GELLÉE, E'rtractum ex bibliotheca Ambianensi (Archives départementales). — Renseignements divers fournis par M. Ch. Salmon.

Ixrriués : Claude HÉMÉRÉ, Augusta Viromanduorum, vindècata et audlustrala, 1643, in-4°. — Cocnixrre, Mémoires pour servir à l'Histoire du Vermandois, 3 vol. in-4°. — Claude pE LA Foxs, Zistoire de S. Quentin, 1629, in-16. — CoLuietTE, Histoire de la vie, du martyre et des miracles de S. Quentin, 1707, in-12. — Claude BENDIER, la Vie de S. Quentin, in-18 (l'édition de 1843 est la 32°). — Quen tin DE La Foxs, Histoire de l'Église de Saint-Quentin, livre 1, ch. 16, 17, 18.— Breviarium regalis ecclesiæ S, Quintnt Viromanduensis, 16#2. — La Vie du très-illustre martyr $. Quentin, mise en vers par Claude Ronaur. (Elle est réimprimée dans les dernières éditions de la Vie de S. Quentin, par Buxpier, où l’on trouve aussi le Martyre de S. Quentin, en vers français, par Joseph Hanouer). — Pacs, Manuscrits, 1, 1173 v, 424. — TiLLEMONT, JMfé- OR, 1V, 433, 100. — L'abbé LEereBvre, Meures de Saint Quentin, 1847, in-18. — LEqueux, Antiquités religieuses du diocèse de Soissons, 1, 287. — P£iGxé-DELACOURT, les Moracles de S. Eloi, ch. 43.— L'abbé Ricnarp, Origines chrétiennes de la Gaule, pp. 48, 551. — Notice sur S. Quentin et Offices pour le 31 octobre et le 2 mai, Amiens, 1854, in-[2. — L'abbé VarzLanr, Vie de S. Quentin, insérée dans les Petits Bollandistes et reproduite sous forme de brochure en 1869. — L ubbé GoBaiLLe, Vie de S. Quentin, traduite d'un ma-

410 S. QUENTIN, NARTYR.

nuscrit du XIE siècle, conservé dans le trésor de la collégiale de Saint-Quentin, 1870, in-18. — Les recueils hagiographiques de VoRRaGiNE, LIPPOMANI, FONTAINE, CROISET, Baiser, André Duvaz, GoDEscarD, etc. ; — et les ouvrages, cités en note, de CanRLiEr, GRÉGOIRE DE Tours, Honprer, LE CoiNTE, D.GRENiER, Manor; de MM. Bar- RAUD, J'ISQUET, Ed. FLEURY, FouquiEr-CHoLLeT, Ch. Go- MARI, GouruaiN, Gozë, Catherine LÉvVÈQUE, RicoLLor, RoGEr, SALMON, SANTEUL, etc. *

Le R. P. Bossue, l'un des savants Bollandistes de Bruxelles, prépare les matériaux des Actes de S. Quentin pour les Acta sanctorum du 31 octobre. De son côté, M.Ch, Salmon travaille à une Æistoie de S. Quentin, qui sera, pour l'étendue des recherches, le digne pendant de sa remarquable ÆZistoire de S, Firmin.

S. RIBERT |

15 Septembre, — VII Siècle.

D'après la tradition, S. Ribert ‘ serait un chorévèque, venu des Iles Britanniques, et qui aurait successivement évangélise la Flandre, le Ponthieu et une partie de la Normandie.

Le P. Stilting * dit avoir pris connaissance d'une lettre d'un religieux de Saint-Valery, adressée à Du Cange et datée de 1668, où il était dit qu'on ne savait absolument rien de S. Ribert, si ce n'est que son nom était inscrit dans le martyrologe de Saint- Valery et qu'on y gardait ses reliques dans l'église de cette abbaye.

La disette de renseignements doit avoir été bien

1 Rüthbertus, Ricbertus, Ribertus, — Rithbert. Les Bollandistes lui donnent aussi le nom de Ruimbertus, que nous n'avons rencontré nulle part : mais c’est une conséquence du système par lequel ils feraient un seul et même personnage de notre S. Ribert et de Raimbert, moinede Saint-Valery, auteur de la Vie de S. Valery.

.?, Acta sanct.,t. v, sept., p. 79.

419 S. RIBERT,

absolue puisqu'Adrien Blondin, prieur de Saint- Valery n'a consacré que deux vers insignifiants à ce personnage, dans son poème sur les saints dont le monastère de Saint-Valery conservait les reliques ‘. Après avoir parlé des châsses de S. Vulgan, et de S. Sevold, il ajoute:

Additur hisce comes Rithbertus flore juvent:æ Qui Valaricanus flos fuit atque jubar.

Jl n’est nullement certain que S. Ribert ait été chorévêque. La tradition lui donne cette qualification ; mais l’abbaye de Saint-Valery ne l’a jamais honoré que sous le titre de confesseur non-pontife. On à pu lui supposer le caractère épiscopal à une époque où on oubliait trop généralement que des moines, des prêtres et même de simples laïques, venus de l'Irlande au VIT siècle, évangélisèrent les Gaules et spécialement nos contrées.

Le P. Stilting, qui a consacré une courte notice à S. Ribert, conjecture qu'il a été moine et peutêtre même abbé de Saint-Valery. Cette hypothèse n’est basée que sur la présence des reliques de $. Ribert dans cette abbaye, ce qui ne nous paraît nullement concluant. Elles ont pu, comme celles de S. Vulgan et de S. Sevold, y avoir été apportées par des causes dont l'histoirene nous a pas conservé le souvenir. D'ailleurs, si la tradition des mona-

1 Versus panegyriciin laudem et gloriam SS. Walarici, Blilhmundi, Wulganiü, Sevoldi et Rilhberli, quorum reliquiæ

tn reyio sancli Wularici monasterio rite servuntur. Rouen, 1653, in-4°. |

Se RIRERT. 415

stères peut omettre de conserver les noms de quelques uns de ses abbés, cet oubli devient tout à fait improbable quand il s’agit de ceux qui sont rangés au nombre des saints.

Le P. Stilting va plus loin et se demande si notre S. Ribert ne serait pas le même que Raimbert (Ragimbertus, Raimbertus), troisième abbé de Saint- Valery, qui rédigea la Vie du fondateur de cette abbaye. La différence des noms nous paraît trop grande pour admettre cette identité, et d’ailleurs, comment les moines de Saint-Valery auraient-1ls pu oublier une circonstance si glorieuse pour leurs annales ? ‘

Le seul renseignement historique incontestable, relatif à S. KRibert, c'est qu'il fut inhumé à Vafenne. Warina quo S. Ricbertus corpore quiescit, nous dit la Chronique de Fontenelle !. Warina, désignée au IX° sièclesous le nom de Visroa, Visrona, était un monastère de femmes, situé prés des sources de la Varenne, dans la commune actuelle de Monterollier {pays de Caux} *. Cette abbaye fut détruite par les Normands, et c’est sans doute alors que le corps de $S. Ribert aura été transporté à Saint-Valery.

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