XXIX
l’avoir consulté. Il se nommait Ludovic?
Pastello , et prétendait avoir étudié à Padoue, où il avait obtenu son diplôme. Il était allé depuis peu àGonstantinopledans Pintention de s’y établir; mais comme la ville regorgeait de médecins, il s’était laissé persuader d’accompagner un pa chü à deux queues à Tocat : ce pacha , venait d’être nommé à son gouvernement, et Pastello se trouvait être son
médecin. Je soupçonnai que celte histoire était fabriquée, et [entrepris de vérifier sa science en médecine, particulièrement sur la maladie démon ami le mirza persan. Le galimatias qu’il me fil dans la conversation était si ridicule, *
et il se tourmenta tellement dans ses réponses aux questions toutes simples que je lui adressai, qu’enfin ne pouvant plus continuer, il se joignit de la meilleure grâce du monde au rire impétueux que je ne pouvais retenir. Je lui fis avouer
franchemen t qu’il n’avait d autre connaissance en médecine que ce qu il avait ap-
{( xxx )
pi is au service du docteur d’une éminence de Padoue, qui lui en avait donné une légère teinture. Comme tous ses malades étaient des hérétiques et d’abominables Musulmans, il n’éprouvait aucun remords de ceux que, dans sa pratique , il avait dépêchés de ce monde. « Mais, caro signai' dotlore, lui dis-je, comment, au nom de tout ce qui est sacré, comment avez-vous fait jusqu’à présent pour ne pas vous faire briser les os? Les Turcs sont de dangereux instrumens, avec lesquels on ne joue pas impunément.
Oli! répondit il, avec le plus grand sang-froid, les Turcs croyent tout ce qu’on leur dit, et j’ai soin de ne pas leur donner de choses qui puissent faire mal.
Mais vous devez avoir des drogues, et en faire usage ; où sont-elles ?
J’ai des liqueurs de différentes
couleurs ; et tant qu’il y aura du pain cl del’eau dans le pays , je ne manquerai pas de pilules. Je Jais toutes mes cm es