SCÈNE IX
SIR JOHN, HALIFA.T.
Eh bien, c’est donc fini, mon enfant!
Oui , monseigneur. Mais qu'éles~vous donc devenu? je vous cherchais de tous côtés, et j’étais si inquiet que j'ai quitté la noce.
Merci, je suis bien sensible à ton attention, mais j’étais retenu Ici... par un message du roi.
Ah! sa Majesté vous écrit...
Oui , elle m’ordonne de partir à l'instant même pour Londres.
Il faut obéir, monseigneur et à l'instant même. Peste! quand sa Majesté ordonne, U ne fait pas bon de 1a faire attendre.
Aussi je pars dans dix minutes.
Bans dix minutes !
Oui, j’ai donné Tordre de mettre les chevaux ' h la voiture.
Don voyage, monseigneur.
Sin JOHN.
Comment, bon voyage?
Sans doute , je dis bon voyage, monseigneur.
Eh bien, je te rends ton compliment alors.
UAUFAX.
A moi?
Tu pars aussi!
HAUP.iX.
Je pars, vous croyez! I
Oui, tu pars, j'en suis sûr, et avec ta femme encore.
Ah ! oui , c’est juste, je l’avais oublié; je pars avec ma femme... nous allons à Paris.
sm JOHN.
Non, nous allons à Londres.
IHLIPAX. '
Je crois que vous vous trompez, monseigneur. |
SIHJOIIN. I
Non, je ne me trompe pas. |
SU
Non!
Si fait, je vous donne ma parole d'honneur, monseigneur, que plus vous allez à Londres, et plus nous allons à Paris.
Et tu ne changeras pas d’avis?
Je ne'cD changerai pas !
C’est ce que nous allons voir. Tu as connu lord Dudley?
lUUFAX , effrayé.
Hein?.*, lord... lord Dudley... non, non, je ne le connais pas.
smiouN.
Non!
Non, je ne crois pas le connaître du moins,
C’est possible; toujours est-U que le malheureux Dudley a été assassiné.
Assassiné! mais pas du tout... il a été tué dans un duel... dans un duel sans témoins, U est vrai, mais dans un duel loyal.
Ah ! je croyais que tu ne le connaissais pas.
lieu!,., on peut ne pas connaître un homme et apprendre sa mort... un jour, dans une taverne j’entends dire a quelqu’un : Lord Dudley est mort hier; je réponds : Tiens , ce pauvre lord Dudley! et Je ne le connais pas pour ça, moi.
C'est encore possible!... Tu crois donc alors qu’il a été tué loyalement ?
UAUFAX.
J’en suis persuadé.
Ehl bien, le roi n’est pas de (on avis.
UAUFAX.
Ab ! le roi sait déjà?
Ah! mon Dieu, oui!
El U n’est pas de mon avis, vous dites?
Pas le moins du monde.
Les rois ignorent si souvent ta vérité!... Eil-ea que la lettre que vous venez de recevoir de sa Majesté...
Hile avait justement rapport à cela, tu as mis le doigt dessus.
Et vous dites que le roi ne croit pas à la loyauté de...
MAGASIN THÉÂTRAL
SIR lonx.
Tiens» lis toUmémel
IIAUPAX.
Diable!
SIR jomr*
tu.
BAUPAX , Kiant
c Mon coosin , j'apprends à rinitant la mort » de lord Dudley, qui parait avoir été assassiné 9 dans un duel sans témoins. »
sin JOUR.
Et plus bas... ( Lui indiquantiu doigt un pas> gage de la lettré.)
liAUPAX, ronUnuonf.
» Je tiens beaucoup à ce qu'un exemple soit fait 9 le plus promptement possible en la personne de » ee misérable* »
SIR JORX , répétant.
Le plus promptement possible, en la personne de ce misérable... de ce misérable*
HAUFAX.
Je vois bien . pardieu » cela y est en toutes lettres.
SIR jonv.
Et signé... Charles, roi!
Charles, roi! ehl bien, qu'allez-vous faire?
SIR iOIIR.
Ce que je vais faire . mot !
HAUFAX.
Oui, vous... est-ce que vous allez vous mettre à la recherche de ce... de ce misérable I
SiR JOUR.
Abl mon Dieu, non!
BAUPAX.
C’est très>blen, monseignenr, c'est très-bien. . . D'ailleurs, peut-être qu'il a déjà quitté l'Angleterre.
sia lOBB.
^'on.
Non !... eb bien, il a eu tort... mais dans tous les cas, comme il est loin d’ici... vous n'irez pas vous déranger. A quoi bon aller chercher bien loin un pauvre diable ?
SIR JOHN, potant la main sur Vépaule d'Halifax.
Quand on l’a sous la main, n'esl-ce pas?
Ilein?.., qu’esl-ce que vous dites?... pu de mauvaises plaisanteries , monseigneur.