‹ Hall, cèlèbre miniaturiste de XVIIIe siècleChapitre 11 sur 20 · ŒUVRES DE HALL · texte numérisé non relu

ŒUVRES DE HALL

Ouvrages exposés aux salons de 1764 à 1789. — Etat des portraits faits en 1782, 1785, 1786, 1787, 1791.

Miniatures incontestablement de Hall. — Miniatures indiquées dans les catalogues de ventes.

Gravures faites d'après les peintures de Hall.

ail a fait une immense quantité de miniatures, et néanmoins celles véritablement authentiques sont fort rares en France. Beaucoup de portraits ont dû passer à l’étranger au moment de l'émigration, et, de ceux restés ici, bon nombre a péri dans les boîtes des étalagistes alors qu’on se passionnait exclusivement pour le style héroïque de David et qu’on affichait le plus souverain mépris pour tout ce qui n’était pas grec ou romain. Enfin, lorsque la mode vint attacher un prix élevé à des œuvres si dédaignées naguère, la cupidité poussa à rechercher les moindres restes des peintures sur ivoire. On les baptisa naturellement du nom de Hall, coté très-haut dans les salles de vente. On retoucha celles qui étaient malades; on y inscrivit meme, au besoin, le nom de l’artiste suédois. Parmi ces restaurateurs, un miniaturiste (M. Fontalard), qui avait vécu au bon temps et qui n’était pas sans

mérite, entreprit de refaire les parties effacées, de donner de 1 éclat aux tons altérés par le soleil ou l'humidité; il poussa parfois la complaisance à l’égard des marchands et des amateurs, jusqu’à ajouter çà et là des boutons de roses fort recherchés par eux, et qui doublent la valeur de la peinture. Si son industrie se fût bornée à retravailler des miniatures médiocres, le mal n’eût pas été grand ; malheureusement, plusieurs Hall ont passé sous son pinceau, et, quelque maltraités qu’ils fussent par le temps, mieux valait respecter ces débris et les laisser dans l’état où ils se trouvaient. Les amateurs les auraient jugés sans doute indignes de leurs collections, mais les artistes pouvaient encore en tirer de précieux enseignements.

L’œuvre de Hall étant impossible à reconstituer, je me bornerai à donner ici : i° la liste de ses expositions; 2" celle de ses ouvrages dressée par lui ou par sa femme ; 3° la description des portraits que j’ai eu occasion de voir; q1’ des extraits de catalogues de ventes où se trouvent des indications qui permettent de les reconnaître. Quant aux catalogues nombreux oü l’on se borne à ce signalement : Portrait d’homme ou de femme, par Hall, il est inutile d’en parler, car rien ne prouve que le portrait soit du maître, et rien ne nous met à même de suivre sa trace dans les ventes postérieures.

Ouvrages de Hall exposés aux divers salons

DEPUIS LE MOMENT OU IL FUT AGRÉÉ A L’ACADÉMIE ROYALE DE PEINTURE JUSQU’A SON DÉPART DE PARIS.

Années.

1769. — Portrait de Mgr le Dauphin.

— Portrait de Mgr le comte de Provence.

— Portrait de Mgr le comte d’Artois.

— Portrait de M. le comte de Saint-Florentin(i).

(1) Diderot parle dans les termes suivants de la première exposition

Années.

— Plusieurs autres portraits en miniature dans le même cadre.

1771. — Plusieurs portraits et ouvrages en miniature exposés sous le même numéro.

1773. — Portrait de Mgr le comte d’Artois.

— Une tête en émail et plusieurs portraits exposés sous le même numéro.

1773. — Portrait de M. Robert, peintre du roi, pastel. H. 2 p. — L. i p. 8 p.

de Hall, et raconte à ce sujet une anecdote assez curieuse pour être reproduite :

« 11 y a un petit Pasquier, peintre en émail, qui a jusqu’à présent plus de philosophie que de talent; mais il est jeune, et nous avons le temps par devers nous avant que de prononcer sur lui. Il m’a peint d’après un certain tableau de M'i'« Terbouche, et l’on m’a dit que je n’étais pas mal.

« Le portrait du Dauphin, du comie de Provence, du comte d’Artois, de M. de Saint-Florentin, par un M. Hall, Suédois. Je gagerais que celui-ci est un protégé de la cour; j’en jugerais par le nom de ceux qui l’ont employé. D’après cette idée je prononcerais sur son mérite, et j’aurais tort. Je vous parlerai de ce Hall la première fois. » ( Supplément aux Œuvres de Diderot, 2e édition, 1819, p. 270.)

« Avant que d’entamer les sculpteurs, il faut que je vous dise encore quelque chose de ce Hall , le dernier des peintres dont je vous ai parlé et qu’on ait reçu à l’Académie. 11 est estimé de la Tour et de Vcrnet, dont le suffrage ne s’obtient pas à bon marché; il faut donc que ce soit un habile homme.

«... Écoutez ce qui lui est arrivé, à ce Hall, dans une cour d’Europe. 11 fut appelé pour peindre les jeunes princes. Il avait apporté avec lui divers portraits en miniature. Tandis qu’il peignait l’un des princes, l’autre s’occupait à regarder ces portraits, parmi lesquels il y en eut un qui le frappa : c’était celui d’une petite paysanne charmante. « La jolie personne! s’écria le prince. — Il est vrai, dit l’artiste; aussi ai-je eu grand plaisir à la peindre. — Elle vous a donc donné bien de l’argent? (N’êtesvous pas émerveillé de cette réflexion, mon ami?) — Non, monseigneur, elle n’était pas en état de me payer ; c’est moi qui l’ai payée d’avoir bien voulu se prêter à la fantaisie que j’avais de la peindre. — Ce portrait vous fait donc grand plaisir ? — Un plaisir infini, monseigneur. » A cette réponse, savez-vous ce que fait monseigneur ? Il prend le portrait et le met en pièces... oui, en pièces! Mais ce qui me confond, c’est moins cet acte de méchanceté que le silence du gouverneur qui était là, debout, appuyé sur sa canne... » ( Id ., p. 272.)

Années.

— Plusieurs portraits au pastel, en émail et en miniature. 1777. — Plusieurs portraits au pastel.

— Portrait d’après Van Dyck, émail.

— Portraits d’après nature, émaux.

— Plusieurs petits portraits.

— Plusieurs portraits en miniature.

1779. — Plusieurs études et portraits, à l’huile, au pastel, en émail et en miniature, exposés sous le même numéro.

1781 — Portrait de S. A. S. Mme la princesse de Lamballe.

— Portrait de M. le comte de Lally-Tollendal.

— La famille de M. le comte de Schouvaloff.

— Plusieurs portraits sous le même numéro.

1783. — Plusieurs morceaux en miniature, en émail, exposés sous le même numéro.

1785. — Le roi de Suède.

— Plusieurs portraits et tètes d’étude exposés sous le même numéro.

1787. — Plusieurs miniatures, même numéro.

1789. — Plusieurs miniatures, même numéro.

Etat des portraits et autres peintures faits par M. Hall, A commencer du octobre 1782 (1).

Portrait d’un petit garçon de

Report. . .

Mme de Vergi

3oc

Portrait de femme pour le

Portrait de M. Cousin . . .

marquis de Mouricelle . .

Copie du portrait du père de

Le président Bernard. . . .

Ml,,e de Marciaque ....

M. Genet

A reporter. . .

A reporter. . .

(1) J’ai dit précédemment que Hall écrivait très-incorrectement les noms propres : cette liste en offre de nombreuses preuves. Dans l’impossibilité où je me trouverais le plus souvent de rétablir la véritable orthographe, . je donne une copie fidèle du texte.

Report. . . 2,460

M. Benoit 36o

La femme de l’ambassadeur

de l’Empereur 600

Mme la marquise de Tonnerre 600

Un monsieur hollandais . . 240

Mlle Loustems 36o

Une jeune dame, à M. Loire. 36o

Mme Colon 240

Mmc de la Blancherie .... 36o

Un monsieur en chasseur. . 3oo

Le comte de Hamd 240

M. de Stedingk 240

Une copie d’un dessus de

boîte 480

Une dame très-cachée . . . 36o

Le prince de Carignan . . . 240

La f. Mme Le Marquand . . 600

L’ambassadeur, comte de

Nimperk 240

Deux copies pour M. Clermont d’Amboise 480

M. de Moracin 960

M. le comte de Vaccemme . 240

M. Rot 240

M. Saugrin 240

Le prince Joseph 240

Mœe Labassière 600

La sœur d’une dame de la

rue Chabannais 36o

Copie pour Mme de Maciaque. 240

UnecopiedeM.deMassiaque 240

A reporter. . . 12,120

Report. . . 12,120

M,le Osselin 36o

M. et Mme Baron 840

M. Cousin 240

Un écuyer du roi 240

Deux copies pour l’abbé Ar- ■

naud 720

Un Suédois Shefermin . . . 240

Une dame à l’hôtel 36o

Une copie de Mme Ponce . . 192

Le marquis de Mac-Mahon . 240

Mme Détouche . . ' 240

Mme Détouche la jeune . . . 36o

M. le vicomte de la Rivière. 240 M'le de Vassi, deux fois. . . 480

Une jolie femme, de la part

du comte de Merle .... 36o

Copie de Mme Gentil, grande. 600

M. de Sere, officier 240

Mme de Vassi, en pastel. . . 36o

M. de Clermont d’Amboise. 600

Mlle Lembolt 600

M. le comte de Sparre . . . 240

55 portraits. Total . 19,872

On voit que le prix des portraits de Hall était, suivant la grandeur, de 10 louis (240 francs), i5 louis (36o francs), 20 louis (480 francs), 25 louis (600 francs), 3o louis (720 francs). Quant aux portraits de 1,200 livres, ils renfermaient plusieurs figures.

Extrait d’un livre de comptes tenu par Mme Hall.

Portraits faits par M.

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